‹ Manuel de minéralogieChapitre 104 sur 159 · ON TT · texte numérisé non relu

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plaques très-chatoyantes de la côte du Labrador, suffisamment amineies suivant g', on reconnaît au microscope, outre les stries, de nombreuses lamelles de grandeurs très-variables, à coupe rectangulaire ou hexagonale imparfaite, étroites et allongées, transparentes ou opaques, d'un brun plus ou moins foncé. La très-grande majorité de ces lamelles a ses côtés longs alignés parallèlement à

l'arète quelques-unes sont parallèles à p, d’autres en très-petit

nombre sont orientées d’une manière quelconque. En opérant avec de la lumière polarisée, l'extinction paraît se faire à la fois dans la masse de la plaque et dans toutes les lamelles, quelle que soit leur position, ce qui permet de croire que si elles jouissent par ellesmêmes de la double réfraction, elles n’ont qu’un seul axe optique perpendiculaire à leur plan; il est donc probable qu’elles sont, ou de lapyrite magnétique, ou du fer oligiste plus terne et moins transparent que celui de la pierre de soleil. Suivant Scheerer, le labradorite d'Hitterde offre un jeu de lumière analogue à celui du feldspaith aventuriné, et au microscope, on reconnaît dans toute sa masse des lamelles de fer oligiste transparent jaune rougeûtre, du fer titané opaque, et d’autres cristaux indéterminés. Poussière blanche. Fragile. Dur.—6. Dens.—72,68 à 2,76.

Au chalumeau, fond un peu plus facilement que l’orthose en un verre blanc semi-transparent et colore légèrement la flamme en jaune. Difñicilement, mais presque complétement attaqué par l'acide chlorhydrique avant ou après calcination.

Toutes les analyses conduisent à la formule R, Al, Si, dans laquelle R se compose principalement de chaux et de soude. Les

nombres correspondant à l'hypothèse de R — Ca, sont : Silice 53,09 Alumine 30,39 Chaux 16,52:

Analyses du labradorite : a, à reflets chatoyants, de l’hypérite de l'île Saint-Paul, côte du Labrador, par Klaproth; b, des blocs erratiques des environs de Kiew en Russie, par Segeth; c, des blocs erratiques de la Marche dé Brandenburg, par Sartorius de Waltershausen; d, en longs cristaux translucides, incolores, du porphyre amphibolique de Campsie en Ecosse, par Le Hunte; e, de l’amphibolite de Russgärden en Dalarne, Suède, par Svanberg, f, brun avec reflets chatoyants bleus, d'Egersund en Norwège, par Kersten; g, en cristaux blancs, du porphyre de Belfahy; k, en lamelles d’un blanc verdätre, de la diorite du Pont-Jean, dans les Vosges, toutes deux par Delesse.

a (2 c d e Î g Silice 55,15 55,49 53,66 54,67 52,15 52,45 52,80) 33,05 Alumine 26,50 26,83 26,67 27,89 926,82 29,85 27,39 928,66 Oxyde ferrique 1,25 1,60 -3,47 0,31 1,28 1,00 1,24 0,90 Magnésie » 0,15 0,43 0,18 1,0% 0,16 Mn0,30 4,51 Perte au feu 0,50 0,51 DEEE) 1,75 » 2,28 2,40

99,00 99,83 400,19 99,19 98,59 99:66 99,86 99,81 Densité : » » 2,699 2,689 » 2,12 2,719) D

Analyses du labradorite : , en cristaux d’un blanc grisätre, de leuphotide d'Odern dans les Vosges; 7, en lamelles d’un blanc verdâtre, de l’euphotide du Mont Genèvre, toutes deux par Delesse; k, gris bleuâtre, de l'hypérite de Neurode en Silésie, par dé Rath; l, du gabbro de Baste au Hartz, par Rammelsberg; », du gabbro de Marmorera dans l’Oberhalbsteinerthal, canton des Grisons, par de Rath; n, transparent, incolore, du porphyre amygdaloïde d'Oberstein ; o, vert grisâtre clair, du mélaphyre des environs de Botzen en Tyrol, toutes deux par Delesse; p, du porphyre doléritique des îles Féroe, par Forchammer.

è J k l m ñ 0 p Silice 55:23, 49,73 52,55 51,00 53,92 53:89) 53,23 52:82 Alumine 24,24 29,65 28,32 29,51 91 M 21,66 21,13 30,03 Oxyde ferrique 1,14 Fe 0,85 2,44 traces 416 0,97 4,50 14772 Chaux 6,86 41,18 41,61 11,29 9,51 8,28 8,28 12,58 Soude L,83 04 4,52 314 5,57 Æ,92 H:a8 4,51 Potasse 3,03, 0,2Æ 0,6€, 2,09 1559528 ? »

Magnésie 1,48 0,56 0,48 0,28 4,26 » 0,93 0:19 Perte au feu 3,05, : 3,75, : 0,62: 2,48, 2,161) /3:00%7 10795 »

99,83 100,00 101,18 99,79 400,18 400,00 400,00 404,55 Densité : » » 2,115 2,817 2,8% 2,642 » 2,68

Analyses du iabradorite : q, en cristaux imparfaits, transparents, Es engagés dans le trapp de Diupavog, Islande, par Damour;

, de la dolérite trachytique du pic central de la Guadeloupe, par Ch. Sainte-Claire Deville; s, de la lave du val del Bove à l'Etna, par Abich; #, blanc, de la lave de la Serra Gianicola, à l’Etna, par Sartorius ‘de W altershausen: u, grenu, verdâtre pâle ou gris bleuâtre, de Château Richer près Québec, Canada; v, bleu, d'un bloc errafique de Drummond, Canada Ouest, toutes deux par Hunt; x, en petits cristaux tr ansparents (mauilite) d'une ancienne lave de l’île Maui ou Maouvi, archipel de Hawaï, par Schlieper; y, en cristaux verdâtres (vosgite). extraits d’un bloc erratique du porphyre de Haut Rovillers dans les Vosges, par Delesse.

q r $ t u v DEVANT Silice 52,17 54,95 53,48 52,22 55,80 8470 53,98 49,32 Alumine 29,22 929,89 26,16 928,37 26,00 29,80 27,56 30,07 Oxyde ferrique #90 D 4,60 41,79 453 0,36 AJ1£ 0,70 Chaux ASIA 41,12 9,49 49,78 9,01 11,42 8,65 4,25 Soude 340 363 A0 41,31 497 QE 6,06 485 Potasse » 0,33 0,22 1342 0,86 0,23 O7 4,45 Magnésie » 070 A27& 05911 097 » 1,35 41,96 Oxyde manganeux p» » 0,89 » » » D 0,60 Perte au feu » » 042 O7 O5 O0 » . 315

99,80 99,02 98,40 09,53 99,59 99,35 99,21 99,35 Densité : 2709 » D» 2,141 2,684 2697 Lo 977

Les variétés nommées mauilite et vosgite sont remarquä- ‘bles par leur faible teneur en chaux et par leur richesse en alcalis; la vosgite est en outre pauvre en silice. M. Delesse qui a proposé d’en faire une espèce à part, lui assigne les caractères suivants : cristaux imparfaits composés de lames hémitropes comme le labradorite lamellaire; clivage assez facile parallèlement à la base, moins facile suivant une direction perpendiculaire à l'axe d’hémitropie; éassuré esquilleuse; éclat gras très-prononcé; couleur vert clair, quelquefois bleuâtre; dans le matras, donne de l’eau et prend une couleur rougeâtre; au chalumeau, fond avec bouillonnement en un verre blanc bulleux ; en poudre fine, se laisse immédiatement attaquer par l'acide ebhlorhydrique; l'attaque est plus difficile après calcinätion ; souinise aux influences atmosphériques, s’altère et donne un kaolin jaunâtre. Le rapport entre l'oxygène des bases et celui de

la silice est approximativement R:Al:Si::14:3:5 lorsque l'on

comprend l’eau parmi les bases R; mais il se rapproche de 1 :3:6; lorsqu'on fait abstraction de cette eau; il est done probable que la vosgite estunlabradorite qui s’est hydraté par suite d’un commencement de décomposition. Elle forme la base du porphyre de Ternuay qui est abondant sur là route de Ternuay à Belonchamp, au milieu du terrain erratique de Haut Rovillers, dans la vallée de Saïnt-Bresson, et en quelques autres points des Vosges. Le feldspath du porphyre rhombique de Norwège, regardé par M. Rose comme appartenant à l’orthose, serait aussi, d’après Les analyses de M. Delesse, un labradorite riche en alcalis; celui de Tyfholms’ Udden lui a donne :

Si35,10 À1925,23 Fel,11 Ca4,94 Mg0,72 Na7,04 K3,53

Le labradorite constitue ordinairement un des éléments essentiels de diverses roches dans lesquelles il est associé à de la hornblende, de laugite, du diallage ou de l’hypersthène. Les principales de ces roches sont les hypérites, les diabases, les amphibolites, les porphyres, les euphotides, les gabbros, les trapps, les dolérites et quel-

508 SAUSSURITE.

ques laves anciennes. Les variétés les plus remarquables par leurs beaux reflets chatoyants viennent de l’ile Saint-Paul sur la côte du Labrador, où elles sont associées à de l’hypersthène et à de l’'amphibole; on les trouve aussi en blocs erratiques, aux environs de Peterhoff en Ingermannland (servant au pavage de Saint-Pétersbourg) ; à Kiew en Russie ; à Ojamo, Lojo et Miolô en Finlande; dans la Marche de Brandenburg. Les cristaux les plus nets sont engagés dans les laves du Monte Pilieri près Nicolosi, du val del Bove et du val di Noto, à l'Etna; dans les dolérites porphyriques et amygdaloïdes des îles Férôe (à Midivaag, la roche est entièrement pétrie de grands cristaux maclés suivant g!, et ses cavités sont tapissées par des cristaux de Lévyne et de Heulandite); dans un trapp traversé par des dykes de basalte à Diupavog près Berufjord, côte Est de l'Islande; dans une lave ancienne de l’île Maouvi, archipel de Hawaï. Des cristaux plus ou moins distincts ou de petites masses cristallines sont empâtés dans le porphyre vert antique (verde antico) de la Laconie, dans celui de Tyfholms Udden en Norwège (porphyre rhom-

- bique), dans ceux de l’Oural, de l'Egypte, des Vosges, etc.; dans les

mélaphyres de la vallée de Fassa en Tyrol; dans le porphyre amygdaloïde d'Oberstein; dans les porphyres amphiboliques de Campsie et Milngavie près Glasgow, de Vico en Corse, de Neustadt près Stolpen en Saxe, de Wiesbühl près Lobenstein, principauté de Reuss, des Morne mountains en Irlande; dans la syénite zirconienne de Fredrikswärn et d'Hitterôe en Norwège; dans une amphibolite de Russgarden en Dalarne, Suède, et d'Egersund en Norwège; dans les diorites du Pont-Jean, Vosges, et du Hartz; dans les hypérites de Neurode en Silésie; dans les euphotides d’Odern, Vosges, et du Mont Genèvre, Hautes-Alpes; dans les gabbros de Baste au Hartz et de Marmorera, canton des Grisons; dans les dolérites de Penig, de Rosswein et de Siebenlehn en Saxe, du Meissner en Hesse, de l’île de Skye; dans les dolérites trachytiques du morne de l’'Echelle, pic central de la Guadeloupe; dans des blocs erratiques près de Moriah, Newcomb, Westpore et Lewis, Etat de New-York; à Mineral Hill, comté de Chester, Pennsylvanie, et en quelques autres points des Etats-Unis ; à Drummond, Canada Ouest. On l’a trouvé en place à Mille Isles, Rowdon près Montréal, Château Richer près Québec, Morin et Abercrombie, au Canada. On l’a cité dans quelques pierres météoriques et notamment dans celle de Juvenas, où on l’a peut-être confondu avec l’anorthite analysée par M. Rammelsberg.

Il est probable que c’est le labradorite qui constitue la partie dominante des globules de la variolite de la Durance. Quelques-uns de ces globules, de la grosseur d’une petite noix, en apparence homogènes, translucides en esquilles minces, d’un vert grisàtre, à éclat gras dans la cassure, d’une dens. — 2,923, extraits d’une variolite recueillie en place au sud du village du Mont Genèvre près

Briançon, ont donné à M. Delesse: Si 56,12 A] 17,40 Fe 7,19 Ér0,51 Ca8,74 Mg3,4t Na3,72 KO,24 Perte au feu 1,93— 99,86,

« "#7 CTI

MORNITE. SILICITE. CARNATITE. 309

Saussurite. Jade; de Saussure. Lémanite; de la Meéthrie. Felsit; Klaproth. Feldspath tenace; Haüy. Albite compacte; Beudant. Prismatischer Adiaphan-Spath; Mohs. Casstre écailleuse ou inégale offrant quelquefois des traces de clivage. Plus ou moins translucide sur les bords. Mate ou faiblement luisante. Vert pâle, blanc grisâtre ou verdâtre, gris bleuâtre ou rougeâtre. Poussière blanche. Très-tenace. Dur. — 6. Dens. — 2,79 à 3,38. Au chalumeau, fond difficilement en émail blanc verdâtre ou grisâtre. Les substances regardées comme Saussurite ont des compositions assez variables; les unes ont été placées à la suite de la Zoisite, pag. 242; les autres semblent être des labradorites offrant une densité considérable et un excès de monoxydes, ainsi qu'il résulte de l'analyse des variétés, «, des bords du lac de Genève, par Klaproth; 8, de Neurode, comté de Glatz en Silésie (clivages, macles et dureté du labradorite), par Rath; y, blanche ou blanc verdâtre, imparfaitement clivable, de Zobten en Silésie, par Chandler.

Silice 49,00 50,84 51,76 Alumine 24,00 26,00 26,82 Oxyde ferrique 6,50 DS CAR Chaux 10,50 14,95 12,96 Soude 5,50 4,68 4,61 Potasse » 0,64 0,62 Magnésie 3,75 0,22, 10,35 Perte au feu » 1,21 0,68 99,25 101,24 99,57

Densité : BP DEGRÉ NOTE)

La Saussurite se trouve principalement avec diallage s les

gabbros et les euphotides, sur les bords de lac de Genève, en blocs erratiques; au Mont Rose; dans le Bacher-Gebirge en Styrie; à Wurlitz près Baireuth, etc.; à Neurode, comté de Glatz, et à Zobten en Silésie, formant une amphibolite (grünstein) avec hornblende ouralite.

La mornite offre les caractères extérieurs du labradorite; d’après une analyse de Thomson, elle aurait la même composition que le labradorite de Campsie analysé par Le Hunte, seulement la soude y serait remplacée par du protoxyde de fer; elle se trouve dans un trapp du nord de l'Irlande (1).

La silicite de Thomson a une structure feuilletée, une cassure esquilleuse, une couleur blanc jaunâtre, un éclat vitreux; sa dur. — 7 environ; sa dens. — 2,66; elle ressemble au quartz compacte, mais sa fusibilité et sa composition en font un labradorite; elle contient,

1) Edimb. N. Philos. Journal, vol. XIIT, avril à ectobre 4832,

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