AH
d’où AN 354 06,502 ray rouges.
Eclat vitreux très-vif. Incolore; blanche, ‘Fragile. Dur. —5 à 5,5. Dens. — 2,2 à 2,3. Pyroëélectrique; le pôle antilogue se trouvant à l'extrémité libre des cristaux où les stries sur g! vont en divergeant, et le pôle analogue à l'extrémité où ces stries sont convergentes et par laquelle les cristaux sont toujours engagés dans leur gangue.
D'après M. Damour, la scolésite, en masses bacillaires radiées d'Islande, n’éprouve aucun changement de poids dans l'air sec; elle ne commence à perdre de l'eau qu’à une température supérieure à 100° ; en la chauffant à 300°, on lui enlève 5 p. 100 d’eau qu’elle reprend dans une atmosphère humide. Au rouge sombre, elle perd 12 p. 100 d'eau et sa propriété hygroscopique disparait : au rouge vif, la perte totale est de 13,9 p. 190; la matière est alors boursouflée et convertie en émail blanc. Au chalumeau, blanchit, gonfle et fond facilement en un verre blanc, bulleux, faiblement translucide. Facilement attaquable par l'acide chlorhydrique en faisant gelée.
Ca, Al, Së + 3H: Silice 43,80 Alumine 26,21 Chaux 14,23 Eau 13,74.
Analyses de la scolésite : d'Islande, a, par Fuchs et Gehlen, à, à fibres divergentes, par von Gülich; cristallisée, des Féroë, c, par
588 ELLAGITE. MÉSOLITE.
Stephan; fibreuse, de l’île de Staffa, d, par Fuchs et Gehlen; bacillaire, accompagnée d’épidote, de l’île de Mull, e, par Scott; de Niederkirchen, Bavière Rhénane, f, par Riegel (moyenne de deux opérations); en rognons sphéroidaux à structure bacillaire (Haarzeolith) des Indes orientales, g, par Taylor; de la vallée Cachapual au Chili, dans le porphyre, À, par Domeyko.
Silice 18,93 46,76 45,89 46175 46,21 48,08 6,87 46,3 Alumine 25,98 96,22 96,28 24,82 27,00 923,03 25,32 26,9 Chaux 10,44 13,68 13,59 14,20 13,45 414,22. 43,80 13,4 Soude » » 110 0,39 » 0,32 0,45 »
Eau 13,90 13,9% 13,60 13,64 13,78 13,55 13,46 14,0
La scolésite est fort rare en cristaux nets et transparents. On la rencontre dans les cavités de roches amygdaloïdes, basaltiques où trappéennes. Les plus beaux cristaux, fortement allongés parallèle-
5 x me . . ; . .
ment à l'arète aplatis suivant g'et maclés comme l'indique la fig. 174, viennent du Berufjord, côte Est d'Islande, où ils sont grou-
pés en faisceaux légèrement divergents. On en trouve de petites:
masses bacillaires composées d’une agrégation d’aiguilles fortement cannelées verticalement, à l’île de Staffa; à l’île de Mull; à Talisker, île de Skye; aux Féroë; au Groënland; en Tyrol; à Niederkirchen, Bavière Rhénane; aux monts Vendayah et près Poo-
nah dans l'Hindoustan; à la vallée de Cachapual au Chili (dans un porphyre).
L'ellagite offre, d'après Nordenskiôld, des masses cristallines appartenant probablement au prisme rhomboïdal oblique, clivables dans deux directions faisant entre elles un angle voisin de 90°. Cassure inégale. Opaque ou translucide sur les bords. Eclat nacrée sur les faces de clivage. Jaune; jaune brunâtre ou rougeâtre. Poussière blanche. Au chalumeau, dégage de l’eau et fond en émail blanc.. On peut la considérer comme une scolésite ferrifère, d’a-
près une analyse qui a donné à Igelstrôm : Si 47,73 ÂÀl 25,20
Fe 6,57 Ca 8,72 H 12,81 — 401,03. On l'a trouvée à Bergô Jättegryta, île d'Âland en Finlande.
MÉSOLITE. Mesolith; Allem. Mésotype, en partie.
La mésolite, que plusieurs minéralogistes réunissent à la scolésite, offre en effet de grandes analogies avec ce minéral, mais elle en diffère à cartains égards, assez pour constituer une espèce facile à reconnaitre. Ses cristaux, toujours maclés, se présentent
“à CE
MÉSOLITE. 589
sous forme de prismes rhomboïdaux à sommets tétraèdres dont la fig. 175 bis pl. XXX est une projection, et qui paraissent dériver du prisme doublement oblique. J'ai trouvé approximativement :
my 91045" à ju 87°40' ut 93° à 93°20' (1) |ém 88° à 8815"
mf 11640’ à 25’ que F1 12740" à 28e | 7006 parfaite.
E te 1159 à 115035’ à À | Cc214 29015 à | 28040/ \ zone imparfaite.
fo et Je 146 à 146010!
2/ et cf 1490 à 41430
Les faces verticales sont en général striées parallèlement à leur intersection mutuelle; les faces du sommet sont brillantes mais un peu ondulées. Clivage parfait suivant m et {. Cassure raboteuse. Transparente ou translucide. Des lames coupées perpendiculairement aux arêtes verticales montrent, dans un faisceau polarisé de rayons parallèles, une structure très-variable quoique soumise à certaines lois : leur contour est toujours un parallélogramme trèsvoisin d'un carré, mais leur intérieur se compose, tantôt de deux triangles sensiblement isocèles d'égale ou d'inégale étendue, en contact par leur base ou séparés par une bande étroite à côtés parallèles, tantôt de quatre triangles à peu près égaux ou de deux triangles et de deux hexagones (se réduisant quelquefois à des penfagones), disposés en opposition comme sur la fig. 175, tantôt enfin d’une grande plage uniforme dans laquelle sont enchâssés deux triangles isocèles opposés par leur sommet. Dans les lames à deux secteurs triangulaires, les directions où l'extinction maximum a lieu pour chacun d’eux font entre elles un angle de 20 à 24°. Dans les lames à quatre secteurs, l’extinction paraît complète en même temps pour deux secteurs opposés, tandis qu’elle se fait sous un angle de 11 à 15° pour deux secteurs voisins, Les cristaux, vus à travers leurs faces latérales, offrent en général deux bandes étroites parallèles à ces faces et dont les plans d'extinction sont à 5 ou 6° l’un de l’autre. M. de Senarmont a obtenu quelques plaques légèrement obliques aux arêtes du prisme de 91°, dans lesquelles les anneaux colorés sont visibles à l’aide de la lumière convergente. Ces plaques sont à quatre secteurs, mais l'extinction maximum ne s’y fait pas avec autant de régularité que dans celles dont j'ai parlé plus haut : le plan des axes optiques du secteur z (voy. fig. 175)
(1) La différence entre m7 et wt tient sans doute, comme dans l’albite, à ce que les deux secteurs qui composent la macle ont entre eux un espace cunéiforme.
390 MÉSOLITE.
est presque parallèle à celui du secteur v; le plan des axes du secteur v fait un angle d'environ 165° avec celui du secteur x; celui du secteur x fait” un angle de 20° avec celui du secteur y; enfin celui du secteur y fait un angle de 169 à 170° avec celui du secteur z; ces quatre plans ne sontrigoureusement ni parallèles ni perpendiculaires aux plans de jonction des secteurs. Les axes sont peu écartés; j'ai trouvé, pour les rayons rouges, 2E — 56°. À 45° du plan de polarisation, leur dispersion est forte et p Cv; les couleurs sont symeétriquement disposées à l'extérieur et à l’intérieur de chaque hyperbole, et rien ne semble annoncer l'existence d’une dispersion inclinée. Dans le plan de polarisation, les barres qui traversent les. anneaux offrent des bordures à couleurs contrariées qui indiquent une dispersion croisée assez notable. La distribution de ces couleurs est la mème pour v et x d'une part et pour 2 et y d'autre part, mais elle est de sens contraire pour v et z et pour x et y. Comme on le voit, ces divers phénomènes sont très-différents de ceux qui se manifestent dans la scolésite ; ils ne paraissent compatibles qu'avec l'existence d'un prisme doublement oblique voisin de 91°, pouvant fournir par hémitropie des macles limitées extérieurement par des faces latérales du prisme et assemblées tantôt suivant un des plans diagonaux, tantôt suivant les deux. Eclat vitreux. Hncolore; blanche; quelquefois grisâtre à la surface. Poussière blanche. Fragile. Dur. —=5,5. Dens. — 2,39 (Islande). Pyroélectrique comme la scolésite.
Au chalumeau, se gonfle, se tord, et fond facilement en émail blanc. Attaquable par l'acide chlorhydrique en faisant gelée,
Composition de la scolésite dans laquelle une partie de la chaux est remplacée par de la soude.
Analyses de la mésolite : a, fibreuse, b, amorphe, d'Islande, par Fuchs et Gehlen; c, en boules à structure bacillaire, du Berufjord en Islande, par Sart. de Waltershausen; d, en aiguilles cristallines des Féroë; e, fibro-compacte, du Tyrol, toutes deux par Fuchs et Gehlen; f, de Naalsoë; g, en masses fibro-compactes ou terreuses, de Talisker (cotton-stone, Mehl-Zeolith); À, en masses bacillaires ou amoerphes, d’un blanc jaunâtre, de Kilmore, île de Skÿe, toutes trois par Heddle; à, en longs cristaux de Port-George, Nouvelle- Ecosse, par How. |
a b c d e f q h Ü Alumine 25.66 23,35 26,24 926,3 27,00 26,46 26,62 26,48 25,92 Chaux 10,06 10,04 9,68 9,35 9,61 9,08 9,08 10,00 9,63 Soude 4779 487 A6 5,41 5,200 516 5,39 : 4,98MNE A Potasse » » 0,41 » » » » » »
Eau 12,31 49,41, 13,75 12,925 412,36 42,28 412,83 13,04 1244
99,60 400,13 100,93 100,20 100,21 99,76 100,63 400,76 99,71 Densite : » » 2,393 » » » » » »
ns 2
POONAHLITE. ANTRIMOLITE. HARRINGTONITE. 391
La mésolite, en cristaux nettement terminés, est à peu près aussi rare que la scolésite. Le plus ordinairement, elle se présente en longues aiguilles, carrées en apparence, accolées en masses divergentes ; ces masses, très-fragiles et sans adhérence du côté où les aiguilles sont libres, offrent souvent une grande ténacité et une structure fibro-eompacte vers le centre par lequel elles sont im-. plantées sur d’autres zéolites telles que stilbite, Heulandite, etc. Quelquefois l'extrémité fragile a complétement disparu et ïl ne reste que des rognons irréguliers à texture bacillaire ou fibreuse plus où moins serrée, qu'on rencontre à l’état isolé ou engagés dans les amygdaloïdes et les trapps. Les principales localités sont : les îles Waagôe et Naalsôe, archipel des Féroé; le Berufjord et l’entrée du Rôdefjord, côte Est d'Islande; Talisker, Storr et Kilmore, île de Skye; la chaussée des Géants, comté d'Antrim, et Down Hill, comté de Londonderry, en Irlande; Niederkirchen en Bavière; le Tyrol; les environs de Port-George, comté d’Annapolis en Nouvelle-Ecosse (cristaux de deux à trois pouces de longueur engagés dans les cavités d'une amygdaloïde, avee mésole et stilbite).
La poonabhlite offre des aiguilles cannelées suivant leur longueur, clivables suivant les faces d’un prisme de 91°49' (Kenngott), blanches, translucides ou transparentes, manifestant les mêmes phénomènes optiques que la mésolite, et qui contiennent d’après
Émelin : $i 45,12 Âl 30,44 Ca 10,20 Na 0,66 H 13,38 — 99,80. Elle est associée à l'apophyllite verdâtre de Poonah, Indes’ orientales.
L'’antrimolite de Thomson cristallise, suivant Kenngott, en prisme rhomboïdal de 92°13' dont les arêtes ai£uës sont biselées par un second prisme de 150°30’. Elle se présente en concrétions ou en stalactites entourant un noyau calcaire et formées d’aiguilles soyeuses s'écartant du centre en divergeant. L’extrémité libre des aiguilles est transparente et incolore; la masse est translucide ou opaque, blanche ou jaunâtre, à éclat soyeux ou faiblement nacre. Au chalumeau, elle fond facilement en émail blanc; elle est complétement attaquée par l'acide chlorhydrique en faisant gelée. La
moyenne de deux analyses par M. Heddle a donné : Si 46,53
À1 26,20 Ca 40,33 Na 4,71 H 12,62 — 100,39, Découverte par ‘Patrick Doran sur les bords de la mer, à Bengore Head, près de la chaussée des Géants, comté d’Antrim, dans les cavités d’une amygdaloïde.
La Harringtonite de Thomson offre de petites masses amorphes, d’une texture imparfaitement fibreuse très-serrée, opaques, ternes. d’un blanc de neige, très-tenaces, d’une dur. = 5,25, d'une dens. — 2,217. Deux analyses, ÿ, par Thomson, k, par de Hauer, ont fourni :
592 ANALCIME Si AA Ca te Na BESE 988 10,68 5,56 10,28 — 99,84
Elle forme un filon très-mince dans une roche amygdaloïde du Nord de l'Irlande. M. Greg la cite à Port Rush et à l’île Magee. L'échantillon analysé par M. de Hauer venait du comté d’Antrim : il était formé par la pénétration intime d’aiguilles cristallines, et offrait des druses dans lesquelles M. Kenngott a observé de petits cristaux transparents, incolores, ayant la forme d’un prisme de 90°54' terminé par un sommet tétraèdre; leur dureté était supérieure à celle de l’apatite; ils fondaient facilement au chalumeau en un verre bulleux blanc translucide, et ils s'attaquaient complétement par l'acide chlorhydrique, avec dépôt de silice floconneuse. Un fragment original qui m'a été remis par Thomson luimême, possède la compacité, la ténacité et la couleur blanche signalées par lillustre chimiste de Glasgow; la substance paraissant s'être très-peu répandue dans les collections, il serait possible que M. Kenngott ait eu entre les mains une véritable mésolite.
ANALCIME. Analzim. Cubizit; Werner. Kuboit; Breithaupt. Hexaëdrischer Kuphon-Spath; Mohs. Hexaedral Zeolite; Jameson.
Cubique. Combinaisons de formes observées : a, fig. 177 pl. XXX;, pa; aa, fig. 178. Dans certains cristaux, chaque face du cube est remplacée par une pyramide quadrangulaire trèssurbaissée dont les angles sont assez variables et qui appartient à un icositétraèdre indéterminé a. Clivage très-imparfait suivant p. Cassure inégale ou imparfaitement conchoïdale. Transparente ou translucide. J'ai trouvé n — 1,4874 ray. rouges, sur des cristaux limpides des îles Cyclopes. D’après les observations de Sir D. Brewster, certains cristaux offrent, dans la lumière polarisée, des phénomènes analogues à ceux du verre trempé, et des franges colorées dont la distribution paraît en rapport avec les côtés des faces des icositétraèdres a*et a. Eclat vitreux, quelquefois nacré. Incolore; blanche; grisâtre ; bleuâtre; verdâtre; blanc rougeâtre; rouge de chair. . Poussière blanche. Fragile. Dur. —5,5. Dens.— 2,22 à 2,29:
Il résulte des expériences de M. Damour, que l’analcime transparente de l’île de Chypre conserve un poids à peu près invariable dans l'air sec ou dans l'air humide. Chauffée à 200°, elle ne perd qu'une très-minime partie de son poids; à 310° elle perd 7 p. 100 d'eau qu’elle ne reprend pas lorsqu'on l’expose à l’air libre; au rouge blanc, la perte totale est de 8,2 p. 100 et la matière est complétement fondue en un verre limpide. Au chalumeau, blanchit, se gonfle, et fond en verre transparent. Facilement attaquable par l'acide chlorhydrique, avec séparation de silice floconneuse ou gélatineuse. Après calcination, l'attaque est difficile.
ANALCIME. 395
Na, Àl, St + 9H : Silice 54,42 Alumine 23,36 Soude 14,06 Eau 8,16; une très-petite portion de la soude est souvent remplacée par de la potasse ou de la chaux.
Analyses de l’analcime : &, de la vallée de Fassa (regardée autrefois comme sarcolite), par H. Rose; b, de Niederkirchen, Bavière Rhénane (kalkanalcim), par Riegel; c, de Wessela près Aussig en Bohème; d, en cristaux dans la dolérite grise des îles Cyclopes près Catane; e, en cristaux transparents dans l'argile connue sous le nom de creta, de la même localité, toutes trois par Rammelsberg; f, de la syénite zirconienne de Lôün-Oen près Brevig, par Awdejew ; g, de Norwège (masse intérieure d’un gros cristal ayant la forme d'un feldspath et entouré de mésotype), par Scheerer; X, du mont Blagodat dans l'Oural (kuboïit de Breithaupt), par Henry.
a b c d e jf g h Silice 56,47 56,12 856,22 55,22 54,34 55,16 55,31 57,34 Alumine 21,98 24,00 22,22 93,14 93,61 23,55 922,88 22,58 Ox. ferrique » 0,15 » » 0,12 » 0,1% »
Soude 13,78 6,45 12140 12,19 12,95 14,23 12,96 411,86 Potasse » » 1,45 4,52 0,66 » Mgo,27 0,55 Chaux » 5,82 0,27 0,25 O2 » 0,35 0,35 Eau sis S.0000-8,33 07,68 008 MIT 08,26 M8 1800
101,04 100,5% 100,59 400,00 400,00 101,20 100,09 104,68 Densité : » » 2,262 2,288 » » » »
L'analcime, cristallisée ou amorphe, se rencontre surtout dans les cavités ou dans la masse même des dolérites, des amygdaloïdes, des basaltes, des phonolites et des diverses formations volcaniques, qui les accompagnent; elle est souvent associée à d'autres zéolites telles que mésotype, scolésite, apophyllite, chabasie, Lévyne, Heulandite, ete. Elle est rare dans les roches plutoniques, cependant on la connaît dans la syénite zirconienne, dans le gneiss, le porphyre, le mélaphyre, quelques filons et quelques couches de fer oxydulé magnétique. Les plus gros cristaux, ordinairement d'un blanc rosé, se trouvent au Frombach et au Cipit-Bach, Seisser-Alp, au Drio le Palle, à Sotto i Sassi, etc., vallée de Fassa en Tyrol, dans, le mélaphyre; à Dumbarton, Glen Farg, Long Craig, Old Kilpatrick, Campsie Hills ct quelques autres points en Ecosse; à Port, Stewart, à Glenarm, à Doon Point, à l'île Rathlin, dans le comté d'Antrim, et en plusieurs autres localités de l'Irlande ; à l’île de Skye, dans un trapp rougeâtre; aux environs de Kis-Almäs, de Teker et de Porkura, en Transylvanie, dans une amygdaloiïde. Des cristaux très-nets, plus ou moins complétement transparents, sont abondamment répandus, à Castel Gomberto et à Montecchio Maggiore dans le Vicentin; aux îles Cyclopes près Catane, dans une dolérite grise et dans un tuf argileux compacte, à grains très-fins, d'un gris jau-
304 PICRANALCIME.
nâtre, connu sous le nom de creta (1); à la pointe au-dessus de MidiwWaag, Féroë, avec Lévyne et Heulandite, dans les cavités d’un conglomérat de grands cristaux dé labradorite; à Thyrill, au fond du Hvalfjord au nord-est de l'Esja, côte Ouest d'Islande, dans une amygdaloide; à l'entrée du Rôdefjord, côte Est d'Islande, avec Thomsonite globulaire, dans une lave amygdaline très-riche en labradorite vitreux jaunâtre ; à Pyrgo, île de Chypre, dans dés amygdaloïdes argilo-chloriteuses ; à Eichstetten en Kaïserstuhl ; aux mines de cuivre du lac Supérieur et de l’île Michippacoten; à la Nouvelle-Ecosse; à l'île Disco en Groënland; au Puy de Marman en Auvergne; aux îles de Staffa, de Mull, de Canna; à la chaussée des Géants en Irlande, au Kautner Berg près Bôhmisch-Leipa, au Stabigt près Tetschen, au Wostrai Berg près Schreckenstein en Bohème, et au Baranetzer Schlucht près Janowitz en Moravie, dans le basalte; à Schibenz près Mosern et près de Wesseln, vallée de Luschwitz, en Bohème, dans la phonolite; à Kuchelbad en Bohème, à Niederkirchen près Wolfstein en Bavière, à Salisbury Craigs, à Calton Hill, ville d'Edimbourg, aux carrières de Ratho en Ecosse, et à Bergen Hill en New-Jersey, dans la diorite; près de Yonkers, comté de Westchester, New-York, dans le gneiss; au puits Samson et à Neufang à Andréasberg, dans les filons argentifères qui traversent les grauwackes; à Neu-Moldova en Banat, dans la syénite; aux environs de Laurvig, de Brevig et de Fredrikswärn en Norwège, dans la syénite zirconienne; à Arendal en Norwège et au Mont Blagodat, Oural, dans des couches de fer oxydulé magnétique. La variété du Blagodat, longtemps regardée comme sodalite, avait recu de M. Breithaupt le nom de kuboït: elle est cristallisée ou amorphe, avec un clivage cubique assez net, translucide sur les bords, à éclat gras ou vitreux, d'un blanc rougeûtre ou verdâtre ; sa dens. — 2,24 à 9,27.
On trouve quelquefois de l’analcime pseudomorphosée en Lau-' monite, à Bowling, comté de Dumbarton, ou en prehnite blanche, à Hartfield, comté de Renfrew en Ecosse. De très-gros cristaux en icositétraèdres &°, altérés, blancs, opaques, d'Old Kilpatrick, comté de Dumbarton, sont recouverts d’une croûte épaisse de prehnite cristallisée verte.
La picranalcime de Meneghini offre les formes a? et p @&. Clivage suivant les faces du cube. Eclat vitreux, Incolore; rouge de chair ou rouge brunäâtre. Dur. —5. Dens.— 2,257. Au chalumeau, fond difficilement. Attaquable par les acides. Représente une analcime magnésienne, d'après deux analyses de Bechi dont
la moyenne a donné : Si 59,14 Al 22,08 Mg 10,13 Na 0,45 K 0,01 -
(4) Ge tuf, qui est probablement dû à la décomposition de la dolérite, contient :
Si . Al. Fe: Ca Mg, H | 52,07 27,24 9,00 5,86 2,55 2,17 — 98,89
DORANITE. GLUTHALITE. EUDNOPHITE. 395
H7,67— 99,45, Accompagne la eaporcianite et la picrothomsonite, dans les géodes du gabbro rosso ou dans la pâte stéatiteuse
d'un dyke métallifère, au Monte Caporciano et au Monte Catini en Toscane.
La Doranite de Thomson se présente ensagrégations de cris. taux probablement cubiques, translucides, d’un blanc jaunâtre, d'une dens.—2,15. Elle paraît aussi être une analcime magnésienne,
si l’on s’en rapporte à une analyse qui a fourni: Si 48,00 Al 22.0
Fe2,75 Ca6,00 Mg13,00 H 7,70 = 99,45. On l’a trouvée dans le basalte, à deux milles de Carriekfergus, comté d'Antrim.
La cluthalite de Thomson offre des cristaux imparfaits paraissant être des prismes rectangulaires droits et formant des agrégations à surfaces rugueuses. Opaque ou translucide’sur les bords. Des lames minces, vues au microscope polarisant, m'ont offert une structure flabelliforme et m'ont paru agir comme une substance amorphe ou cubique. Eclat vitreux. Rouge de chair. Fragile. Dur. — 3,5. Dens.—2,166. Se compose, d'après Thomson, de :
Si51,27 A12356 Fe 7,31 Na 5,43 Mg 1,23 H 10,55 — 99,05. Existe en grands nodules dans une amyg gdaloïde de la partie occidentale du Kilpatrick Hills près Dumbarton en Ecosse. On a vendu sous le nom de {riphanite et comme une variété de cluthalite de Kilpatrick, un minéral compacte, rougeâtre, qui est accompagné de gros trapézoèdres blancs d’analcime.
EUDNOPHITE; Weibye.
Prisme rhomboïdal droit de 1420°.
; ANGL. MESURÉS ; ANGL, MESURÉS, ANGLES CALCULÉS, ane ANGLES CALCULÉS. Ë WEIBYE. W£IRYE.
*mnm 120° 120° ai ai 8409! sur p »
mg A20° 420: *alm 130° 130%
* La forme observée est un prisme à six faces terminé par un biseau, #7g' at. Clivage dans trois directions rectangulaires, trèsnet suivant la base p, moins net suivant les deux plans diagonaux h' et g'. Cassure unie ou écailleuse. Les grains et les fragments amorphes portent souvent des cannelures palmées. Transparente en lames minces; translucide; presque toujours nébuleuse. Des grains associés à la catapleite m'ont offert une double réfraction assez énergique, avec deux axes assez écartés. Eclat légèrement
396 GONGYLITE. GMÉLINITE.
naeré sur les faces de clivage; très-faible sur les faces des cristaux. Blanche avec des teintes grises et brunes. Poussière blanche, Dur. — 5,5. Dens. —2,27. Au chalumeau, fond en verre incolore. La poudre s'attaque par l'acide chlorhydrique en faisant gelée. Composition de l’analcime, d’après deux analyses; l’une, a, par de Bork, l’autre#b, par Berlin.
Si Al Na H a. 54,93 925,59 14,06 8,29 — 102,87 b. b5,06 923,12 14,06 8,16 — 400,40
L’eudnophite se trouve, très-rarement en cristaux, ordinairement en petites masses cristallines, avec catapleïte, leucophane, Mosandrite, etc., dans une syénite à très-gros grains, à l’île Lamôe près Brevig en Norwège. L'existence de deux angles de 120° dans les cristaux, leur rareté et leur imperfection, ont fait supposer à quelques auteurs que leur forme pouvait être le dodécaèdre rhomboïdal; mais la double réfraction que j'y ai constatée ne permet pas d’adopter cette opinion, et elle conduit à penser qu'il y a réellement dimorphisme entre l’eudnophite et l’analcime.
La gongylite de Nordenskiôld est imparfaitement cristallisée et possède deux clivages assez nets, avec une cassure écailleuse ou conchoïdale : elle est translucide sur les bords; elle a un éclat gras, une couleur jaune ou jaune brun et une poussière blanche; sa dur. = 4 à 5; sa dens. — 2,7. Au chalumeau, elle dégage de l’eau et fond en verre bulleux. On peut la rapprocher de l’eudnophite d’a-
près sa composition qui a donné à Thoreld : Si55,22 Àl 21,80
Fe 4,80 Mn0,32 Mg5,90 Ca0,77 K4,46 Na0,45 H5,77— 99,49. On ne l’a encore rencontrée qu'en grains engagés dans des galets de schiste talqueux, à Kuusamo sur les bords du lac Yli Kitkajärvi en Finlande.
GMÉLINITE,; Brewster. Hydrolite; de Drée. Sarcolite; Vauquelin. Chabasie, en partie; Hausmann. Heteromorpher Kuphon- Spath; Mohs.
Rhomboèdre de 112° 26’.
Angle plan du sommet — 106°1'547.
; ANGLES MESURÉS ; ANGLES MESURÉS ; ANGLES CALCULÉS. ANGLES CALCULÉS. = DES CLOIZEAUX. DES CLOIZEAUX.
| e2e? 120° » [ ap 14003 440°0! L.
| e?2di 150 » ate2 90° (TE »
[ didt 120° » *pe? 199057! 12957! A.1300 V.
L. Cristaux de Lédérérite de la Nouvelle-Écosse. A. Cristaux incolores d’Andréasberg. V. Cristaux rosés du Vincentin.
GMÉLINITE. 397
ANGLES MESURÉS ; ANGLES MESURÉS
ANGLES CALCULÉS. ANGLES CALCULÉS
DES CLOIZEAUX. DES CLOIZEAUX.
| atet? 10°3 » pp 112026! are culm. 1125/ A. L pet? 7954! sur e2 7944 À. 80° L.
j pE 1640416 16087! À.
F at 1443 » Re de 142037/ À.40'L.
| «di 90 » Dé RSA cune ne | di 12557! » Ee12 A61°16 »
Combinaisons de formes observées : ea! pe!?, offrant souvent des faces alternativement plus grandes et plus petites et le type rhomboédrique de la fig. 182 pl. XXI (Gmélinite du Vicentin et du comté d'Antrim), d’autres fois des faces d’égale étendue, avec le type hexagonal (Gmélinite de l’île de Chypre et Lédérérite), e2p£et?, fig. 183 (cristaux incolores d’Andréasberg). Dans la Gmélinite du Vicentin et de Glenarm et dans la Lédérérite, les faces e? portent des cannelures horizontales interrompues et assez profondes qui rappellent celles des cristaux de quartz; la face a! est terne; p et et? sont ordinairement unies et miroitantes, mais quelquefois elles offrent de légères ondulations en forme de pyramides trièdres analogues à celles que j'ai signalées dans le quartz (voy. fig. 16 pl. III); sur les cristaux d'Andréasberg, fig. 183, ces ondulations sont nettement accusées, et elles prennent l’aspect de triangles sphériques dont les côtés sont parallèles à la base et aux arêtes culminantes des faces de la pyramide hexagonale. La forme £ est rare; je ne l’ai observée que sur les cristaux d'Andréasherg. Clivage parallèle à e? (G. Rose). Cassure inégale. Translucide {cristaux du Vicentin et de l’île de Chypre); transparente {cristaux d’Andréasberg). Double réfraction faible à un axe, positif pour la Gmélinite de l’île de Chypre, négatif pour celle d’Andréasberg, du Vicentin et de Glenarm., Des plaques, taillées perpendiculairement à l’axe vertical dans des échantillons de l’île de Chypre, de Glenarm, du Vicentin ou d’Andréasberg, ne m'ont offert dans la lumière polarisée aucun indice de la macle par hémitropie autour d’un axe normal à at, au moyen de laquelle la plupart des auteurs expliquent la forme hexagonale des cristaux. Eclat vitreux. Incolore (Andréasberg); blanche (Lédérérite); blanc rosé; jaune rosé ou rose de chair (ile de Chypre, Glenarm et Vicentin). Poussière blanche. Très-fragile. Dur.— 4,5. Dens. — 2,04 à 2,12; 2,07 (île de Chypre; Damour).
D’après M. Damour, la Gmélinite de l’île de Chypre en cristaux blancs presque opaques, perd 6 p. 100 de son poids lorsqu'on la place dans l’air sec. A 100° elle perd 13 p. 100 d’eau qu’elle reprend rapidement lorsqu'on l’abandonne à l'air libre. A 230°, elle perd 20 p. 100 d'eau ; la perte se trouve réduite à 8,9 p. 100 après un mois d'exposition à l'air, et elle paraît s’y maintenir indéfiniment, ce qui prouve que sa propriété hygroscopique est déjà altérée. Cette
598 LÉDÉRÉRITE. HERSCHÉLITE.
propriété disparaît complétement à la chaleur du rouge vif, qui enlève en tout 21,5 p. 100 d’eau; les grains du minéral sont alors soudés entre eux. La Gmélinite d'Irlande, placée pendant un mois dans l'air see, perd 7,25 p. 100; au bout de six mois, la perte s’élève à 9,3 p. 100 et elle se trouve réduite à 1,5 p. 100 après quelques jours d'exposition à l’air libre. Dans le matras, dégage de l’eau et tombe en poussière, Au chalumeau, sur le charbon, fond . facilement en émail blanc. Attaquable par l'acide chorhydrique, avec dépôt de silice semi-gélatineuse.
R, AI, Sit + 6H dans laquelle R se compose principalement de chaux et de soude, avec une très-petite quantité de potasse.
Analyses de la Gmélinite : a, rose (sarcolite), du Vicentin, par. Vauquelin; b, de Glenarm, comté d’Antrim, par Rammelsberg; c, de l’île de Chypre, par Damour.
Si Al Cac Nat 0 QE
a 50,00 20,00 4,25 4,95 » 20,00 — 98,50 Bb. 46,40 21,08 3,67 7,29 1,60 20,41 — 100,45 c. 46,37 19,55 5,26 5,51 0,78 22,00 — 99:47
La Lédérérite de la Nouvelle-Ecosse, qui a exactement la même forme cristalline que la Gmélinite, contiendrait, d'après une
analyse de Hayes : Si 49,47 À 21,48 Fe 0,14 Ca 11,48 Na 3,94
H 8,58 P3,48 Gangue 0,03 — 98,60.
La Gmélinite, en petits cristaux souvent enchevêtrés les uns dans les autres, tapisse des cavités dans des wackes amygdalines, à Montecechio Maggiore près Vicence; à Glenarm, à l’île de Magee, à Black Head près Larne, à Down Hill et à Magilligan, comté de Londonderry en Irlande; à Talisker, île de Skye; à l’île de Chypre. On la cite aussi près de Tekerd, Porkura, Füzes, etc., en Transylvanie. Des cristaux incolores, jusqu'ici très-rares et peu connus, ont été trouvés avec analeime et Heulandite, dans quelques fentes des schistes argileux d’Andréasberg. La Lédérérite, dédiée par Jackson au baron Lederer, vient du cap Blomidon, Nouvelle-Ecosse,
La Herschélite de Lévy se présente en prismes hexagonaux de 120° surmontés par une pyramide triangulaire irrégulière et : très-surbaissée. En rapportant la forme au rhomboëdre de la Gmélinite, j'ai trouvé que chaque sommet trièdre pouvait être considéré comme une combinaison de deux faces d’un rhomboëdre direct a”, avec une face d'un second rhomboèdre direct a4/°, fig, 184 pl. XXXI. Les angles calculés comparés aux angles mesurés sont :
ANGLES CALCULÉS. ANGLES MESURÉS. ANGLES CALCULÉS. ANGLES MESURÉS
aTe? 12208/ 120° environ a at adj. 125°8/ 12430’ environ. au e2 107°26 41100 — aTal15 adj. 136044! 136° —
CHRISTIANITE. 599
. Trois faces alternes du prisme e? sont ordinairement plus développées que les trois autres et portent des stries horizontales ; les faces du sommet sont ternes et rugueuses et leurs incidences ne peuvent être mesurées qu'approximativement au goniomètre d’application. Clivage perpendiculaire à l'axe vertical. (Cassure conchoïdale. Translucide; transparente en lames minces. Double réfraction faible à un axe négatif. Dans un faisceau parallèle de lumière polarisée, quelques lames paraissent simples, d’autres offrent des segments triangulaires comme si elles provenaient de cristaux maelés. Eclat faiblement vitreux. Blanche ou incolcre. Dur. —5.5. Dens.—2,06. Au chalumeau, devient blanche, opaque, et fond en émail blanc. Facilement attaquable par les acides, avec dépôt de silice semi-gélatineuse. La moyenne de deux ana-
lyses par M. Damour a donné : Si47,43 A120,54 Na8,84 K 4,28
Ca 0,31 H 47,74 — 99,14.
Les cristaux, rarement isolés, ordinairement groupés à la manière de la Prehnite, tapissent des géodes dans une sorte de laÿe péridotique, avec Phillipsite mamelonnée, à Aci Castello en Sicile.
CHRISTIANITE ; Des Cloizeaux., Phillipsite; Lévy. Kalkharmotom; de Kobell. Harmotome de Marbourg, Staurotyper Kuphon- Spath; Mohs. :
Prisme rhomboïdal droit de 411°15.
; ds ANGL. MESURÉS ; ta aOe an ANGL, MESURÉS ; Gi ES cnErel DES CLOIZEAUXS, Re Î DES CLOIZEAUX: mm AMAS! 11445! Is, | 6910512 163°35/ 163°30’ Marb. m g4 124993! . 124030! Isl, | 4126121150/surm 411730’ env. Sic: [| pb910 438055) 138055) Marb. 612612 91046! côté 90° env. Isl. pb12 122030/ 12230’ Marb, 127412 103087 193050’ Marb. pm 90° » BE NASPE VENT) sup Sie Lévars #b125m 14730 157030! Isl.
Combinaisons de formes observées : m gp b'?, fig: 179 pl. XXX, cristaux simples du Dyrefjord en Islande; pbt?; pb b12, fin: 180 pl. XXXI, cristaux maclés de Giessen, de Marbourg, de Capo di Bove près Rome, de la Somma et de Sicile. Les faces p sont souvent
IsL. Christianite d'Islande, Marb. Christianite de Marbourg. Sic. Philipsite de Sicile, par Lévy.
400 CHRISTIANITE.
ondulées; les faces b!? sont ordinairement striées parallèlement à leur intersection avec p. Macles très-fréquentes. 1° Groupement de deux individus qui se pénètrent complétement de manière à ce que leurs faces p et = fassent entre elles un angle de 90°, le plan d’assemblage étant voisin de la face inobservée ef”; les stries des faces bt? et © viennent alors se rencontrer suivant une ligne droite lé-
gerement saillante qui donne aux faces du sommet tétraèdre du cristal composé, une forme bombée caractéristique (voy. fig. 180). 2 Trois cristaux maclés suivant la loi précédente se traversent à angle droit, de telle sorte que les arêtes opposées
de chaque couple de cristaux se trouvent dans un même plan
For fig. 181); cette seconde disposition ne se rencontre que dans la Phillipsite de Capo di Bove et de Sicile. Clivages peu nets suivant g! et p. Cassure conchoïdale ou inégale. Transparente; translucide ou ina. Double réfraction faible. Plan des axes optiques parallèle à gt. Bissectrice positive parallèle à la petite diagonale de la base. Dans la Christianite de Marbourg, cette bis- Secirice est bien celle de l'angle aigu; les axes ne sont pas trèsécartés, et leur dispersion, assez faible, indique p <v. Dans la Phillipsite de Capo di Bove et de la Somma, les axes sont beaucoup plus écartés, mais leur écartement n’a pu être déterminé avec assez de précision pour constater si leur bissectrice aiguë a le même signe et la même direction que celle des cristaux de Marbourg, ou bien si elle est négative et perpendiculaire à la base. Dans la lumière polarisée parallèle, les lames rectangulaires, obtenues en faisant une section perpendiculaire aux faces p des cristaux maclés de toutes les localités, montrent que les quatre secteurs triangulaires dont ces lames se composent offrent rarement des limites bien régulières, et que leur contact est loin d’avoir lieu suivant un plan, comme on le suppose en théorie. Eclat vitreux. Incolore; bleuätre; grisètre; jaunâtre; blanc d'émail. Poussière blanche. Fragile. Dur.—4,5. Dens.—2,17 à 2,201; 2,09 (Kaiserstuhl, Damour).
La Christianite du Kaïiserstuhl, en petits cristaux transparents et incolores, mélangés de quelques fragments de Faujasite, perd, d’après M. Damour, 8 p. 100 de son poids lorsqu'on l’expose pendant un mois dans l’air sec où elle devient opaque et d’un blanc laiteux. A l’air libre, elle reprend son poids primitif au bout de vingt-quatre heures, sans recouvrer sa transparence. Chauffée à 50° pendant une heure, elle perd 12,3 p. 100 d’eau dont elle reprend la plus grande partie au bout de vingt-quatre heures d'exposition à l’air; elle est alors désagrégée et elle tombe en poussière, tandis que les grains de Faujasite restent transparents. Jusqu'à 150°, la propriété hygroscopique n’est pas sensiblement modifiée : ainsi, la perte de 12,3 p. 100 éprouvée à 50°, se réduit à 0,8 p. 400 au bout de vingt-quatre heures d'exposition à l'air; une perte de 46 p. 100 à 150° se réduit également à 0,8 p. 100, mais au bout de quatre jours passés à l'air. Ac 250°, la perte est de 18,5 p. 100 et elle se réduit à
. CHRISTIANITE. 401
9 p. 100 par l'exposition à l’air libre. Au rouge sombre, le minéral perd 19 p. 100 de son poids, mais il en reprend encore une partie à l'air et la perte se réduit à 13 p. 100. Enfin, au rouge cerise, la perte totale est de 19,4 p. 100. Cette proportion d’eau, un peu trop considérable pour la Christianite, doit être attribuée en partie au mélange de la Faujasite avec les échantillons mis en expérience. Au chalumeau, se gonfle, devient friable et fond.en émail blanc. Attaquable par l'acide chlorhydrique en faisant gelée.
Les diverses analyses de Christianite connues jusqu'ici ne fournissent pas des nombres parfaitement concordants pour les rapports entre les quantités d'oxygène de ses divers éléments ; l’une des formules qui paraît la plus probable est:
R, À, Si* + 5H dans laquelle R se compose principalement de chaux et de potasse.
La Phillipsite de Capo di Bove contient un peu moins de silice que la Christianite de Marbourg et sa composition s'exprime assez
bien par : R, Al, Si + 4H.
Analyses de la Christianite : a, d'Islande, en cristaux transparents, par Damour (moyenne de deux opérations); b, d'Annerode près Giessen, par Wernekink; c, de Stempel près Marbourg, par Gmelin (moyenne de deux opérations); d, d'Habichtswald près Cassel, par Kôbhler; e, de la chaussée des Géants, par Connel; de la Phillipsite,f, d’Aci Castello en Sicile, par Sart. de Waltershausen; g, transparente, de Capo di Bôve, par Marignac (moyenne de deux opérations); k, opaque, blanche, de la Somma, par Marignac.
a b c d en 11 g le Silice L8,18 28,36 48,26 48,22 47,35 28,53 2395 43,95 Alumine 22,20 20,20 22,18 23,33 21,80 19,88 24,69 24,34 Ox. ferrique » 0,41 0,18 » » 2,6% » »
Chaux 1,82 594! GA 7,22 485 292 AS 5,31 Potasse 6,19 G,kl 6,91 3,89 5,55 3,82 9,78 41,00 Soude » Ba 0,46 » » 3,70 6,18 » »
FR per ram ele ee UE 100,03 98,84 100,93 100,21 100,2 ? ” 100,52 100,00 100,33 Densité : 2,201 » » » DAT 2012 210
La Christianite n’a encore été rencontrée que dans les cavités de roches amygdaloides ou basaltiques et de laves anciennes : on la trouve, en très-petits cristaux incolores et translucides, quelquefois simples, ordinairement maclés, très-serrés les uns contre les autres et groupés en mamelons radiés ou en crêtes de coq analogues à certaines prehnites, dans les cavités d’un trapp amygdalin, avec chabasie et Lévyne, sur les rives du Dyrefjord, côte Ouest