‹ Manuel de minéralogieChapitre 87 sur 159 · CM · texte numérisé non relu

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Des cristaux minces, d'une couleur grise, engagés dans un calcaire de Pargas, ne contiennent presque plus que de la silice. Cassure conchoïdale. Dur. = 6. Dens. — 2,5. Infusibles au chalumeau ct inattaquables par l'acide chlorhydrique. Wolff les a trouvés composés de 92,71 p. 100 de silice avec de l’oxyde ferrique et de l’alumine.

Micarelle. Scapolite talciforme. Cristaux en prismes octogonaux réguliers m h!, quelquefois très-gros, plus ou moins complétement remplacés par une agrégation de lamelles de mica blanc verdètre entremélées d'un peu de quartz et de pyrite. Les cristaux d’Arendal paraissent contenir ordinairement un mica potassique à deux axes écartés d'environ 70”, dont un échantillon a été analysé par M. de Rath {voy. au mica); d'après une analyse de Bischof, Les cristaux de Pargas renfermeraient au contraire un mica magnésien.

Pseudo-scapolite; Nordenskiold. Gros cristaux de 5 à 7 centimètres de longueur sur 5 centimètres de diamètre ayant la forme de la scapolite. Surfaces inégales et raboteuses d’une couleur vert clair. Offrant une masse intérieure de scapolite plus ou moins jaunètre, difficilement clivable, à éclat gras, mécaniquement mélangée de petits cristaux d'augite qui sont surtout abondamment développés vers la surface. Dans certains échantillons, la plus grande partie du cristal est remplacée par de petits cristaux nets d’augite qui paraissent s’étre soudés ensemble dans un moule de scapolite. Se trouve dans la carrière de Simonsby, paroisse de Pargas. M. de Rath a observe à Arendal des eristaux de scapolite transformés en épidote et engagés dans l'ouralite. MM. Forchammer, Bischof et Blum ont

238 CANAANITE. ZOISITE.

décrit depuis longtemps des pseudomorphoses du même genre où la masse intérieure était entourée par une croûte d’albite.

Analyses : a, de l’athériastite, par Berlin; b, de la gabronite, par John; de la Wilsonite; c, naturelle, moyenne de trois opérations ; d, préalablement iraitée par l'acide chlorhydrique, moyenne de deux opérations, par Hunt; e, de l’Algérite, par Hunt; jf, d'une scapolite noire d'Arendal, par Rath.

a b c d e f Silice 38,00 54,00 43,15 47,60 52,16 29,52 Alumine 24,10 24,00 2129003 M) 26,08 45,77 Oxyde ferrique Fe 2,82 4,95 ou » 1,94 49,14 Ox. manganique Mn 0,78 » ES » » »

Chaux 22,64 » 6,72 0,95 » 9,02 Magnésie 2,80 1,50 3,88 419 ‘1,4 8,50 Soude » 47,25 1,2 0,88 » 0,58 :

Potasse » » 8,30: 9,30) : 10,69 008r Perte au feu. 6,95 2,00 9,00 5,42 O2 A 0589

400,09 400,00 100,57 99,53 400,00 CaG 4,62

La canaanite de S. L. Dana est une roche grise ou d'un gris bleuâtre, à cassure esquilleuse, à éclat gras. Dur.=6,5. Dens. — 3,07. Au chalumeau, fond avec bouillonnement. Elle contient

d'après L. Dana : Si83,37 Â110,38 Fe 4,50 Ca925,80 Ms 1,62

C 4,00 — 99,67. On la considère généralement comme une scapopolite enroche: Elle se trouve en masses amorphes accompagnées de trémolite et d'augite formant des couches entre un calcaire dolomitique et un micaschisie, près de Canaan en Connecticut.

ZOISITE. Saualpit. lIliuderit.

Prisme rhomboïdal droit de 416°46’ (1).

(4) Mémoire sur les formes cristallines et les propriétés optiques de la Zoïsite, de la Sillimanite et de la Wühlérite, par M. Des Cloizeaux; Annales des mines; t. XVI, 5° série, année 1859.

ZOISITE. 239

ANGLES CALCULES. ANGLES MESURES. ANGLES CALCULÉES. ANGLES MESURES. [mm 416016’ » L ggl 1586 45820! Dx.

m hi 44808! 447035" Dx.

L. Le 121952 à 59! Mil. c'a!418°57/au som. 420c env. Dx. FRE AAREE 121040" Dx.

Rih2 16818 167°40' Dx. g'z 1824030" 4528 Mill. | RIRE 16244 462°20’ Dx. gb1® 40731/30 40641 Mill, | ASS 445°28/ avani » g'ai 900 »

| Aigi 90 » Di2GU2 444057" avant »

Règl 40142’ 1023" Dx. 6 Rgà 1016 407012! Miller. #*Db12}3 adj. 493030’ 193930 Brooke. | 40713! Dx. bt2m lat. post. 7523’ 75035’ Mil, | Rè g3 410 27/ 4110’ Dx. b12h3 lat. post, 68.5 G8c52/ Mil. gg! A51°48 13200’ Ds.

Les cristaux n'offrent ordinairement qu’une série de prismes verticaux sans sommets distincts; .les combinaisons de ces prismes que j'ai observées sont : g'h°m; g!q° gi; g'g°mhS Rht; g! 98m k5. Les faces b'* et z (voy. fig. 112 pl. XIX), excessivement rares, n'ont été observées par MM. Brooke et Miller que sur un fragment de cristal de la collection de M. Brooke; elles paraissent hémièdres : j'ai rencontré a! formant un biseau à surfaces raboteuses avec une arète perpendiculaire à g', sur des cristaux d’un gris jaunâtre, de Sterzing. Clivage facile et parfait suivant g'. Cassure inégale ou imparfaitement conchoïdale. Les faces des prismes verticaux sont plus ou moius fortement cannelées parallèlement à leur intersection mutuelle; intérieurement, les cristaux sont très-fissurés. Translucide; transparente par places. Double réfraction faible. Plan des axes optiques parallèle à gl. Bissectrice positive normale à h'. Dispersion très-forte se manifestant par des couleurs très-étalées, symétriquement disposées autour des deux hyperboles; p < v. 8— 1,70 ray. rouges, Zoisite vitreuse grise de Carniole. La mesure directe ma donné pour l’écartement apparent :

ZOÏSITE VITREUSE ZOÏSITE ZOÏSITE VITREUSE DE ASSEZ TRANSPARENTE DU BAVIÈRE. DU TYROL. TYROL.

2£ — 490 à ko 420 à &%o 48° à 50°; ray. rouges, 50° à 52° 50° à 51° 52° à 54°; ray. verts.

65° à "70° » » ray. bleus.

Eclat nacré sur le clivage g!'; vitreux dans la cassure. Blanc grisâtre; gris jaunâtre; brunâtre; vert pomme; rose (thulite). Poussière blanche. Très-fragile. Dur. —6 6,5. Dens. — 3,25 à 3,36.

Dans le matras, dégage un peu d'humidité. Au chalumeau, se gonfle un peu et fond avec un bouillonnement plus ou moins marqué en un verre grisatre iranslucide, très-souvent mamelonné.

2,0 © ZOÏSITE.

Avec le borax ou le sel de phosphore, donne un verre jaune à chaud, incolore à froid. Par une calcination au rouge, perd, d'après les expériences de M. Rammelsberg, 2 à 3,6 p. 100 d’eau; la perte est d'autant moindre que les échantillons sont plus transparents et plus durs : la matière calcinée est opaque, brunâtre, fendillée, mais non fondue. Difficilement attaquable par les acides à l’état naturel, mais faisant gelée avec l'acide chlorhydrique après calcination.

Le rapport entre l'oxygène des bases R et R et celui de la silice, est, comme dans la meionite et l’épidote, égal à 1:2:3; la for-

mule peufs’écrire : Caÿ, Al*, Si° donnant :

Silice 41,92 Alumine 32,00 Chaux 26,08.

Une faible proportion d’alumine est toujours remplacée par de l’oxyde ferrique.

Analyses de la Zoïsite: a, de Faltigels, par Hermann; b, de la Sau-Alp en Carinthie, avec quartz et orenat; c, de Gefrees dans le Fichtel-Gebirge; d, grise, de Goshen en Massachusetts; e, blanche {regardée autrefois comme meionite), de Sterzing en Tyrol; f, en masses bacillaires d'un gris jaunâtre, tendres, du Fuschthal en Pinzgau, Salzbourg; g, en masses bacillaires vertes de la vallée de Saas, au pied du mont Rose, toutes par Rammelsberg.

Silice 40,93 40,64 40,32 40,06: 40,00 41,92 42,35 Alumine 30,3% 98,39 29,77 30,67 30,3 27,09 928,30 Oxyde ferrique 5,51 3,89, 2,71: RO LS NO 06 NP OPEN Chaux 21,56 24,26 924,35 923,91 9:13 22,73 91,60 Magnésie » 0,57 O2E AND EI 0 2300011521 0,56 Polasse » » » » » » 0,91 Perte au feu 4,69 2,09 2,08 9,25 92,04 36100318

400,05 99,8% 99,53 99,83 98,82 99,56 99,95 Densité: 3,28 3,85 3:36 3,34 3,35 3,95 3,98

La Zoisite se présente en masses bacillaires pénétrées par du quartz, de l’amphibole, du zircon, de l’épidote brune, du grenat, de l’albite, du mica, etc. et en longs prismes cannelés implantés dans les cavités de ces masses ou dans diverses roches telles que granite, micaschiste, schiste chloriteux, amphibolite, diorite, éclogite, serpentine. On la trouve dans les vallées de Grossarl et de FuSsch, au Kalsertauern et à Rauris (cristaux verts), en Salzburg; à Ratschinges et Faltigels près Sterzing, au Pfitscher-Jochl près Pfitsch, à Passeyr, à Pregratten près Windischmatrei, en Tyrol; près Krumbach dans le Kor-Alpen-Gebirge, dans le Bacher-Gebirge et au Rosenkogel pres Stainz en Styrie; à la Steinberger-Alp dans le Kor-Alpen-Gebirge, au Getrusk et au Kupplerbrunn dans la Sau-Alp en Carinthie; près de Ronsberg el de Wottawa en Bohème: à Marschendorf et à Lettowitz

THULITE. 241

en Moravie; à Gefrees et à Weissenstein dans le Fichtel-Gebirge en Bavière; dans la vallée de Saas, au pied du mont Rose (cristaux verts); à Goshen et à Williamsburgh en Massachusetts ; dans l’Oural, notamment aux environs de Katharinenburg, en filons dans le schiste chloriteux; près d’'Ilianowa et de Tanalyk, dans le porphyre.

M. Brooke est le premier qui, tout en continuant à regarder les cristaux de Zoisite comme dérivant d’un prisme rhomboïdal oblique, a fait voir que leur forme primitive était incompatible avec celle de l’épidote; l'étude des propriétés optiques biréfringentes est venue confirmer cette incompatibilité et la rendre encore plus profonde, en démontrant que la Zoiïsite manifeste les phénomènes caractéristiques des prismes rhomboïdaux droits. La meïonite, la paranthine d’Arendal et Le dipyre nous ont fourni un exemple de trois minéraux géométriquement isomorphes dont les éléments constituants, quoique semblables, sont unis dans des proportions notablement différentes; la meïonite et la Zoïsite présentent au contraire deux espèces composées à peu près des mêmes éléments, associés exactement suivant le même rapport, mais cristallisant sous des formes entièrement incompatibles.

Thulite. La thulite, généralement regardée jusqu'ici comme une épidote rose, doit d’après mes observations être réunie à la Zoisite. Elle se présente en petites masses lamellaires très-facilement clivables dans une direction, ou en cristaux imparfaits fortement cannelés dans le sens de leur longueur. Plusieurs fragments m'ont offert les faces h', h*, g?, g!, de la Zoïisite, avec les incidences suivanies :

[ gg? 152 env.

| g'h? 6930’ sur A1 | gih1 90°

Cassure inégale. Translucide; transparente par places, en lames minces. Double réfraction faible. Deux axes optiques assez écartés dans un plan parallèle au clivage facile, symétriquement disposés autour d’une bissectrice positive normale à At. Eclat vitreux; nacré sur les plans de clivage. Rose rouge; rouge fleur de pêcher. Poussière blanche. Dichroisme assez prononcé, surtout dans les lames perpendiculaires à l'axe de la zone A! g!, où la loupe dichroscopique montre une image d’un rose vif et une incolore. Très-fragile; par suite, les cristaux sont tout fendillés à l’intérieur. Dur. — 646,5. Dens. — 3.12%.

Au chalumeau, se gonfle beaucoup et se transforme en une masse scoriacée blanche qui fond seulement sur les bords.

Composition identique à celle de la Zoïsite, d’après deux analyses, h, par Gmelin; 2, par Berlin, qui ont donné :

H. Si Al Fe Mn Ca Mg Na V H 42,81 31,14 2,29 1,63 18,73 » 4,89 » 0,64 — 99,13, LAS à 46

242 UNIONITE. SAUSSURITE.

NS. AL Fe Mn Cats Mo ON OS

La thulite ne s’est encore irouvée qu'à Souland en Tellemarken, Norwège, avec idocrase cyprine, grenat blanc jaunâtre, quartz, fluorine et épidote. Je me suis assuré que les petits cristaux roses et verdâtres du Zillerthal en Tyrol, considérés par M. Liebener comme de la thulite, possèdent la forme et les propriétés optiques de l'épidote. M. Brooke avait annoncé autrefois que la thulite se elivait dans deux directions faisant entre elles des angles de 92°30' et 87°30!; je nai jamais apercu qu’un seul clivage très-facile sur:es échantillons que j'ai eus à ma disposition.

Unionite. Ce nom parait avoir été appliqué à deux substances différentes, dont l’une doit être rapportée, suivant M. Brush, à la Zoiïsite. Aspect rappelant celui de la scapolite ou du triphane. Facilement clivable dans une direction. Blanc jaunâtre. Eclat witreux. Fragile. Dur.—6à6,5. Dens. — 3,299. Dégage de l’humidité dans le tube. Fond au chalumeau avec bouillonnement en émail blanc. Fait gelée avec l'acide chlorhydrique après calcina-

tion. Une analyse de Brush a donné: Si 40,61 A132,44 Fe 0,49

Ca 2413 Perte au feu 2,22 — 99,89. Se trouve mélangée d'euphyllite dans la tourmaline noire, à Unionville en Pennsylvanie.

Les variétés de Saussurite qui existent au mont Rose dans l’euphotide, au mont Genèvre en Suisse, et au Val Orezza en Corse, pourraient être considérées, d’après M. Hunt,comme de la Zoisite compacte. Leur composition, notablement différente de celle de la Saussurite d’autres localités (voy. au labradorite), les rapproche encore plus de la meïonite et surtout de la Strogonowite, comme le montrent les analyses : «, d’une variété blanc verdâtre, du mont Genèvre; b, d'une variété facilement fusible, du val Orezza en Corse, toutes deux par Boulanger; c, d’une varièté blanc bleuâtre du mont Rose, par Hunt.

& b c OxYGÈXE.

Silice 44,6 &3,6 43,59 23,95 Alumine 30,% 32,0 102718 412,91 one Oxyde ferrique » » 2,61 0,78 se Chaux 5,5 24,0 A9 5,63 Magnésie 2,5 2,k 2,98 4,47 7,59 Soude 15 » 3,08 0,79 Potasse » À ,6 »

Perte au feu » » 0,35 100,5 400,6 400,04 Densité : 2,65 » 2,365

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