AD À
£, alt
226 PARALOGITE. DIPYRE.
Paralogite; Nordenskiôld. ÆCristaux offrant les mêmes formes et en partie les mêmes combinaisons que la paranthine. Deux échantillons ont fourni à M. de Kokscharow les incidences approximatives suivantes :
pa! 4k8°14 | at#Atisiest es 436°14/ sur 6!
ath1 121043 at01 158°6' @a8 150°0’ — pbi 456020’
Dim 11353" b1 61 adj. 446°50!
Cassure écailleuse. Translucide sur les bords. Eclat vitreux. Blanche avec des taches bleues ou d'un bleu rougeûtre passani au bleu violacé. Poussière blanche. Dur. — 7,5. Au chalumeau, dans la flamme extérieure, devient jaune de soufre; dans la flamme intérieure, fond facilement avec bouillonnement en un verre bulleux incolore. Très-peu attaquable par les acides. Une analyse, dans laquelle la soude n'a été dosée que par différence, a donné à Thoreld :
à pa : ; : Perte Si Ai Ca Na Mg aufeu &k,95 26,89 A£,%£ 10,86 4,01 4,85 — 100
Entre les types caractérisés par les rapports 1 : 2 : 4 et 1 : 2 :5, on trouve : une Ekebergite amorphe, gris verdätre, d'Hesselkulla en Suède, analysée par Wolff, diverses scapolites, 4° amorphe, translucide, vert jaunâtre, d'Arendal, anal. par Rath; 2° amorphe, blanc rougeâtre et blanc verdâtre, de Malsjô, anal. par Wolff; 3° blanche, de Malsjô, anal. par Rath; 4° en petits cristaux d’un blanc jaunätre engagés dans le calcaire d’Arendal, anal. par Wolff; enfin, la passauite (Porzellanspath) de Passau, qui fond avec bouillonnement en un verre bulleux et qui s'attaque par l’acide chlorhydrique; son analyse a donné à Schafhäuil :
e à : Perle AI Ca Na k CI au feu 49,90 27,30 45,48 4,53 4,23 0,92 4,20 — 99,86
DIPYRE,; Haüy. Schmelzstein; Werner. Leucolithe; de la Méthrie. J'ai découvert pendant l'été de 1860, dans un calcaire saccharoïde de Pouzac près Bagnères-de-Bigorre, de très-petits cristaux limpides offrant un prisme octogonal régulier m h! terminé, le plus souvent à une seule extrémité, mais quelquefois à ses deux extrémités, par un octaèdre carré a! reposant sur le prisme k! dont les faces sont les moins développées. La moyenne d’un assez grand nombre de mesures m'a donné :
F mm 90° aia! 415°9' env. sur p mai 144937" | mA 438 aiR4 12902 aiai adj. 436°30’
Ces incidences qui présentent entre elles de légers désaccords dus
DIPYRE. PREHNITOIDE. 227
Sans aucun doute à la petitesse et à l’éclat assez peu prononcé des faces a!, peuvent être considérées comme aussi voisines que possible de celles de la meïonite. Tous les cristaux observés avant ceux dont il vient d'être question ne se composaient que du prisme octogonal » k!, sans terminaisons distinctes. Clivage assez facile suivant »; traces suivant p. Cassure vitreuse. Limpide ou transparent, lorsque les cristaux sont inaltérés; translucide quand ils ont subi un commencement de décomposition. Double réfraction assez énergique à un axe négatif. w—1,558 e—1,543 ray. rouges; Dx. Eclat vitreux; soyeux lorsque des cristaux aciculaires sont réunis en faisceaux. Incolore; blanc légèrement jaunâtre ou verdâtre; lilas pâle; devenant blanc de lait en s'altérant. Poussière blanche. Fragile. Dur. — 6environ. Dens. = 2,646 cristaux fendillés incolores, de Libarens près Mauléon; 2,62 cristaux lilacés, de la même localité ; 2,68 cristaux limpides de Pouzac.
Au chalumeau, blanchit et fond avec bouillonnement en un verre blanc bulleux. Difficilement attaquable par les acides.
En admettant entre R : Àl : Si, R — (Ca, Na), le rapport 1:2:6, la formule s’écrira :
F3, Al, Sÿ, donnant : Silice 59,08 Alumine 22,54 Chaux 18,38.
Ces rapports s'appliquent également à une scapolite blanche cristallisée, mélangée à du calcaire grenu, de Bolton,
Analyses du dipyre : a, en cristaux translucides et transpatenis, fendillés, de Libarers, par Delesse; d, en cristaux transparents, lilacés, de Libarens, par Pisani; c, en petits cristaux limpides, de Pouzac, par Damour; d, d’une scapolite blanche de Bolton (abstrac: tion faite de 2,5 p. 100 d'acide carbonique), par Hermann.
a b c OZYcÈNE d OxyaÈnE Silice "65,5 36,69 56,22 29,98 B6,04 29,88 Alumine 24,8 22,68 23,05 10,7% 23,92 141,4 A 48 Oxyde ferrique » » » 1,1% 0,34) ?
Ox. manganeux » 0,39 » 0,14 0,03 Chaux 9,0 6,85 9,4£ 2,70 9,28 2,65 Soude 9,4 8,65 ‘1,68 1,98! 4,83 866 2,23) 5,20 Potasse 0,7 0,78 0,90 0,15 | 1,27 0,21 Magnésie » 0,49 traces 0,20 0,08 Perie au feu » 4,55 2,41 »
99,4 404,08 99,70 100,65 Densité : 2,646 2,62 2,65 2,66
C’est probablement au dipyre qu'on doit rapporter le prehnitoide, décrit par CG. W. Blomstrand comme ayant une certaine
228 COUSERANITE.
ressemblance extérieure avec la prehnite et offrantune structure cristalline fibreuse ou bacillaire, une cassure imparfaitement conchoïdale, une couleur vert pâle, et un éclat vitreux dans la cassure. Dur. —7. Dens. — 2,50. Au chalumeau, fond facilement en émail blanc. Faiblement attaqué par l'acide chlorhydrique, avant ou après calcination. La moyenne de cinq analyses a donné à Blomstrand :
Ë À : 5 ; : : Perle
Si Al Ca Na K Mg Fe Mn aufeu
Un nombre assez considérable de variétés, que tous leurs caractères rapprochent de la paranthine, offrent entre l'oxygène de leurs divers éléments des rapports qui s’éloignent des précédents et qui viennent se grouper autour des trois types, 1:3:4; 1:3:5; 1: /50%10.
Au premier type appartiennent quelques scapolites de Pargas et de Tunaberg, et au second, la couseranite du département de l'Ariège, abstraction faite de sa perte au feu; une nuttallite grise cristallisée de Diana, New-York; une scapolite d'Ersby près Parças, et une Ekebergite amorphe, grise, d'Hesselkulla.
La couseranite que Dufrénoy avait regardée comme crislallisant en prisme rhomboiïdal oblique, dérive en réalité du prisme droit à base carrée. Ses cristaux offrent presque toujours la forme d'un prisme octogonal régulier résultant de la combinaison des deux prismes carrès », !, dont l’un est plus développé que l’autre, mais Jusqu'ici, ils n'ontjamais présenté aucune terminaison distincte. Clivages difficiles parallèlement aux faces de l'un des prismes et per- Cassure conchoïdale ou écailleuse.
Translucide et même transparente en esquilles ou en lames trèsminces. Double réfraction assez énergique à un axe négatif. Eclat vitreux très-prononcé dans les échantillons non altérés, un peu résineux sur le clivage basique. Blanc verdâtre; blanc grisâtre; gris noirâtre, noire; bleu indigo en petits fragments, bleu grisâtre en lames très-minces parallèles ou perpendiculaires à l'axe, dans les variétés vitreuses de Saleix et de Pouzac. Certains cristaux isolés que l’on trouve abondamment disséminés dans quelques parties du terrain métamorphique de Pouzac, près Bagnères-de-Bigorre, offrent une portion éclatante blanche ou incolore et une portion plus terne d'un noir grisàtre. Les lames minces mi-partie incolores et bleuâtres, qu'on extrait de ces cristaux, manifestent dans toute leur étendue les mêmes propriétés optiques biréfringentes; seulement la double réfraction est beaucoup plus énergique dans les plages incolores. Poussière grise dans les variétés foncées. Fragile. Dur. — 5,5a 6. Dens. — 2,70 à 2.76. Au chalumeau, blanchit un peu et fond facilement : le produit de la fusion est un verre blanc bulleux
pendiculairement aux arêtes
COUSERANITE. NUTTALLITE.
avec tous les échantillons noirs très-vitreux; un verre gris ou noirâtre avec les échantillons d’un noir grisâtre légèrement altérés, de Pouzac, analysés par M. Pisani. Les cristaux noirs vitreux de Saleix chaufés au blanc vif (lampe Deville), après avoir été séchés au bain de sable, se frittent et perdent 5 à 6 p. 100 en se décolorant, une partie de la perte est due à une matière charbonneuse combustible. Difficilement attaquable par les acides. ;
Analyses : a, d'une scapolite en cristaux d'un vert gris, de Tunaberg, par Walmstedt; de deux scapolites, l’une, b, de la carrière de Storgard; l’autre, ce, d'Ershby près Pargas, en cristaux clairs, toutes deux par Nordenskiôld.
a OXxYGÈNE b c Silice 43,83 23,37 41,25 43,83 Alumine 35,28 146,43 1663 33,58 35,43 Oxyde ferrique 0,68 0,20 Earl » »
Chaux 19,37 5,03 20,36 48,96 Magnésie » » 5% »
Soude » » » »
Potasse » » » »
Perte au feu » 3,32 1,03 99.16 99,05 99,25 Densité: 2,849 2,749 2,736
Analvses : d, de la couseranite vitreuse, noire, de Saleix.
par Grandeau; e, dela Nuttallite de Diana, par Hermann (abstraction faite de 4,06 p. 100 d'acide carbonique); f, de la scapolite d'Ersby, par Hartwall ct Hedberg; 9, de l’'Ekebergite
d'Hesselkulla, par Hermann.
d OXYGÈNE e OXYGÈNE fe q Silice 43,08 23,50 47,94 95,56 48,77 51,02 Alumine 32,85 15,30 30,02 13,98) 31,05 26,87 Oxyde ferrique » 2,60 0,78 18,76 » 2,13 Ox. manganeux » 0,26 0,05 \ » 0,26 Chaux DAT 2,62 AE 4,11 l 15,94 13.99 Magnésie AS 0,#7 | À » » 4,84 » 0,27 Soude LAS 1 | # 220 0,56 | 3,25 4,64 Potasse 2,68. 0,46 080120) » 0.82 Perle au feu 6,20 0,31 0,61 »
100,59 98,47 99.62 400.90 Densité : 2,10 2,7% » 2,80
Vers le rapport 4 : 3 : 5 convergent encore : une scapolite amorphe, gris bleu, de Malsjô, analysée par Suckow dont les résultats
230 SCOLEXÉROSE.
sont compris entre 1:2:4et1:3:5; une glaucolite amorphe bleu verdâtre, fusible seulement sur les bords, qui a donné à Bergemann et à Giwartowsky des nombres presque identiques, compris entre 4:2:5et1:3:5; enfin une scapolite en prismes épais, incolores ou verdâtres, de Pargas, que l'analyse de Wolff place entre 1=3:4eL 1:83: 06.
SCOLEXÉROSE; Beudant. Scolésite anhydre. Wernérite blanche. Sous le nom de scolexérose, Beudant avait séparé une scapolite de Pargas, translucide ou opaque, d’un éclat vitreux ou gras, blanchâtre ou verdâtre, d’une dur. — 6, fusible au chalumeau, attaquable par les acides, dont l'analyse fournit à peu près le rapport 4:3:6. On peut en rapprocher : une scapolite amorphe, rouge, de Bolton, une scapolite verdâtre, très-tendre, de Franklin, New-Jersey; une scapolite d'Ershby près Pargas, et une autre amorphe, blanche, de Gulsjo.
Analyses : de la scolexérose blanche, de Pargas, a, par Nordenskiold; de diverses scapolites; b, amorphe, rouge, de Bolton, par Hermann; c, verdàtre, très-tendre, de Franklin, par Brewer (abstraction faite de 4,72 p. 100 d'acide carbonique); d, d'Ersby près Pargas, par Hermann; e, amorphe, blanche, de Gulsjô, par Hermaun (abstraction faite de 1,5 p. 100 d'acide carbonique).
a Oxxc. b OxycÈxe c d e Silice BEA3 98,87. 51,68 27,56 50,71 52,11 53,75 Alumine 29,23 43,61 29,30 13,65 },4 op 29,83 927,60 928,06 Oxyde ferrique » 116 10550) 4,63 à 0,55 0,3£
Ox. manganeux » 0,15 0,03 » » 0,26 Chaux 15,45 4, : 43,51 | 3,86 413,52 43,53 9,2% Magnésie » Ù 0,78 0,31 } 4,7% 2 17 » »
Soude » 1,46 0,38 | » 3,86 7,00 Potasse » 0,9% 016) » » 0,55 Perte au feu 4,07 0,82 1,89 0,73-00D36E 99,88 99,80 99,77 98,38 99,87 Densité : » 2,70 cn » 2, 69
Les quantités maxima de silice montant à 61,5 et 61, 6 p. 100 ont été trouvées par Berzélius, dans un cristal rouge à sur face rugueuse, d'une dur. — 5, de Sjôsa en Suède, et par Wolff, dans un gros cristal gris jaunâtre, faiblement translucide, mat, d'une dur. — difficilement fusible sur les bords, inattaquable par l'acide chlorhydrique, et provenant d’Arendal. Les matières volatiles contenues dans la meïonite, les diverses scapolites, le dipyre et la couseranite, ne peuvent être entièrement chassées qu'à la température du rouge vif (fusion de l'argent); c’est sans doute ce qui explique les varia-
EKEBERGITE. GLAUCOLITE. PARALOGITE. PASSAUITE. 251
tions dans la quantité de ces matières qu'accusent les nombreuses analyses rapportées ci-dessus.
La paranthineet les diverses variétés de scapolites sont presque toujours en cristaux quelquefois très-volumineux, à surfaces unies ou raboteuses et comme corrodées, plus ou moins luisantes, ou ternes par suite d'un commencement de décomposition. Ils se présentent engagés dans le granite, dans le calcaire saccharoïde et surtout au contact de ces deux roches, ou dans des couches de fer oxydulé. On les trouve principalement à Chursdorf et Wünschendorf en Saxe, dans le granite; aux carrières d'Ersby, de Storgärd, de Petteby, de Simonsby, de Lapilax près Pargas; à Bjerno, Pojo, Imbilax, Hirwensalo, Laurinkari etautres localités en Finlande; à Malsjo en Wermland; à Gouverneur, Etat de New-York; à Two Ponds, Warwick, à Greenwood Furnace, comté d'Orange, New-York; à Chelmsford (cristaux d’un violet pâle nommés chelmsfordite), à Littleton, Chester, Carlisle, Bolton et Boxborough en Massachusetts; à Franklin, Newton et Attleboro, New-Jersey; au Grand Calumet (masses lilacées), à Hunterstown (grands cristaux associés à du sphène), et à Grenville, Canada, dans le calcaire cristallin, le plus souvent accompagnés de grenat, d'épidote, de pyroxène, d’amphibole, et quelquefois d’apatite, de sphène, de zircon et de graphite; à Arendal et a Langsôe en Norwège; à Sjôsa en Suède, dans le fer oxydulé; à Garpenberg en Dalécarlie, dans le cuivre pyriteux; au Monzoni et au Toal della Foja, vallée de Fassa en Tyrol (cristaux blancs un . peu altérés à la surface, avec pyroxène vert et oligiste lamellaire); a Pftsch, dans le micaschiste {variété regardée comme meïonite, par M. Liebener).
L'Ekebergite (Sodaïte; Natrolite d'Hesselkulla), en masses lamellaires assez facilement clivables suivant deux directions rectangulaires, d'un vert grisâtre, à éclat gras, possédant une double réfraction énergique, se trouve principalement à Pargas en Finlande et à Hesselkulla en Suède.
La glaucolite en masses cristallines lamello-fibreuses, d’un bleu violacé, à éclat vitreux, offrant une double réfraction très-énergique à un axe négalif, ne s’est jusqu'ici rencontrée qu'aux environs du lac Baïkal en Sibérie, où elle est quelquefois accompagnée de Strogonowite.
La paralogite à l’état amorphe ou en grands cristaux de 4 pouce 1/2 de longueur sur 1/2 pouce d'épaisseur, se trouve engagée dans l’orthose qui fait partie du groupe des minéraux tels : que le Lazurapatit, la Kokscharowit, elc. associés à l’outremer du lac Baïkal.
La passauite {porzellanspath) se présente en masses blanches, compactes, mélangées de quelques parties fibreuses qui offrent des
232 DIPYRE.
traces de clivage dans deux directions rectangulaires et une double réfraction assez énergique à un axe négatif; on la trouve dans les mines de kaolin d'Obernzell près Passau en Bavière.
Le dipyre, qui paraît encore plus facilement altérable que la scapolite, est toujours cristallisé. On le trouve en longues baguettes plus ou moins fines à quatre ou à huit pans, souvent accolées en faisceaux droits, tantôt transparentes et légèrement jaunâtres ou verdâtres, tantôt translucides et rougeâtres, ou opaques et d’un blanc de lait; à cet état il est abondamment disséminé avec quelques touffes d’actinote fibreuse verte, quelques cristaux de quartz incolore et quelques lames de mica blanc argentin à un axe négatif, dans un calcaire saccharoïde blanc rosé formant des blocs isolés sur le mamelon métamorphique situé derrière le village de Pouzac près Bagnères-de-Bigorre, Hautes-Pyrénées: c'est ce même calcaire qui renferme, en quantité moindre, les {rès-petits prismes octogonaux surmontés d'un pointement à quatre faces, limpides et incolores. dont l'analyse a été faite par M. Damour. En divers points du mamelon de Pouzac on rencontre d'autres blocs d’un calcaire argileux jaune brunâtre, compacte ou grenu, qui renfcrme en abondance des prismes carrés minces et allongés, plus ou moins vitreux et translucides, grisätres, très-fragiles, associés à de nombreux cristaux de pyrite et d’actinote verte. Le dipyre se présente encore à divers états dans un petit îlot trèes-circonscrit, fréquemment inondé par les eaux du Saison sur la rive droite duquel il est situé, à quelques pas du moulin de Libarens et à 2 kilomètres environ de Mauléon, Basses-Pyrénées. Les échantillons les plus rares sont des prismes carrés de 2 à 3 millimètres de côté ou des faisceaux de longues aiguilles entourées d’une croûte blanche et terreuse, plus ou moins épaisse, mais vitreuses et transparentes à l’intérieur, fortement engagés dans des masses isolées d'un calcaire compacte ou srenu, jaunâtre, pétri de lamelles de mica blanc à un axe et de petits cristaux de pyrite; quelques blocs de ce calcaire renferment des prismes méfamorphosés en une sorte de Leuchtenbergite verdâtre et associés à des lamelles hexagonales blanches de la mème substance (chlorite hexagonale de Mauléon à un axe positif), ainsi qu'à des cristaux de quartz d'un blanc bleuâtre, translucides, ayant leur centre remplacé par une matière blanche talqueuse. Un autre calcaire très-caverneux et frès-micacé renferme dans ses cavités de longues baguettes de dipyre blanc à éclat soycux, presque entièrement recouvertes par de très-pelits cristaux de chaux carbonatée de formation postérieure. Enfin, au milieu d'une matière argilo-talqueuse grisâtre ou jaunâtre, onctueuse au toucher, se désagrégeant facilement dans l’eau, contenant beaucoup de mica blanc à un axe négatif et de l’actinote verte altérée, le dipyre se montre, tantôt fibreux, blanc et opaque, très-friable, formant une couche de 3 à 4 centim. d'épaisseur, à peu près horizontale, dans laquelle se rencontrent de nombreux cristaux fortement cannelés, vitreux, d'un
PREHNITOÏDE. COUSERANITE. 933
lilas clair, à double réfraction énergique, qui ont résisté à la décomposition, tantôt sous la forme de très-petits prismes octogonaux de la grosseur d'un grain de millet, très-fendillés, transparents, translueides ou opaques suivant leur degré d’altération, plus ou moins fragiles et très-abondamment répandus dans la pâte mème de l'argile; ce sont les plus purs de ces derniers échantillons qui ont été analysés par M. Delesse. Les blocs calcaires et la masse argilo-talqueuse dont se compose l'ilot de Libarens sont très-voisins des ophites et enclavés au milieu des schistes argileux dont les couches se dressent verticalement dans le lit même du Saison. Des prismes carrés blancs, très-fragiles, facilement fusibles en verre blanc bulleux, paraissant aussi appartenir au dipyre, se trouvent engagés dans un marbre blanc au-dessus des bains d’Aulus, département de l'Ariège. Comme l’avait indiqué autrefois J. de Charpentier, on rencontre encore de très-petits cristaux arrondis plus ou moins altérés, dans un schiste noir sur la rive droite du Lés, à peu de distance de la forge d'’Angoumer, vers le village de Luzenac, Ariége; enfin aux environsdu hameau de Loutrin près d’Angoumer, on observe dans des blocs de calcaire saccharoïde gris bleuâtre, avec de nombreuses pyrites et de très-petits prismes allongés de sphène brun, cités pag. 151, de gros cristaux ou des faisceaux cristallins blancs, soyeux, de dipyre fortement altéré quoique jouissant encore d’une double réfraction faible, analogue à celle que manifeste la variété des bords du Lés.
Le. prehnitoide a été rencontré tapissant de petits filons ou engagé dans une amphibole grossièrement cristalline entre Kinsberg et le Solberg en Suède.
La couseranite n’est connue jusqu'ici que dans les Pyrénées où elle paraît plus abondamment répandue que le dipyre. Tout près de Pouzac, au pied du mamelon d’ophite et de diorite situé sur la rive droite de la vallée de Bagnères-de-Bigorre, on la trouve en cristaux arrondis, vitreux, d’un noir bleuâtre, à double réfraction assez énergique, engagés dans un schiste noir d’où il est difficile de les extraire; en prismes courts, carrés ou octogonaux, quelquefois composés d’une partie blanche, vitreuse, brillante, et d'une partie noirâtre un peu plus terre, mais le plus souvent d’une couleur uniforme gris noirâtre, grise ou blanc grisâtre, possédant encore la double réfraction à un axe, quoique sensiblement altérés; ces prismes sont assez brillants sur les faces latérales, ternes dans la cassure transversale, plus ou moins fragiles, facilement fusibles en émail blanc et ils forment ca et là avec de l’actinote verte des nids peu étendus d’une sorte de magma, traversé par de petits filons calcaires, qui se désagrége aisément sous le marteau et mème sous le doigt. L'analyse de M. Pisani, faite sur les petits prismes noirâtres et répétée pour vérifier la proportion de silice et d’alumine, semble indiquer qu'il existe un passage entre la couseranite et le dipyre. C'est dans
Lea
23% COUSERANITE. NUTTALLITE.
le département de l’Ariége (ci-devant Couserans), que se trouvent les principales localités signalées par de Charpentier. Les cristaux les plus gros et les moins altérés, d’un noir foncé ou d'un noir bleuâtre, sont empâtés dans un calcaire noir très-pyriteux qui se montre au nord de la gorge de Saleix, petite vallée latérale de celle de Vicdessos; à la gauche de la route de Seix au pont de la Taule, à 2 kilomètres environ du village de Seix; au picou de Geu et au col de la Trappe, dans la vallée d'Erce. De longs prismes octogonaux d'un noir grisâtre ou d’un blanc grisàtre, plus ou moins altérés, se rencontrent aussi dans des caleaires gris ou blanchâtres aux environs du port d'Aulus qui sépare la vallée d'Aulus de celle de Vicdessos.
Outre l’altération qui les rend plus ou moins opaques et très-fragiles, tout en leur conservant une fusibilité facile, les cristaux de
couseranite, et peut-être ceux de dipyre, paraissent éprouver une:
transformation complète en une substance pseudomorphique grisâtre. Cette substance, vue au microscope, se compose d'une pâte amorphe parsemée de quelques points agissant légèrement sur la lumière polarisée; elle est faiblement translucide en lames minces, assez tenace, à poussière blanche, d'une dur. = 3, très-diffcilement fusible sur les bords en émail blanc et attaquable par l'acide chlorhydrique avec dépôt de silice pulvérulente; elle renferme
d’après une analyse de M. Pisani : Si 58,33 Al 20,20 Fe 1,90
Mg 7,20 Ca 0,99 K 8,82 Na 0,76 H 2,35 — 100,55. L'analyse a ne Bhia genie longs prismes carrés, ayant quelquefois 3 à 4 millimètres de côté, qui se trouvent à Pouzac: 6n en rencontre d’analogues à Gerde et à Argseles-dessus, près Bagnères-de- -Bigorre, dans des calcaires compactes plus ou moins argileux et pyriteux, jaunâtres ou grisâtres ; à Senlenac près Seix, Ariège, dans un calcaire tantôt compacte, dur, gris jaunâtre, tantôt cristallin et blanchätre, tantôt marneux et friable, blanc grisatre. :
On a quelquefois confondu avec la couseranite et vendu sous ce nom : 4° des cristaux d'orthose noire offrant le prisme primitif m p et les clivages rectangulaires-p, g', caractéristiques de ce feldspath, qui se trouvent, soit seuls dans des calcaires bitumineux de la partie supérieure de la vallée de Héas, Hautes-Pyrénées, soit associés à la couseranite dans les calcaires noirs des environs de Seix, Ariése; 2 de petits cristaux de hornblende noire disséminés dans des cal caires schisteux du cirque de Troumouse, au haut de la vallée de Héas; 3° des cristaux de quartz noir répandus dans certains çalcaires grisätres qu'on rencontre notamment aux environs de Pouzac et à la pointe du Ger, au-dessus des Eaux-Bonnes, vallée d'Ossau, Basses-Pyrénées.
La Nuttallite se présente en prismes carrés surmontés d'un octaèdre a! dont l'angle au sommet est de 415° 20’, ou en masses lamellaires facilement clivables suivant les faces latérales d'un prisme de
SCOLEXÉROSE. ATHÉRIASTITE. GABRONITE. 255
90° et difficilement suivant sa base; elle est translucide et transparente en lames minces et elle possède une double réfraction assez énergique. Gris de cendre, gris verdâtre ou noir grisâtre.. Eclat naeré où gras. Dur. —5,5. Dens.— 2,74 à 2,78. On l'a trouvée en Norwège; à Bolton, Massachusetts, et à Diana, New-York.
La scolexérose séparéepar Beudant des autres Wernérites, venait de Pargas en Finlande.
Les cristaux de paranthine, en s'allérant comme le dipyre et la couseranite, donnent naissance à divers produits simplement hydratés ou complétement pseudomorphiques dont voici les principaux.
Athériastite; Weibye. Prismes carrés ou octogonaux courts et épais, terminés par l'octaèdre a! dont l'angle sur une arète culminante est de 135° environ; masses lamellaires ou grains arrondis facilement clivables suivant les faces du prisme m. Les faces des cristaux sont unies mais ternes. - Cassure écailleuse. Opaque. Vert de gris un peu sale. Poussière gris verdâtre. Mate ou faiblement luisante dans la cassure. (Les échantillons désignés sous le nom d’athériastite, dans la collection de M. Adam et dans celle de l'Ecole des mines, sont fortement translucides et mème transparents en lames minces; ils possèdent une double réfraction trèsénergique à un axe négatif et ressemblent à une belle Ekeberoite non altérée). Au chalumeau l’athériastite se gonfle et fond très-facilement en un verre brun foncé. La poudre fine n’est que faiblement attaquée par l'acide chlorhydrique. On la regarde, d'après l'analyse de M. Berlin, comme une scapolite hydratée.
On l'a trouvée avec grenat noir et Keilhauite, au milieu des roches granitiques, dans une mine de fer (Näsgrube) près d'Arendal. Suivant Hausmann, il est probable qu'il y a identité entre l’athériastite et les cristaux d'un vert obscur, à cassure presque terne et compacte, décrits par Haüy sous le nom de Wernérite.
Gabronite; Haüy. Gabbronit; Schumacher. Masses lithoides offrant quelquefois des indices de structure lamellaire. Clivages difficiles dans trois directions rectangulaires, deux formant un prisme carré à faces passablement miroitantes et d'aspect fibreux, le troisième, une base ondulée et vitreuse. Dufrénoy cite deux autres clivages qui auraient lieu suivant les plans diagonaux du prisme. Cassure écailleuse. Des lames excessivement minces parallèles au clivage vitreux offrent au microscope polarisant une pâte à peine translucide ou opaque, parsemée de quelques points plus transparents qui possèdent une double réfraction faible à un axe négatif. Eclat gras. Gris sale; gris verdâtre ou jaunâtre. Dur. = 5,5 environ. Dens.—2,74. Au chalumeau, fusible en verre opaque. Soluble dans l'acide chlorhydrique. Peut être regardée comme un dipyre dans lequel toute la chaux serait remplacée par de la soude.
Se trouve à Kenlig près d'Arendal, associée à de la hornblende et
236 WILSONITE. ALGÉRITE. TÉRÉNITE. DIPYRE DU MEXIQUE.
à Fredrikswärn en Norwège, engagee dans une syénite et pénétrée par des lames de fer oligiste.
Wilsonite; Hunt. Masses lamellaires facilement clivables sui- :
vant les faces d'un prisme carré. Cassure inégale. Faïblement translucide en lames très-minces parallèles aux clivages; presque opaque, même en lames excessivement minces normales aux deux clivages. Les premières montrent au microscope, à l’aide d’un assez fort grossissement, quelques fibres droites jouissant d’une faible double réfraction, au milieu d’une pâte sans action sensible sur la lumière polarisée. Eclat vitreux, quelquefois nacré sur les faces de clivage. Rougeâtre; rose rouge; rouge fleur de pêcher. Dureté très-variable suivant les échantillons et mème suivant les diverses parties d’un même échantillon, mais généralement comprise eutre celle du calcaire et celle de l’apatite. Dens. — 2,76 à2,77. Au chalumeau, dégage de l’eau, blanchit, devient opaque et fond avec bouillonnement en émail blanc. La forme cristalline, l’absence de double réfraction et la faible dureté semblent bien prouver que la Wilsonite est une scapolite profondément altérée. Elle est souvent traversée par de petits filons de calcaire. On l’a trouvée avec apatite, calcaire et pyroxène, à Bathurst, Canada occidental.
Algérite; Hunt. Prismes carrés minces et allongés à surfaces rugueuses. Translucide ou opaque. Blanc grisàtre ou jaune de miel. Dur. = 2,5 à 4. Dens. — 2,78. Dans le matras, la pouûre légèrement jaune, brunit et dégage de l’eau faiblement alcaline. Au chalumeau, fond en verre bulleux. Complétement soluble dans un - mélange d'acide sulfurique et d'acide chlorhydrique. Les diverses analyses connues jusqu'ici présentent peu d'accord entre elles et on peut conclure de leurs résultats, ou qu’elles n'ont pas toutes été faites sur des matériaux bien purs, ou que l’Algérite, par son état évident d’altération, n’est pas susceptible d'offrir une composition bien définie. Les cristaux sont engagés dans un calcaire lamellaire à Franklin, New-Jersey.
Térénite; Emmons. Prismes carrés clivables parallèlement à leurs faces et à leurs plans diagonaux. Blanc jaunâtre ou blanc verdâtre. Eclat faiblement nacré. Fragile. Dur. = 2. Dens: — 2,5% Présente tous les caractères d'une scapolite altérée. Forme de petites veines dans un calcaire grenu blanc, à Antwerp, comté de Saint-Laurent, New-York.
Le nom de térénite avait été donné autrefois par d’Aubuisson, à un schiste argileux tendre, terreux, et imparfaitement feuilleté.
Diprre du Mexique. Longues baguettes carrées ou octogonales accolées en faisceaux divergents qui ressemblent assez à une scapolite bacillaire altérée. Cassure raboteuse et très-inégale. Presque complétement opaque, translucide seulement dans quelques parties qui deviennent suffisamment transparentes en lames très-
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MICARELLE. PSEUDO-SCAPOLITE. 257
minces pour manifester une double réfraction faible à un axe négatif. Eclat vitreux prononcé sur les faces latérales des cristaux; terne dans la cassure. Blanc grisâtre faiblement rosé. Dureté variant de 4 à 6 suivant la place essayée. Au chalumeau, blanchit et fond difficilement sur les bords en émail blanc. Ne s'est trouvé jusqu'ici qu'a Zimapan au Mexique, en masses bacillaires pénétrées en tous sens par de petites lamelles excessivement fines d'un mica blanc argentin possédant deux axes écartés d'environ 25° et par des filons de pyrite cristallisée ayant quelquefois emprunté la forme des baguettes cristallines elles-mêmes.
Scapolite noire, d'Arendal. Cristaux sans clivages, d'un noir grisâtre, très-tendres. Dens. — 2,837. Donne de l’eau dans le matras et, au chalumeau, fond difficilement sur les bords. L'analyse annonce une matière tout à fait pseudomorphosée. Il en est de même pour une masse argileuse jaune rougeûtre de Malsjô en Suède, où l’on retrouve encore quelques indications de la forme de la scapolite, dont la dens. — 2,1 et qui s’est transformée en un silicate
d'alumine, contenant d’après Suckow : Si 53,32 Al 44,65 .Fe et