LS
ALLANITES. 255
leur intersection mutuelle. Opaque ou faiblement translucide en James très-minces. Eclat vitreux assez vif sur p, moins yif sur a? et sur h!, terne sur les autres faces et dans la cassure. Brun rouge; rouge cerise plus ou moins foncé. Dichroisme à peine sensible à la loupe dichroscopique. Poussière rouge cerise. Excessivement fragile. Dur. —6,5. Dens. — 3,404 (Breithaupt). Au chalumeau, fond facilement avec bouillonnement en une perle noire, brillante. Avec le borax, donne la réaction irès-prononcée du manganèse. Inaïtaquable par les acides.
Composition assez variable, suivant la pureté des échantillons examinés, mais se rapportant à une épidote dans laquelle une quantité variable d’alumine et d'oxyde ferrique est remplacée par de l’oxyde manganique; la formule peut s’écrire :
Cas, Pa, Si: R — (A, Fe, Mn).
Analyses : a, par Sobrero; d, par Hartwall; c, par Geffken; d, par H. Deville. :
Ge 6 ts d Silice 37.861 138,470 36870 | 5708 Alumine 46,30 47,65 41,76 15,9 Oxyde ferrique 8,23 6,60 40,34 4,8 Oxyde manganique 24,45 14,08 18,25 49,0 Chaux 13,22 21,65 : 9278 92,8 Magnésie » 4,82 » 0,2 Ox. d’étain et de cuivre 0,10 » » »
D'après M. Rammelsberg, la poudre fortement calcinée, perd 2,16 p. 100 de son poids et fond en un verre jaune brunâtre qui se dissout complétement en faisant gelée dans l'acide chlorhydrique.
La piémontite ne s’est trouvée jusqu'ici qu'a Saint-Marcel, vallée d'Aoste en Piémont, en cristaux FOUJOUrS très-allongés, mais dont la dimension transversale varie de + à 4 ou 5 millimètres. Ils sont engagés au milieu d’un quariz compacte d’où leur extrème fragilité permet difficilement de les extraire entiers, dans un filon de braunite silicifère, avec Greenovite, irémolite blanche tachetée de violet et violane d’une couleur violette plus ou moins foncée; j'ai reconnu sur de longs prismes éclatants, d’un gris violacé, qu'on peut considérer comme de la violane très-pâle, les formes m kg! gg”, et les propriétés optiques du pyroxène.
GROUPE DES ALLANITES.
Nous désignerons sous le nom d’Allanités, une série de silicates anhydres caractérisés par des formes très-voisines de celles de l’épi-
256 CÉRINE. ALLANITE.
dote, par une couleur noire et par une composition qui, outre la silice, l’oxyde de fer et la chaux, présente encore au nombre de ses éléments essentiels, une quantité très-notable d'oxyde de cérium et des métaux qui l’accompagnent. Il est possible que lorsqu'on aura étudié plus complétement toutes ces substances on arrive à les diviser en deux ou trois espèces, car les unes sont régulièrement eristallisées et possèdent la double réfraction à deux axes, les autres quoique se présentant encore quelquefois sous la forme de cristaux plus ou moins nets sont dépourvues de double réfraction et agissent sur la lumière polarisée à la manière d’un verre absolument amorphe; de plus, quelques-unes d’entre elles résistent à l’action des acides, le plus grand nombre s’y dissout complétement.
j° Allanites douées de la double réfraction (1).
En l’absence de mesures très-précises que ne permet pas d’obtenir l'imperfection habituelle des cristaux, on peut admettre que les dimensions de la forme primitive sont les mêmes que pour l’épidote. Les combinaisons observées sont : m hÿ h'p a! a!3, fig. 123 pr XXI (cérine de la mine de Bastnäs près Riddarhytta en Suède,
d’après M. G. Rose); mhtp d'°? b?bt#, fig. 124 (Allanite du Groënland, d'après M. Haidinger); p h' a (Allan te d'Hitteroe).
Les angles mesurés par MM. Rose, Haidinger et Des Cloizeaux, sont :
ALLANITE ALLANITE CÉRINE. RTE ù ane DU GROËNLAND. D'HITTEROEmm 10° en avant. » »
[ pat ant, )» 416° 415027!
pal adj. » 415 116°8/ ai ht adj. 428° 4290 4128025 d12m adj. » 456045" »
bl2madj. » 45100” »
biltm adj. » 16k4°30/ »
F dtBR ant. » 133°30/? »
| 61271 adj. » A09c0" »
Les cristaux n’offrent ordinairement que les faces de la zone p! et il est excessivement rare d'en rencontrer dont les sommets ne soient pas brisés. La cérine de Bastnäs présente souvent des macles
(4) Examen des propriétés optiques et pyrogénétiques des minéraux connus sous les noms de Gadolinites, Allanites, orthites, euxénite, tyrite, yttrotantalite et Fergusonile, par MM. Des Cloizeaux et Damour. Annales de chimie et de physique, 3e série tom. LIX.
CÉRINE. ALLANITES.
par hémitropie autour d’un axe normal à Z!. Clivage indistinct suivant p et k!, d'après Haïidinger, dans l’'Allanite. Cassure plus ou moins parfaitement conchoïdale. Opaque en masse; translucide ou transparente en lames très-minces. Eclat vitreux où résineux. Noire en masse; brun rougetre (cérine), gris brunâtre, gris verdâtre ou brun foncé (Allanite) en lames minces. Poussière brun chocolat (cérine); gris verdâtre (Allanites de Brodbo, d'Hitteroe, d'Aliursuk, de Monroe). Donnant à la loupe dichroscopique deux images de teintes plus ou moins différentes. Fragile. Dureté variant de 5 à 6 environ. Dens. — 3,77 à 3,80 (cérine); 3,37 à 3,56 {Allanite).
Dans le matras dégage des traces d'humidité. Au chalumeau, fond sans gonflement et avec un bouillonnement plus ou moins fort, en un émail noir magnétique; l’Allanite de Monroe est incandescente. La cérine, inattaquable par l'acide chlorhydrique avant d'être caleinée, s'attaque facilement après calcination (Damour). Divers échantillons d'Hitterde, d'Aliursuk, de Monroe, se dissolvent en donnant de la silice floconneuse; d’autres de Monroe, d'Ivikaët, d’Alluk, d'Arendal, d’Atanarme, font gelée avec l'acide chlorhydrique.
Suivant que l’on admet avec Hisinger ou avec Scheerer que le fer se trouve à l’état de protexyde ou à l’état de peroxyde, la formule de la cérine de Bastnäs peut s’écrire :
R?, AP, Si ou R,R, SP, R—({Ce, Ca, Mg) R— (Al, Fe); la seconde est précisément celle de l’épidote.
Analyses de la cérine de Bastnäs, a, par Hisinger, bd, par Scheerer :
a Oxvcèe Ra. b Oxyceëne Rap.
Silice 30,17 46,09 3 32,06 17,09 3 Alumine 41,31 5,21 1. 6,49 302);06 2 Oxyde ferreux 20,72 &,60 Fe25:26 0758) 770 Oxyde céreux ) 23,80 J 9Q , t 2
Ox. de lanthane et de didyme $ 2219 17/1057 2 0 is | 388 Chaux 2912002160 8,08 92,30( 6,63 À Magnésie Cu 0,87 4,16 0,45 :
Eau » . 0,60
2° Allanites dépourvues de la double réfraction, ou dont les propriétés optiques n’ont pas été déterminées.
Des échantillons indiqués comme provenant d’Alluk, d'Iglorsoit ct d'Ivikaët en Groënland, se présentent quelquefois en cristaux rappelant la forme générale de l’épidote. J'ai observé sur des cristaux assez nets d'Ivikaët, la combinaison h! p a? a?” aï, avec les incidences approximatives :
258 ALLANITES.
phi 4145 à 416° en ayant pa? adj. 4450 à A&6° pa? adj. 400° à 4040 pal? adj. 90°
| at2ht adj. 154°
Cassure conchoïdale, quelquefois unie et indiquant une structure feuilletée. Opaque en masse; plus ou moins transparente en lames minces. Des Allanites d'Ivikaët, d'Alluk, d'Iglorsoit, d'Arendal et d’Atanarme en Norwège se sont montrées sans action sur la lumière polarisée. Eclat vitreux très-prononcé. Noire en masse, dans la cassure. Brun jaunâtre, brun verdâtre ou brun grisätre en lames minces. Poussière grise à peine verdâtre (Allanites d'Ivikaët, d'AIluk, d’Iglorsoit, d'Arendal, de Monroe). Fragile. Dur. = 5 à 6. Dens. 3,63 à 3,82.
Dans le matras, dégage un peu d'humidité. Au chalumeau, l’Allanite d'Ivikaët fond avec bouillonnement et sans gonflement en émail noir; celles d’Alluk, d'Iglorsoit en Groënland, d’Arendal et d’Atanarme en Norwège, se gonflent beaucoup et se transforment en une malière poreuse, grise, fusible en scorie ou en émail noir magnétique; les Allanites de Bygdin-Vand au Jotun-Fjeld, du Fille- Fjeld et de Snarum en Norwège, dont je n’ai pas été à même d’examiner les propriétés optiques, fondent avec un faible bouillonnement en un verre noir; celles du Jotun-Fjeld et du Fille-Fjeld sont incandescentes. Une variété de Snarum, d’après Scheerer, est inattaquable par les acides; les autres variétés s’y dissolvent.
La formule la plus probable est celle qui indique que l'oxygène
de la silice est double de celui de chacune des bases R et À et qui peut s’écrire :
R,R, Si; R— (Fe, Mn, Ce, La, Di, Ca, Mg) R — (AL, Fe). Analyses de l’Allanite : «, d’un noir brunâtre, de Snarum (moyenne
de deux opérations); b, noire, du Fille-Fjeld; c, noire, de Bygdin- Vand (moyenne de deux opérations), toutes par Scheerer.
a à c Silice 31,88 34,93 34,92 Alumine 45,95. 44,26 45,90 Oxyde ferreux 45,35 14,90 44,98 Oxyde manganeux » (SAT Oxyde céreux 13,73) 0, 3 «13,84 Ox. de lanthane et de didyme 7,80) ? 5,80 Ytiria » 4,94 » £haux 41,50 40,42 41,96 Eau "11% 0,52 0,51
99,87 400,08 99,64 Densité : 3,79 3,632 3,65 3,53à3,54
ORTEITES. 259
La cérine se trouve en petites masses crisftallines engagées au milieu de la cérérite avec bismuthine, actinote fibreuse verdâtre, etc., à la mine de chalcopyrite de Bastnäs près Riddarhytta en Suède. L’Allanite en longs cristaux toujours assez rares ou en petites masses vitreuses est engagée dans le granite, la syénite zirconienne, leporphyre et quelques autres roches feldspathiques ou albitiques, à Aliursuk, Alluk, Iglorsoit et Ivikaët, sur les côtes du Groënland; à Hitteroe, à Snarum, au Fille-Fjeld, au Jotun-Fjeld, à Arendal, à Aitanarme, en Norwège; à Brodbo en Suède; à Monroe comté d'Orange, New-York.
On peut supposer que les variétés dépourvues de la double réfraction ont été formées à l’état pâteux et que quelques-unes d’entre elles se sont déposées dans des moules fournis par des cristaux d’épidote.
GROUPE DES ORTHITES.
Nous réunirons provisoirement dans ce groupe, de nombreux minéraux qui offrent les plus grandes analogies avec les Allanites, dont ils ne diffèrent que parce qu'ils renferment une proportion d’eau et de matières volatiles pouvant varier de 2 à 17 p. 400. Ces minéraux doivent être divisés, comme les Allanites, en substances biréfringentes et en substances monoréfringentes.
4° Orthites possédant la double réfraction.
Formes cristallines semblables à celles de l’épidote et de l’Allanite. L’ouralorthite est la variété qui a offert jusqu'ici les cristaux les plus nets; elle a donné à M. de Kokscharow les mesures suivanies :
mm 409 de côté | pb1? adj. 10488!
bl2m adj. 480°58 paë? adj. 434°20' b1512 456°39/ di hi adj. 128°32/ : b12B12 10848’ sur gi [ pd12 197040" d12h3 adj. 155°38" | pbt adj. 428046’ d'1251 12930! à 40! sur gt
M. Nordenskiôld a obtenu sur des cristaux de Laurinkari en Finlande :
doi 45017! bl2m adj. 450°40!
Dai2 154034! ab1? adj. 125°25' ai m adj. 411020"
Les combinaisons de formes observées sont : mh'pal; mhpat b2; m h! p d? a! LL) h! p a! d’'/2 DH: m h! p a! d'/?2 b12 DU: m h! p d e? 472 bi bre; m h1 hp d? ai: m h! Rp a! d12 (AE m h1 h° p da? dE b?, fig. 492 pl. XXI, mhipaa'æetbib/?b#, Les cris-
260 ORTHITES.
taux sont généralement allongés dans le sens de la diagonale horizonfale et ils ont rarement l'aspect symétrique de la fig. 122. Macles par hémitropie autour d’un axe normal à h!'. Clivages indistincts suivant p et L!, d'après Haidingér; on remarque quelquefois une structure imparfaitement feuilletée dans le sens de 2!. Cassure conchoïdale ou inégale. Opaque en masse; plus ou moins transparente en lames très-minces. Différence plus ou moins tranchée entre les teintes des deux images produites par la loupe dichroscopique. Eclat vitreux, quelquefois résineux ou imparfaitement métalloide, surtout dans la cassure; souvent terne sur les faces des cristaux. Noire en masse; en lames très-minces, gris verdàtre ou brun rougeûtre (ouralorthite); gris brunâtre (Snarum); brun verdâtre, brun grisâtre ou brun rougeûtre (Hitterôe); gris bruvâtre (Fahlun). Poussière gris verdâtre ou gris jaunâtre. Fragile. Dureté variant de 4 à 6 environ. Dens. = 3,1 à 4; 3,41 à 3,65 (ouralorthite).
Dans le matras, l’ouralorthite et diverses orthites de Snarum et d'Hitteroe donnent un peu d'eau sans changer notablement d'aspect. Au chalumeau elles fondent avec un bouillonnement plus ou moins fort en scorie ou en émail noir magnétique; la variété de Snarum se gonfle et fond difficilement. Un échantillon d'Hitteroe et un autre de Fahlun donnent beaucoup d’eau dans le tube en devenant gris; le premier se gonfie un peu au chalumeau et fond facilement en une scorie noire magnétique, le second manifeste une légère incandescence, blanchit et fond sur les bords en émail blanc. Un autre échantillon indiqué comme d'Hitterde donne de l’eau en médiocre quantité et devient grisàtre sans gonfler beaucoup; au chalumeau, il fond très-facilement au premier coup de feu en un émail brunätre qui devient noir, éclatant, faiblement magnétique, par une calcination prolongée. D'après Hermann, l’ouralorthite avant d’être calcinée s'attaque complétement par lacide chlorhydrique; après calcination, l'attaque est incomplète.
Les orthites de Snarum, d’'Hitterôe, de Miask (donnée comme Tschewkinite), essayées par M. Damour font toutes gelée avec l’acide chlorhydrique; un seul échantillon d'Hitterôe s’est dissous en laissant de la silice floconneuse.
La plupart des analyses dans lesquelles on a dosé les deux oxydes de fer paraissent conduire à la formule du grenat,
R',R, SS danslaquelle R—(Fe, Mn, Ce, La, Di, Y, Ca, Mg}et R = (Al, Fe).
Analyses : de l'ouralorthite de Miask (désignée souvent comme Tschewkinite), a, b, par Hermann; c, par Rammelsberg: d, par Schubin; d'une orthite d'Hitteroe non incandescente, accompagnée de Gadolinite, e, par Scheerer; d’une autre orthite d'Hitteroe, f, par Scheerer (les deux oxydes de fer ayant été dosés par Rammelsberg sur une variété analogue, d'une dens. — 3,546).
ar
GRTHITES. 261
a b € d e Î Oxyde ferreux 43,03 6,24 7,90 20,65 44,76 8,30 Oxyde manganeux 2,31 » » . 2,88 1,12 »
Oxyde céreux 10,85 44,79 ) 9,45 47,70 jrs ï 21,38 e 20,50 Ox. de lanthane et de didyme 6,54 ‘7,66 À" ? 6,90 2,34 ? Yttria » » » 0,95 0,35 4,45 Chaux 9,95 - 40,20 9,28 7,10 41,18 19/22 Magnésie 206. 24,08: 0,95 111453010650 018 Potasse » » Cn0,13 Ti4,65 0,76 | 0,65 Perte au feu 2,00 ASC SN DOM 29 51 3,38
Densité : » 3,55 3,627 D GS) 3,373
M. Damour a trouvé pour ia perte au feu de quelques variétés biréfringentes :
5,20 p. 100 orthite cristallisée d'Iitteroe 4,31 » id. amorphe id.
3,04 » ouralorthite de Miask.
2° Orthites sans action sur la lumière polarisée, ou dont les propriétés optiques n’ont pas été examinées.
Les seuls cristaux que j'aie rencontrés de cette variété proviennent de Narksak el de Fiskenæs au Groënland; leur forme rappelle celle de l’épidote et j'ai pu ÿy mesurer un angle de 415°: correspondant à celui des faces p h!, dans ce minéral. Les autres échantillons de Buon près d’Arendal, d'Arendal, de Skeppsholm près Stockholm, de Stockholm et du pare de Stockholm, ne m'ont jamais offert que des masses amorphes. Cassure conchoïdale ou esquilleuse. A l’exception d’une orthite noire d’Arendal, les variétés de toutes les localités que je viens de nommer, réduites en lames minces, sont généralement plus transparentes que les orthites biréfringentes. Eclat vitreux souvent très-vif, quelquefois un peu gras. Les lames minces sont d’un gris verdâtre enfumé (Narksak); d’un gris brunâtre {Buon); d’un brun gris verdâtre ou d’un gris verdâtre foncé (Arendal) ; d'un gris bronzé (Skeppsholm); d'un vert grisâtre ou d’un gris pâle, verdâtre par places (Stockholm); d’un vert brunâtre (parc de Stockholm). Poussière gris verdâtre ou brun verdâtre clair. Fragile. Les orthites de Buon et d’Arendal possèdent à peu près la mème dureté que les variétés douées de la double réfraction; celles de Narksak, de Fiskenæs et de Stockholm sont plus tendres. Dens. — 3,20 à 3,83. :
Dans le matras, les variétés de Narksak, de Fiskenæs, de Buon et du parc de Stockholm, dégagent de l’eau, se gonflent beaucoup et se transforment en une scorie grise : l’orthite noire d’Arendal décrépite,
262 ORTHITES.
donne beaucoup d’eau et gonfle énormément, sans incandescence : une orthite de Stockholm qui paraît formée d'éléments hétérogènes se comporte de la même manière, mais sans décrépiter; au chalumeau, elle se gonfle beaucoup en se tordant et forme une scorie légère, fusible en émail noir magnétique : la plupart des autres variétés fondent facilement avec bouillonnement et gonflement plus ou moins marqué, en scorie ou en émail noir plus ou moins magnétique : l’orthite noire d’Arendal se gonfle et commence à fondre à la
simple flamme de l'alcool; au chalumeau, elle donne un émail
noir très-magnétique : un échantillon indiqué comme de Norwège devient gris et fond difficilement en scorie brunâtre magnétique. Suivant Credner, une orthite de Schwarzer Krux près Schmiedefeld dans le Thüringer-Wald, en partie cristallisée sous la forme de l’épidote, très-peu hydratée, fusible avec un faible bouillonnement en une boule noire, est inattaquable par les acides; il en est de même, selon Bahr, pour une orthite jaune d’'Eriksberg à Stockholm; mais en général, les orthites s’attaquent facilement : d'après . les essais de M. Damour, les orthites monoréfringentes du parc de Stockholm, d’'Arendal, de Norwège? de Narsak et de Fiskenæs font gelée avec l’acide chlorhydrique.
Analyses de l’orthite: a, de Schwarzer Krux près Schmiedefeld, par Credner; b, de Weinheim, duché de Bade, engagée dans la syénite, fusible en une masse d’un noir brunâtre, par Stifff; c, noire, d'East Breadford, comté de Chester, Pennsylvanie, se gonflant beaucoup au chalumeau, fusible en une boule brun noirâtre, attaquable par les acides, par Rammelsberg; d, du comté d'Orange, New-York, fusible avec bouillonnement, attaquable, par Genth; e, de Werchoturie, Oural (regardée autrefois comme Bucklandite), fusible en scorie noire, par Hermann; j, de Tunaberg, Suède, d’un vert noir, devenant mate et prenant l'aspect d'un émail vert clair par la calcination, fusible au chalumeau avec gonflement et bouillonnement en une scorie vert bouteille, par A. Erdmann; 9, d'Iglorsoit, Groënland (désignée ordinairement comme Allanite), atta-
quable, par Stromeyer. .
a c d e f g Silice 37,55 32,19 31,86 32,20 32,46 37,26 33,02 Alumine 45,99 44,67 146,87 42,00 48,09 48,17 45,22 Oxvyûe ferrique » » 3,58 6,35 » » »
Oxyde ferreux 16,83 14,74 12,26 40,55 493,84 7,64 45,10 Oxyde manganeux 0,23 » > 0,51 » 0,55 0,40 Oxyde céreux 3,19 | 21,27 45,36 6,77 Oxyde de lanthane + 22,34 » 15,60 21,60 .
et de didyme 9,30 \ 2,40 8,84 9,16 Xttria 0,56 2,42 » » 4,50 2,21 »
Chaux 43,60 9,68 40,15 915 43,48 46,87 41,08 Magnésie 0,22 4,20 167 0,84 4,02 » »
DR à TE Lode o
ORTHITES. ‘ 263
a o) c d e 1 g Potasse » 0,H4 0,18 » >» »
Soude » 0,34 » 1,00 » » »
Eau 4,80 2:67 A, 44 4,94 3,40 246 3,00
99,27 401,20 401,17 98,89 400,02 400,46 99,42 Densité : 3,19 3,44à3,47 3,535 3,182 3,48à3,66 3,193 »
Analyses de l’orthite : k, du Thiergarten près Stockholm, par Berlin; 2, d'Ytterby en Suède, par Berlin; ÿ, de Gottliebssang près Finbo (moyenne de deux opérations), par Berzélius; k#, noire, compacte, de la mine Näsgrube près Arendal, par Zittel; 7, de la même localité, attaquable avec dégagement de chlore, par Forbes; m, du Solberg près Vexid en Suède, enveloppant de l’épidote bacillaire, par Blomstrand; n, jaune, du château d'Eriksberg à Stockholm, inattaquable, par Bahr.
k è ñ k l m ñ Silice 33,05 33,60 32,09 32,70 31,03 33,25 32,93 Alumine 45,29 42,58 44,80 47,44 9,29 44,74 45,54 Oxyde ferrique » » » 16,26 G3:71 44,30 »
Oxyde ferreux 46,64 43,48 12,41 » 20,68 » k,21 Oxyde manganeux 4,58 » 3,38 0,34 0,07 … 4,08 0,39 Oxyde céreux 3,92 6,74 Ge14,51 Oxyde de lanthane :20,55 4,56 49,98 20,04
et de didyme 15,44 4,75 »
Ytiria 418 20,83 3,16 » » 0,69 0,59 Chaux 10,18 9,59 7,90, 41,24 6,68 42,04 6,76 Magnésie » 4,60 » 0,90 2,06. 0,74 "9,15 FIRE TN ER ARR 0,54 0,90 0,29 »
Soude Di AVE » 0,24 0,56 0,14 »
Perte au feu 1,24 3,34 5,36 2,15 42,24 8,22 17,55.
mm ———
99,74 400,20 99,08 404,71 98,74 400,00 400,13 Bensité : > » » » 2,86a2,93 3,17 »
* Diverses orthites sans double réfraction ont fourni à M. Damour les pertes au feu suivantes :
2,41 p. 100 orthite de Norwège?
ZA bl -140 orthite vitreuse (Gadolinite orthite), d’Arendal. 3,450 D orthite vitreuse (Gadolinite orthite), d’'Ytterby. 5,52 » orthite de Buon près Arendal.
40,78 » orthite de Stockholm.
On a désigné sous le nom de xanthortite, une variété noire du Kullberg à Stockholm, contenant une forte proportion d’eau et d'acide carbonique; son analyse a donné à M. Berlin :
Si A1 Fe Mn(Ce,La,Di) Ÿ Ca Mg H C 27,59 6,14 146,04 1,55 11,75 2,12 2,98 B,94 44,86 6,74 — 400,55
264 ‘ PYRORTHITE.
La pyrorthite de Kärarfvet près Fahlun, en longues baguettes noires, ternes à la surface, à éclat gras dans la cassure, donne dans le matras beaucoup d’eau empvreumatique; chauffée sur le charbon, elle prend feu et continue à brûler jusqu’à transformation complète en une matière blanche, très-poreuse, fondant difficilement en une perle noire. L’acide chlorhydrique l'attaque avec séparation de silice et d’une matière charbonneuse. Berzélius a trouvé pour sa composition :
STE Ur) Mn. Ge V0 Cat OH
Les diverses variétés d’orthite sont plus abondamment répandues que l’Allanite, mais Icurs cristaux sont toujours excessivement rares; le plus ordinairement elles se présentent en baguettes allongées et aplaties ou en masses plus ou moins considérables engagées dans les granites et les syénites. L'ouralorthite dont beaucoup d'échantillons ont été vendus comme Tschewkinite se trouve en cristaux de grosseurs très-variables ou en masses amorphes, aux environs du lac Imen, près Miask. Une orthite, qui avait d'abord été regardée comme de la Bucklandite par G. Rose, se présente en cristaux de 2 ceutim. environ de longueur, près de la ville de Werchoturie dans l’Oural; les autres localités qu'on peut citer sont : Narksak, Iglorsoit et Fiskenæs, au Groënland; Jussaro et Aengshôlms, paroisse de Pojo, Stansviks, paroisse d’ Helsinge, Nordsunde viks, île de Kimito, et Laurinkari près Abo, en Finlande; Snarum, Hitterôe et Arendal, en Norwège; les environs de Fahlun, Yiterby, Vexiô, Tunaberg et Stockholm, en Suède; Schwarzer Krux près Schmiedefeld dans le Thüringer-Wald ; Weinheim, duché de Bade; East Breadford, comte de Chester, le comté de Berks, et Bethlehem, comté de Northampton, Pennsy lvanie ; West Point près New-York; le comté d'Orange, New-York; Moriah, New-Jersey ; la baie de Saint- Paul. Canada.
D’après les essais que nous avons faits, M. Damour et moi, ce sont en général les orthites les moins hydratées qui jouissent de la double réfraction, tandis que celles qui renferment beaucoup d’eau paraissent, à quelques exceptions près, dépourvues de cette propriété; mais la présence d’une plus ou moins grande quantité d’eau ne suffit pas pour expliquer les différences que l’on observe dans les propriétés optiques des diverses variétés, puisque ces différences se retrouvent dans les Allanites anhydres. Il est probable que les Allanites et les orthites présentent, comme le quartz, deux états moléeulaires dont l’un constitue les variétés biréfringentes et l'autre les variétés monoréfringentes; seulement, la forme des premières étant à peu près identique à celle de l’épidote, les secondes ont pu fréquemment se substituer ou même venir s'ajouter à des cristaux de ce minéral : on sait en effet, d’après les observations de MM. Nordenskiôld et Blomstrand, qu'il existe à Sillbohle en Finlande et près de Vexiô en Suède, des cristaux d’orthite contenant au centre un
BAGRATIONITE. BODÜNITE. 265
noyau d'épidote bacillaire, et des cristaux d'épidote renfermant un noyau d'orthite.
La Bagrationite est considérée par M. de Kokscharow comme une variété d'orthite. Les cristaux offrent la combinaison des formes, M h! p 0° a @& a! a!? d'b'? 4, de l'épidote, voy. fig. 121 pl. XXI. Les faces Àt, a!, al? sont très-unies et miroitantes ; m, 0? et b*2 sont brillantes, mais un peu ondulées; p, a, a?, d' ont peu d'éclat, et w est tout à fait terne. La mesure des incidences a donné à M. de Kokscharow :
mh1 195025 pm antér. 4048 b2 71 adj, 111094 a?) adj. 99040’ 61201 adj. 425°57 Ë a ai adj, 45102!
Ces nombres sont très-voisins des angles correspondants de l'épidote. Cassure inégale; conchoïdale dans les petits fragments. Opaque. Eclat vitreux prononcé sur les faces latérales des cristaux, imparfaitement métallique sur la base. Noire. Poussière brun foncé. Dur. — 6,5. Dens. — 3,84. Ne dégage pas d'eau dans le matras. Au chalumeau, se gonfle et fond avec bouillonnement en une perle noire, brillante, magnétique. Avec le borax, au feu d'oxydation, se dissout facilement et donne un verre orangé à chaud, vert bouteille à froid. Dans le sel de phosphore, se dissout plus difficilement et laisse un squelette de silice. La poudre ne s'attaque ni par l'acide chlorhydrique, ni par l'acide azotique bouillants (1). La Bagrationite est jusqu'ici un minéral excessivement rare dont on a seulement trouvé quelques cristaux associés au diopside et au clinochlere de [a mine d’Achmatowsk dans l’'Oural.
La bodénite, que l’on rapproche des orthites, offre de longs cristaux prismatiques dont deux faces se coupent sous un angle de 110 à 112°. Cassure conchoïdale ou inégale. A peu près opaque. Eclat vitreux passant au résineux. Brune, brun rougeâtre ou noire. Poussière blanc grisätre. Dur. — 6 à 6,5. Dens. — 2,523. Dans le matras dégage de l'eau. Au chalumeau devient incandescente comme la Gadolinite, et fond difficilement sur les bords en colorant la flamme en jaune. Les réactions avec les flux indiquent la présence de la silice, du fer et du manganèse. Se dissout en faisant gelée dans les acides. Sa composition a quelque analogie avec celle de l’orthite; l'analyse a donné à M. Kerndt:
DD Le MiorY Ce La Ca Mg K Na H 26,12 40,33 12,05 4,62 17,43 10,46 7,56 6,32 2,34 1,21 0,84 3,02 —99,30
(1) Ces caractères sont en désaccord avec ceux que nous avons constatés dans la plupart des Allanites et dans toutes les orthites que nous avons examinées; ils Lendraient à rapprocher la Bagrationite, soit de la cérine, soit plutôt de la Bucklardite ou à une épidote noire, comme l’a déjà supposé M. Hermaun.
266 MUROMONTITE. ERDMANNITE. GRENATS.
Trouvée dans l'oligoclase à Boden près Marienherg en Saxe.
La muromontite se présente en petits grains amorphes. Cassure conchoïdale ouinégale. Translucide en écailles minces. Eclat vitreux un peu gras. Couleur noire, inclinant au verdâtre. Poussière blanc grisâtre légèrement verdâtre. Dur.—"7. Dens.—#,963. Au chalumeau, ne donne pas d’incandescence, mais se comporte comme la bodénite. Sa composition est d'après une analyse de M. Kerndt :
Si A1, GG Fe Mn Y Ce .La Ca Me K Nat 31,09 2,35 5,51 11,93 0,90 37,14 5,54 3,54 0,71 0,82 0,17 0,65 0,75—100
Ne s’est encore rencontrée qu'avec la bodénite dans l’oligoclase,
aux environs de Mauersberg près Marienberg en Saxe.
Erdmannite. Ce nom a été appliqué au moins à trois substances différentes. L'une se présente, d’après M. Berlin, en grains ou en écailles amorphes, à éclat vitreux, translucides à l’état de lames minces, d’un brun foncé, d’une densité = 3,1. Sa composition est assez voisine de celle des orthites, comme le montre une analyse faite sur une petite quantité par M. Blomstrand qui a obtenu :
& Al CeetLa Ca Y Fe Mn Hetperte 34,85 AA)TA 34,89 6,46 1,43 8,52 (0,86 4,28 — 100,00.
On l’a trouvée à l’île de Stokô dans le Langesundfjord près Brevig en Norwège. M. Sæœman a recu comme Erdmannite de petites masses cristallines ayant l'aspect de prismes fortement comprimés et cannelés suivant leur longueur, à cassure très-vitreuse, transluecides et d’un brun rouge en lames minces, sans action sensible sur la lumière polarisée, qui sont engagées avec mélinophane dans un feldspath grisâtre des environs de Brevig.
Une autre substance désignée dans la collection de M. Damour sous le nom d'Erdmannite offre quelques & :r0s cristaux en prismes voisins de 90° terminés par un octaèdre rhomboïdal dominant et par quelques facettes dont la disposition et les incidences n’ont pas d'analogues dans les formes de l’épidote ou des Allanites; la partie extérieure des cristaux est transparente en lames minces, d’un vert jaunâtre, douée de la double réfraction à deux axes, la partie intérieure est d’un brun rougeûtre, fortement translucide, mais monoréfringente.
Enfin la troisième Erdmannite des environs de Brevig n’est qu'un zircon dans lequel M. Berlin a trouvé : SE 33,43 Zircone ferrifère 65,97 Perte au feu 0,70.