‹ Manuel de morale et d'économie politiqueChapitre 37 sur 41 · N’ I N G T-S E P T I È M K E NT H E T 1 E N · texte numérisé non relu

N’ I N G T-S E P T I È M K E NT H E T 1 E N

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— Certainement, mes amis, je suis trop heureux de pouvoir vous faire connaître dès à présent une institution si bien faite pour mettre désormais à l’abri du besoin, sur leurs vieux jours, tous les ouvriers qui auront l’esprit d’en profiter. Voici donc les principales dispositions de la loi.

Elle offre aux ouvriers la faculté de s’assurer une rente jusqu’au maximum de 1 ,500 francs par personne, à partir de l’âge de 50 à 05 ans, à volonté, au moyen de versements faits à la caisse. Il est bien entendu que la rente est proportionnelle aux versements que l’on a faits pendant sa vie, et que, pour en jouir dès l’âge de 50 ans, il faut verser plus que pour n’e» jouir qu’à 55, 60 ou 65 ans. On peut s'assurer la rente de deux manières, soit à l’aide d’un seul versement, nécessairement assez considérable, mais d’autant moins élevé qu’on le fait à un âge peu avancé ; soit, ce qui est beaucoup plus facile pour les ouvriers, à l’aide de versements annuels, qui sont d’autant moindres qu’on commence plus jeune. En faisant les versements, on peut, à volonté, faire l’abandon du capital versé, ou le réserver pour ses héritiers. La rente est naturellement moins élevée quand on fait réserve du capital pour sa famille.

Ainsi, un ouvrier qui commencerait à verser à l’âge de 18 ans, s’assurerait, à partir de 60 ans, une rente viagère de 100 francs, au moyen d’un versement annuel de 7 fr. 20 c., s'il fait réserve du capital, et de 5 francs seulement, s’il en fait l’abandon. Multipliez ces sommes par 2, 3, 4, 5, 6, 8 ou 10, selon que vous voudriez avoir une rente de 200, 300, 400, 500, 600, 800 ou 1,000 francs, et vous trouverez la somme que vous avez à verser annuellement. Comme la femme peut avoir une rente égale de son côté, vous voyez combien il est facile maintenant, non pas seulement de se mettre à l'abri du besoin, mais encore de s’assurer du bien-être sur ses vieux jours. Désormais, il n’y aura plus que ceux qui ne le voudront pas, qui n’en auront point.

— Vous avez bien raison, dit Léonard.

— Voyez encore, reprit M. Dupré : un père qui voudra assurer l’avenir de chacun île ses enfants, pourra de même leur garantir une rente de 100 francs à partir de 60 ans, en commençant à verser, dès leur troisième année, une somme de 2 fr. 80 c..

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ou meme de 2 fr. iO c., s’il fait l’abandon du capital. Multipliez comme je vous l’ai dit tout à l’heure, et vous verrez ce qu’il aurait à verser pour leur assurer une rente de 200 à 1,000 fr. ou même 1,500 francs.

— C’est prodigieux ! dit Honoré. Que je regrette donc qu’une semblable institution n’ait pas existé quand j’étais jeune ! je n’aurais pas été autant tourmenté pour l’avenir de mes enfants. Mais il n’y a encore rien de perdu; je puis toujours commencer à verser pour eux, en attendant qu’ils soient en état de continuer les versements eux-mêmes 1 .

— Tu feras bien. Honoré, il n’est jamais trop tard pour commencer, quand il s’agit d’une chose aussi avantageuse. Puissent tous les pères de famille et tous les jeunes gens se décider ù suivre ton exemple ! Mais, avant de terminer, je veux encore vous dire un mot de deux institutions que le gouvernement projette, et qui seront un précieux complément de toutes celles dont je vous ai entretenues aujourd’hui.

L’une est une Caisse d' Assurance en cas de décos , au moyen de laquelle chacun pourra assurer ù sa veuve ou à ses enfants, un petit héritage proportionnel à la valeur d’une prime qu’on s’engagera à payer annuellement. Elle fonctionnera comme vous voyez, d’une manière analogue à la Caisse des retraites pour la vieillesse. Ce sera Y assurance sur la vie , mise à la portée des petites bourses.

L’autre, qui fonctionnera de la même manière, est une Caisse d’assurance en cas d’accidents. Exclusivement fondée pour les travailleurs, elle aura pour objet d’assurer aux ouvriers atteints de blessures entraînant l’incapacité de travail une pension viagère, et, dans le cas de décès, de donner cfes secours aux veuves et aux enfants mineurs, et, à leur défaut, aux parents sexagénaires du décédé. Cette caisse, profitera seulement aux ouvriers qui auront été victimes d’accidents résultant de travaux agricoles et industriels ; ce sera réellement la Caisse des invalides du travail , dont il a été bien souvent question.

1 Les sommes que la Caisse des retraites pour la vieillesse avait reçues au 1"' , janvier 1807, s’élevaient déjà à la soinnje de 1 1:2,220,935 fr.

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— lit ce sera encore une fameuse institution, dirent quelques ouvriers des forges, plus exposés que d’autres à de graves accidents. Mais la fondera-t-on bientôt?

— Je puis vous garantir qu’elle le sera très-prochainement ‘. Mais, mes amis, il ne suffit pas que les institutions existent, il faut savoir en profiter ; or c’est ce que nous ne faisons pas assez en France. On n’y comprend pas suffisamment l’utilité de la prévoyance, et l’on n’en tire pas tout le parti qu’on pourrait. Ainsi les assurances sur la vie ne sont pas aussi connues qu’elles devraient l’être; les assurances contre l’incendie ne sont même ni aussi étendues ni aussi générales que dans d’autres pays; les Caisses d’épargne mêmes ne possèdent pas la moitié des fonds qu’elles ont reçues en Angleterre, où la population est pourtant bien moindre; les sociétés de secours mutuels, malgré le succès qu’elles ont obtenu, sont aussi bien loin de compter tous les membres qu'elles devraient comprendre.

Habitants de Mirebeau, faites en sorte qu’on ne puisse plus dire de vous ce qu’on dit de beaucoup de vos compatriotes, que vous aimez mieux vous plaindre des autres et de la société eu général, que d’améliorer votre position en profitant des moyens que vous avez à votre disposition pour vous aider vous* mêmes. Sachez surtout mettre à profit les dernières institutions que je viens de vous citer. Si vous le vçulez, elles 11e permettront plus à la misère de sévir parmi nous.

Et maintenant que j’ai déroulé devant vous le tableau de nos institutions, dites-moi, mes amis, si j’avais raison de vous affirmer que, plus la civilisation marche, plus elle détruit les causes naturelles d’inégalité qui existent sur la terre ; plus aussi elle met de ressources à la portée de tous ses membres, pour se faire un sort doux et paisible ici-bas.

— Non, monsieur Dupré, vous ne nous avez pas trompés, vous ne nous avez rien affirmé qui ne soil parfaitement vrai.

— Eli bien, mes amis, au-dessus de toutes les ressources que

1 La Caisse d'assurance en cas de décès , et la Caisse d’assurance en cas d'accidents, ont été créées effectivement, mars plus tardivement, par une lui du 1 1 juillet 1808.

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je vous ai fait connaître, il en est une autre de laquelle vous devez attendre encore plus pour l’amélioration de votre condition sociale : c’est l’instruction.

La société a sans contredit fait beaucoup en créant toutes les institutions dont je viens de vous parler. Cependant elle a fait plus encore en répandant partout l’instruction, en ouvrant des écoles dans le moindre village. L’instruction, mes amis, est à la fois la base et le couronnement de l’édifice.

Grâce à la diffusion de l’instruction dans les rangs les plus humbles de la société, l’égalité devant la loi n’est plus un vain mot. Tout individu, s’il est vraiment capable, peut prétendre à tout, peut s’élever h tout. Que lui faut-il pour cela? De la volonté et de la persévérance. 11 faut vouloir, mais vouloir d’une volonté forte, énergique, qui, lorsqu’elle a entrevu le but, ne recule devant aucun des moyens légitimes de l’atteindre. Vouloir de cette manière fait pouvoir.

Les avantages de l’instruction ne consistent pas seulement â pouvoir lire, écrire et compter, ce qui pourtant est beaucoup ; l’instruction développe l’intelligence, elle ouvre l’esprit, elle exerce toutes les facultés, elle forme le raisonnement; elle apprend à observer, à juger, à comparer, à se rendre compte des choses, à faire enfin, dans toutes les circonstances de la vie, une juste application du savoir qu’on possède.

Voilà, mes amis, les effets d’une instruction bien entendue, d’une instruction comme vous l’a donnée M. Raymond, votre excellent instituteur, en qui je me félicite d’avoir trouvé, depuis vingt-cinq ans, un collaborateur infatigable et dévoué dans l’œuvre d’amélioration que j’avais entreprise à Mirebeau. Si, dans le cours des entretiens que nous avons eus ensemble depuis près de quinze mois, j’ai réussi à faire pénétrer la lumière dans vos esprits, je me plais à reconnaître que c’est en grande partie à lui que je le dois ; car, par l’instruction qu’il a donnée à la plupart d’entre vous,il vous a préparés admirablement à comprendre les vérités que j’avais à vous exposer. Soyez-en donc reconnaissants, et, pour cela, mettez à profit les nouvelles leçons qu’il veut bien vous donner encore.

Vous le savez, mes amis, l’industrie sc transforme sans cesse.

de nouveaux progrès s’accomplissent chaque jour. Tout marche, il faut marcher du même pas que les autres, si l’on ne veut pas être écrasé en restant en arrière. Maintenant, il n’y a plus à se récrier contre l’invasion des machines; elles font un bien immense, c’est acquis, pour un léger mal qu’elles peuvent d’abord causer à quelques-uns. Mais, quand une machine est découverte, quand un nouveau procédé est inventé, il devient un droit pour la société, et c’est un devoir pour tout fabricant de l’adopter à l’instant, parce que nul n’a le droit de vendre ses services plus qu’ils ne valent. L’industrie, en outre, se déplace souvent dans sa course impétueuse, semblable à un fleuve qui abandonne une rive pour se porter sur une autre. Il faut donc être prêt à la suivre dans ses déplacements et ses transformations ; il faut devenir capable de passer du jour au lendemain d’une industrie à une autre.

C’est ainsi que nous ne sommes jamais embarrassés ; notre existence ne dépend plus d’une usine, elle n’est pas subordonnée aux succès d’un fabricant; nous nous rions de l’instabilité des goûts et des caprices de la mode, parce que nous sommes prêts à tout et que nous avons en nous des ressources pour changer rapidement notre genre d’occupation.

Et ces ressources, qu’est-ce qui nous les procurera? l’instruction, qui développe l’intelligence et donne à l’homme de nouvelles forces, des forces bien supérieures à celles de ses bras, parce qu’elles ne redoutent ni la fatigue, ni les années. Mes amis, un homme célèbre, dont votre instituteur vénère la mémoire, et dont tous les ouvriers devraient prononcer le nom avec respect, parce qu’il sera à jamais leur bienfaiteur, l’illustre Peslalozzi, qui fut instituteur aussi, et qui consacra cinquante ans de sa vie à l’éducation du peuple, qu’il aimait par-dessus tout et dont il connaissait parfaitement la position et les besoins, Peslalozfci, qui brûlait d’un ardent désir d’améliorer la condition du peuple, voulait le mettre en état de s’aider lui-même sans avoir besoin que les autres lui vinssent toujours en aide. Ce but si désirable, il avait compris que c’est par l’instruction seule qu’on peut l’atteindre. Par l’instruction, en effet, vous vous mettrez en état de gagner de meilleurs salaires, vous serez davantage à l’abri de

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l’inconstance de la fortune, et vous vous rendrez moins dépendants de ceux qui vous emploient.

— Mais, dit alors André, si l’instruction doit, comme je le pense en effet, contribuer à rendre les ouvriers plus indépendants des patrons, n’est-il pas a craindre que ceux-ci n’apportent des obstacles à sa propagation, afin de rester maîtres du travail et de pouvoir le payer aux conditions qu’ils veulent? Ne sait-on pas que les riches sont partout opposés à l’instruction des pauvres ? Il me semble qu’il y a là un antagonisme réel entre l’intérêt, des uns et des autres.

— Tu te trompes, André, dit M. Lenoir, prenant alors la parole. On a pu croire cela autrefois, mais on ne le croit plus aujourd’hui. Les propriétaires, les fermiers et les patrons ont en effet pensé souvent qu’il y avait de l’avantage pour eux à maintenir dans l’ignorance les journaliers et. les ouvriers. Ils espéraient ainsi obtenir leurs bras à meilleurs marché et avoir plus aisément raison de leurs prétentions. Mais on a fini par reconnaître le peu de fondement de ces calculs intéressés. On a compris que nul ne peut maintenir d’autres hommes de force sous sa dépendance, et qu’il vaut mieux avoir affaire à des ouvriers intelligents avec qui l’on peut discuter, comme nous le faisons ici, qu’avec des hommes ignorants et grossiers qui n’entendent pas le langage de la raison, et qui s’abandonnent à la violence de leurs passions, dès qu’elles sont excitées par une cause quelconque.

Les patrons et les propriétaires éclairés savent aussi qu’il y a plus d’avantage pour eux à employer un ouvrier intelligent et instruit qu’un ignorant, même en le payant plus cher. Le travail intelligent a toujours plus de valeur que le travail machinal d’un homme qui sait à peine exécuter les ordres, et sur le dos de qui il faut être sans cesse pour lui indiquer ce qu’il doit faire. Chacun sait qu’on gagne proportionnellement plus sur le travail d’un ouvrier qu’on paie cinq ou six francs, que sur celui de l’ouvrier qu’on paie quarante sous ou trois francs. Pour mon compte, je ne fais aucune difficulté de reconnaître que, dans notre fabrique, nous gagnons plus avec les ouvriers instruits d’à-présenl, que nous ne faisions; il y a vingt ans, quoique nous les payions beau-

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coup plus qu’à celte époque. C’est qu’ à-présent, grâce aux ressources d’esprit que leur a procurées l’instruction, ils font plus d’ouvrage clans le même temps et ils le font mieux. Je suis persuadé que nos confrères des forges en diraient autant que nous.

— Vous pouvez parler sans crainte, dit M. Dubuisson, nous 11e vous démentirons pas.

— Je crois également, continua M. Lenoir, que les propriétaires de Mirebeau conviendront, de leur côté, que tout en payant la journée plus cher, et en achelant. les terres à un prix plus élevé qu’autretois, ils en tirent cependant un meilleur revenu, par suite des améliorations que l’intelligence de leurs employés leur a permis d’introduire dans leurs cultures, et de la. plus-value qu’a donnée à toutes les denrées l’augmentation générale du bienêtre amenée par les progrès de l’instruction.

— Pour cela, c’est vrai, nous devons en convenir, dit M. Duroure avec sa franchise habituelle.

— Et moi, reprit M. Dupré, j’ajouterai à ce que M. Lenoir vient de dire si bien, que, se trou vàt-il encore quelques hommes cupides ou bien seulement quelques esprits attardés, entraînés par leurs préjugés ou aveuglés par un sentiment d'intérêt mal entendu, qui voulussent s’opposer à la propagation de l’instruciion dans tous les rangs de la société, leurs efforts viendraient échouer contre un obstacle invincible. Les écoles existent aujourd’hui dans les moindres communes de France, et il n’est plus au pouvoir de personne de les fermer; il 11’est même plus possible cl’empêelier qui que ce soit île les fréquenter. Profitons-en donc, et prolitons-en le plus que nous pourrons.

Instruisons nous, mes amis, et surtout instruisons et faisons instruire nos enfants. Par là nous aurons plus fait pour leur . succès dans le monde, que par les biens que nous pourrions leur laisser. Nous leur aurons créé des ressources impérissables, des ressources qui les accompagneront partout, et qui seront indépendantes des temps cl de la fortune. Mais, en leur donnant cette instruction, donnez-leur l’éducation qui la féconde et qui en prévient les écarts ; donnez-leur de bonne heure ces excellentes habitudes que je vous recommandais aujourd’hui à vous-mêmes, et

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qui seront pour eux comme pour vous la plus puissante garantie de succès.

Pour leur faire contracter sûrement ces habitudes, n’oublions pas que la première condition est l’exemple. Soyons des hommes vertueux, si nous voulons avoir des fils vertueux, et rappelons nous que Dieu récompensera nos enfants, dans les générations successives, de tous les efforts que nous aurons faits ici-bas. Si vous n’obtenez pas dans ce monde tout le bien-être que vous y espérez, soyez certains du moins qu’il ne vous échappera pas tout à fait et que vous aurez préparé celui de vos enfants.

Enfin permettez-moi de vous donner un dernier avis. Efforcezvous d’acquérir et de faire prendre à vos enfants les habitudes de bon ton elles bonnes manières qui, à première vue et au premier mot, font reconnaître les gens bien élevés. J’ai entendu souvent les ouvriers se plaindre du dédain avec lequel les traitent les personnes d’une autre condition, qui les considèrent, dirait-on, comme s’ils étaient d’une race différente. Eh ! mes amis, ne provoquez-vous pas vous-mêmes ce dédain par votre obstination il vous conduire d’une manière différente des personnes des classes aisées? On dirait parfois que vous affectez la rudesse' et la grossièreté dans le ton, dans l’accent, dans le langage, dans les gestes, dans toutes les manières enfin. Vous cherchez, ce semble, à vous montrer en tout différents des autres hommes. Peut-on s’étonner après cela s’ils vous traitent autrement? Comprenez donc mieux vos intérêts, et reprenez votre dignité d’homme que vous semblez oublier.

Aujourd’hui plus que jamais, l’instruction et l’éducation tendent à établir seules une ligne de démarcation entre les hommes de tous les rangs de la société. Efforcez-vous de la faire disparaître, cela dépend de vous, et la société vous en offre les moyens. Vous êtes de nos jours en contact continuel avec les hommes de toutes les classes; vous les coudoyez partout, dans les rues, dans les promenades, dans les musées, les galeries, dans les lieux publics, qui vous sont ouverts comme à tout le monde; h l’école même vos enfants prennent place sur les mêmes bancs avec ceux de la bourgeoisie. Imitez donc les hommes des conditions plus élevées, au lieu d’affecter la rudesse en leur présence; rivalisez

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avec eux par la noblesse et la distinction des manières, par la politesse et par l’urbanité du langage, et, croyez-m’en, mes amis, vous aurez achevé de renverser la barrière que vous supposez exister entre vous et les hommes des classes aisées, barrière que vous seuls maintenez encore.

En terminant aujourd’hui ces entretiens, je veux vous remercier de votre attention et de la bienveillance avec laquelle vous m’avez écouté. Cependant je ne vous dis pas adieu. Afin de vous ofTrir les moyens d’étendre vos connaissances, M. Raymond veut bien commencer pour vous de nouvelles séries de leçons et de lectures dans la classe du soir et dans les conférences du dimanche. D’ici à la fin de l'année, nous vous ferons connaître la nature et le but de ces leçons et de ces lectures, ainsi que les heures et les jours où elles auront lieu. Je me propose d’y venir aussi fréquemment moi-même, pour me retrouver avec vous et vous donner quelques-uns de ces enseignements que vous avez du plaisir à entendre. Ainsi, mes amis, je ne vous dis pas adieu, mais au revoir.

Tout l’auditoire se leva en disant aussi : — Au revoir, monsieur Dupré.

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