A. APPAREIL OCULAIRE SENSITIF PÉRIPHÉRIQUE
11 est constitué comme l'appareil sensitif spinal. Les voies centripètes sont représentées par les trois branches du trijumeau (maxillaires inférieur et supérieur, ophtalmique de Willis) ; \q ganglion, ou agglomération des centres cellulaires, est le ganglion de Gasser, répondant exactement au ganglion rachidien des nerfs médullaires. La voie centrifuge est formée par le tronc du trijumeau, centrifuge par rapport au ganglion de Gasser et centripète par rapport aux centres encéphaliques; ce tronc représente donc le segment centrifuge du neurone périphérique.
Le nerf ophtalmique de Willis (fi g. [52 et 90) est composé par la réunion de trois branches principales : les nerfs nasal, frontal et lacrymal.
Le nerf nasal naît de la réunion du nasal externe et du nasal interne; le nasal externe, formé de fdets lacnjmau.x (sac et canalicules lacrymaux), nasaux (peau de la racine du nez) et palpébroconjonctivaux, suit le bord inférieur du grand oblique; le nasal interne, ou filet ethmoïdal, résume le nerf naso-lobaire, qui donne la sensibilité à la peau du lobe du nez et de la paroi externe des fosses nasales, et le nerf de la cloison. Ce nerf nasal interne, né au niveau de la lame criblée de l'ethmoïde, pénètre dans l'orbite par la partie supérieure de sa paroi interne.
Le nasal, ainsi constitué au trou orbitaire interne antérieur, gagne la fente sphénoïdale, en passant entre le grand oblique et le droit interne ; il s'engage sous le droit supérieur, à la face inférieure duquel il adhère quelquefois, et surcroise, oblique en arrière et en dehors, le nerf optique et l'artère ophtalmique. 11 sort de l'orbite parla partie interne (anneau de Zinn) de la fente sphénoïdale; au niveau de cet anneau, il est en rapport avec les nerfs oculo-moteurs commun et externe et la veine ophtalmique, qui traversent aussi cet anneau ; plus en dehors, avec les organes qui traversent la fente sphénoïdale en dehors de l'anneau; plus en dedans, avec le nerf optique et l'artère oplilalmique.
Parmi les nerfs sensitifs, le nasal est le seul qui chemine dans l'orbite à l'intérieur du cône musculaire et qui traverse l'anneau de Zinn (le frontal et le lacrymal sont dans l'espace ostéo-musculaire de l'orbite et franchissent la fente sphénoïdale en dehors de cet anneau).
Dans son trajet orbitaire, le nasal a reçu des collatérales : la racine longue du ganglion ophtalmique; les deux nerfs ciliaires longs, issus du pôle postérieur de l'œil, en compagnie des nerfs ciliaires courts qui vont au ganglion ophtalmique (Yoy. Nerfs intraoculaires, p. 19) : le filet sphéno-ethmoidal (muqueuse du sinus sphénoïdal et des cellules ethmoïdales postérieures).
Le nerf frontal, branche la plus volumineuse de l'ophtalmique, naît de la réunion de deux nerfs : le frontal interne, formé de filets frontaux, dont quelques-uns viennent même du vertex, conver-
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géant en éventail vers l'orbite, et de filets palpébro-conjonctivaux . Le frontal interne pénètre dans l'orbite en dehors de la poulie du grand oblique; — le frontal externe, entrant dans l'orbite par l'échancrure sus-orbitaire et formé de filets frontaux, cutanés, osseux et muqueux (sinus frontal) et palpébro-conjonctivaux. Le frontal, une fois constitué, chemine au contact de la voûte
Fig. 90. — Nerf ophtalmique de Willis et ses branches ; d'après Hirschfeld, modifié par Cunéo.
orbitaire, au-dessus du releveur palpébral, et gagne la fente sphénoïdale, dont il traverse la partie externe, en dehors de l'anneau de Zinn. Il est là en compagnie du pathétique, en dedans, et du lacrymal, en dehors.
Dans son trajet, il a reçu une branche importante, le 7ierf supratrochléaire d'Arnold, qui, né de la région supéro-interne du pourtour orbitaire, pénètre dans l'orbite au-dessus de la poulie du grand oblique.
Le nerf lacrymal, très grêle, naît de rameaux palpéhro-con-
jonclivanx et de rameaux lacrymaux. Ces derniers émanent de réseaux de fibrilles intra-cellulaires, d'où partent des fibres, lisses ou variqueuses, anastomosées entre elles pour former un réseau hypolemmal, étalé entre les cellules et au-dessous de la membrane basale; de lui s'écbappent des fibres, qui perforent la basale, pour constituer en deliors d'elle le réseau épilemmal, origine des cylindraxes.
Le lacrymal cbemine contre la paroi orbitaire externe, au-dessus du bord supérieur du droit externe, et sort de l'orbite par la partie supéro-externe de la fente sphénoïdale, en dehors de l'anneau de Zinn.
Il reçoit deux anastomoses : l'une, inconstante, venue du pathétique, qui lui restitue ses fibres sensitives, lorsqu'il en a reçu de lui au niveau du sinus caverneux ; l'autre, bien plus importante, émane du rameau orbitaire du maxillaire supérieur, qui le rejoint par une arcade anastomotique, d'où naissent des filets lacrymaux, cutanés et palpébro-conjonctivaux, ainsi que le nerf cutané temporornalaire.
Le nerf ophtalmique de Willis se constitue, par la réunion des trois nerfs précédents, immédiatement en arrière de la fente sphénoïdale; il chemine dans la paroi externe du sinus caverneux, en rapport avec les 111*^ et IV® paires, la VI^ paire étant dans l'intérieur du sinus avec la carotide interne. Dès son émergence de la paroi du sinus, il se jette dans le ganglion de Gasser.
Pendant ce trajet, l'ophtalmique reçoit des anastomoses, filets sympathiques que lui envoie, pendant son passage dans la paroi du sinus caverneux, le plexus péricarotidien. Il reçoit également le nerf récurrent (V Arnold , ou nerf de la tente du cervelet, lui apportant des filets méningés.
Le ganglion de Gasser affecte la forme d'un croissant, logé sur la 'partie interne de la face endocrânienne du rocher, dans un dédoublement de la dure-mère (cavuin de Meckel). Il est en rapport, en avant, avec les trois racines qu'il reçoit; en arrière, avec le Ironc du trijumeau qui en émane; en dedans, avec la paroi externe (lu sinus caverneux et les nerfs qui s'y trouvent contenus: en bas, avec la portion motrice du trijumeau qui gagne le nerf maxillaire inférieur, les nerfs grand et petit pétreux superficiels, le rocher,
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dont une mince lamelle osseuse le sépare du canal carotidien intrapétreux.
Il existe quelquefois de petits ganglions aberrants ou accessoires, accolés aux racines du trijumeau.
Le trijumeau est fformé des trois racines sensitives, unies au niveau du ganglion de Gasser ; accolé à lui est le nerf masticateur, qui représente la partie motrice de ce nerf mixte. Au moment où il sort du cavum de Meckel, le trijumeau croise la crête du rocher et est surcroisé par le sinus pétreux supérieur; puis il s'infléchit en has et en arrière, cheminant entre le versant postérieur de la face endocrânienne du rocher et le pédoncule cérébelleux moyen; il pénètre, par 50 ou 40 filets, dans la partie moyenne de la protubérance, au point où elle se continue avec le pédoncule cérébelleux moyen.
Les filets vont ensuite gagner les noyaux d'origine du neurone sensitif central; ils se groupent en quatre faisceaux ou racines : la racine descendante ou spinale, longue de 55 millimètres, descendant, profondément située, jusqu'à la jonction de la moelle et du bulbe, au-dessous de l'entrecroisement des faisceaux pyramidaux ; — la racine ascendante ou cérébrale, bien moins épaisse, longue de 15-18 millimètres, va en s'épuisant jusque sous les tubercules quadrijumeaux ; elle forme sur la coupe un croissant englobant la substance grise de l'aqueduc, la valvule de Vieussens et la partie moyenne de l'anse du pathétique : en dehors d'elle est le pédoncule cérébelleux supérieur, en arrière le pathétique ; — la racine du locus cœruleus; — la racine cérébelleuse, qui gagnerait le cervelet en passant par le pédoncule cérébelleux supérieur, n'est pas admise par tous les auteurs.
B. — APPAREIL OCULAIRE SENSITIF CENTRAL
Le neurone central est essentiellement constitué par des cellules, groupées en amas ou noyaux, d'où partent des conducteurs, gagnant l'écorce ou d'autres noyaux encéphaliques.
Le noyau gélatineux, ou substance de Rolande, est une des terminaisons de la substance gélatineuse des cornes postérieures de
ANATOMIE DE L'APPAREIL OCULAIRE SENStTIF.
la moelle. C'est un grand noyau, allongé sur tout le trajet de la racine spinale, dont il occupe la partie antéro-interne (fîg. 6).
Le noyau sensitif est petit et placé à la partie supérieure du noyau gélatineux, dont, pour quelques auteurs, il ne serait que l'extrémité supérieure.
Le noyau sensitif supérieur, ou colonne vésiculeuse, est formé d'îlots de grosses cellules, se pressant sur toute la hauteur de la racine cérébrale.
Le locus cœruleus est un amas cellulaire placé superficiellement, sous l'épendyme du plancher du 4^ ventricule, dont il occupe la partie supérieure.
Les cylindraxes, émanés de ces divers noyaux, vont se joindre au ruban de Heil et se dirigent vers deux destinations principales : d'une part, la voie réflexe (noyaux moteurs bulbaires, protubérantiels et pédonculaires, surtout les noyaux oculo-moteurs ; centres réflexes : couche optique, tubercules quadrijameaux, noyau lenticulaire) ; d'autre part, la voie corticale (terminaisons corticales du ruban de Ueil dans la région périrolandique).
APPAREIL OCULAIRE SENSÏTIF.