‹ Manuel de neurologie oculaire [electronic resource]Chapitre 80 sur 91 · CHAPITRE VIII AFFECTIONS DYSCRASIQUES PAR AUTO-INTOXICATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII AFFECTIONS DYSCRASIQUES PAR AUTO-INTOXICATION

Diabète sucré. — Très fréquemment il frappe les muscles oculaires extrinsèques. Pour Berger, la IIP paire est le plus souvent atteinte. D'après Dieulafoy, au contraire, sur 58 cas de paralysies oculaires diabétiques, la VI'^ paire était touchée o5 fois, la IIl'^ l!2 fois, la IV*^ 5 fois et, G fois, il existait une ophtalmoplégie externe. Ces paralysies représentent le dixième des manifestations oculaires du diabète; elles forment 5 7o de l'ensemble des paralysies oculaires extrinsèques de toute nature (Sauvineau). Les paralysies diabétiques n'ont aucun rapport avec le degré de la glycosurie. Elles sont, en général, fugaces et guérissent complètement en quelques mois; cependant leurs récidives ne sont pas rares. Les névralgies orbito-temporales les précèdent souvent (Dieulafoy). — Les paralysies des muscles oculaires intrinsèques sont exceptionnelles; on a signalé la mydriase paralytique; Delord et Revel ont cité 4 cas de paralysie de l'accommodation; dans l'immense majorité, cependant, il ne s'agit que de parésie de l'accommodation et de presbytie précoce et rapide. Le développement d'une myopie acquise et les variations de réfraction se rencontrent assez souvent; elles sont quelquefois le premier stade d'une cataracte diabétique (Terrien, Le Roux). ■ — La kératite neuro-paralytique a été notée dans le diabète.

Lliypotonie de Vœil se produit au moment du coma ; Krause et Heine l'ont signalée 21 fois sur *22 comas diabétiques.

Les troubles portant sur l'appareil visuel sont Yamblyopie ou Yamaurose diabétiques (RoUet), survenant par crises passagères et récidivantes, Vhémianopsie homonyme, plus rarement Vhémianopsie hi-temporale (penser alors à une lésion de l'hypophyse, provoquant aussi la glycosurie), les hémorrhagies rétiniennes, souvent assez abondantes pour aboutir au glaucome hémorrhagique. — La névrite optique pure, sans coexistence de rétinite, affecte la forme de papil-

AFFFXTIONS DYSGRASIOUES PAR AUTO-ÎNTOXICATIO.N.

lile ou colle do névrite rétro-bulbaire, niée par certains autours. — La réiinite diabétique est fréquente ; elle représente le quart dos complications oculaires du diabète. Hirschberg lui décrit trois types : 1« La rélinito centrale ponctuée, avec béniorrhagios et exsudât s puncliformes, surtout au pôle postérieur. 2" La rétinite héniorrhagique avec foyers de dégénérescence, ressemblant beaucoup à la réiinite néphri tique et no pouvant en être différenciée sûrement par l'examen ophtalmoscopique; seul, l'examen dos urines permet u:i diagnostic certain. T)" Dos formes rares, telles que la rétinite pigmentairo (avec ou sans béméralopie et rétrécissement du champ visuel), la thrombose do l'artore centrale de la rétine. — La lipémie de la rétine a été décrite par Heyl; Heine on rapporte doux observalions; les vaisseaux rétiniens semblent charrier du lait, le sang contenant, dans ces cas, do i à 8 7o de graisse.

Polyurie, oxalurie, phosphaturie, azoturie. — Elles pourraient excoptionnollemont provoquer dos paralysies oculaires extrinsèques, dont cerlains auteurs nient formellement roxistonce. Elles produiraient la névrite optique et les hémorrhagies rétiniennes.

Goutte. — Les paralysies oculaires extrinsèques d'origine goutteuse sont niées par quelques auteurs. — Par les altérations vasculaires qu'elle provoque, elle est une cause prédisposant au glaucome. Les hémorrhagies rétiniennes relovent aussi de ces altérations vasculaires. — Il existe une rétinite goutteuse, rare, caractérisée par un pointillé blanchâtre, dessinant une étoile périmaculaire incomplète. — La névrite optique rétro-bulbaire revot la forme chronique ou la forme subaiguë.

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