‹ Manuel de numismatique ancienneChapitre 14 sur 98 · DROIT BE FRAPPEK MONNAIE · texte numérisé non relu

DROIT BE FRAPPEK MONNAIE

lorsque Septime Sévère fut proclamé Empereur. Celui-ci^ ayant à détrôner Dide Julien reconnu à Rome, et Pescennius Niger qui s'était fait proclamer en Syrie , crut devoir ménager Albin et se Tattacher ; il Fadopta et lui donna le titre de César. Après avoir dépossédé Dide Julien et s'être fait reconnaître à Rome , Septime Sévère alla combattre Pescennius Niger et affermit son pouvoir en Orient. A son retour en Italie, il fit déclarer Albin ennemi de la patrie , et se décida à l'aller combattre. Celui-ci prit alors le parti de se faire proclamer aussi Empereur-; mais il fut vaincu par Sévère à Trévoux pi^ de Lyon, et périt. Or, on a des monnaies d'Albin de coin Romain , en or, eu argent et en cuivre , avec le titre de César, et en or et en argent seulement avec le titre d'Auguste. Les premières furent frappées , pendant la durée de la bonne intelligence entre Septime Sévère et Albin , celles d'or et d'argent par les ordres de Septime Sévère, Empereur^ et celles de cuivre par ceux du Sénat, puisque Albin était reconnu comme César; les secondes forent frappées par les ordres d'Albin lui-même, dans les Gaules, ou en Angleterre , depuis qu'il eut pris le titre d'Empereur, mais en or et en argent seuleme&t, Albin,en cela, usant de son droit; et il n'en .émit pas en cuivre, parce que l'émi^sion^ de cette monnaie était dans les attributions du Sénat de Rqme , qui ne reconnaissait plus Albin pour César, et bien moins encore pour Empereur.

Les considérations que présentent les monnaies elles-mêmes fournissent une antre nature de preuves

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pour ^explication donttée . des lettres S. C. Ces preuves naissent sur-tout des rapports nombreux qui indiquent une identité de fabrication et de direction entré les monnaies d*or et d'argent, quant aux types et légendes, rapports qui ne se rencontrent plus avec les monnaies de cuivre.

• Les légendes qui se trouvent dans les monnaies Impériales sur les deux métaux précieux et non sur le bronze, et celles qui sont sur ce dernier métal sans être sur les deux autres , fournissent aussi des argumens qui sont à l'appui de tout ce qui vient d'être expodi ; les types eux-mêmes confirment aussi cette opinion. Les développemens qui naissent de toutes ces observations seraient trop étendus pour être donnés ici.

â5. Ces détails établissent jusqu'à l'évidence Texactitude de l'explication qui a été donnée des lettres 5. C. qui se voient sur les monnaies de cuivre de coin Romain. Cependant on a opposé quelques objections à cette explication , et malgré leur peu de poids , i\ est à ph>pos d'en rapporter ici les principales et 4e lès réfuter en peu de mots.

On à cité-cette légende, qui se voit fréquemment '««drôles 'monnaies romaines: /// vifï aûro, argento^ wtfrt,- fiando^ feHunâo. Cette objection peut être facilemelit irepoussée , en disant que Wen ne s'opposait à' ce que les mêmes Triumvirs monétaires fussent chargés de faire frapper les monnaies ordonnées séparément par l'Empereur et par le Séiiat. La convenance d'employer, pour ces diverses fabrications, les mênlïes ouvriers, les mêmes machines et les mêmes

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ateliers était un motif stiffîsaut, et plusieurs autres raisons pouvaient s'y joindre.

Une autre objection a été tirée des éloges excès* sifs qui sont prodigués aux Empereurs sur les mon-» naies. On en a argué qu'il n'était pas possible que les Empereurs eussent ordonné eux-mêmes de telles adulations , et qu'en conséquence ii était à laroire que le Sénat ordonnait ce qui avait rapport à la ùt" brication des monnaies des trois métaux. Mais on peut penser que les Empereurs déterminaient ' ce qui avait rapport au poids et au titre des monnaies^ laissant aux Triumvirs monétaires à fixer les légendes et les types. Ajoutons que des princes qui ont divi-r nisé leurs parens/ qui se sont laissé r^idre à euxmêmes des honneurs presque divins, ont bien pu oixionner les légendes adulatrices qui furent placées en 1^ grand nombre sur leurs monnaies.

36. Il est à propos , pour compléter ces notions , d'ajouter les observations suivantes. : .

I ^. Les lettres S. 61 se trouvent^ comme on l'a vu, sur toutes les monnaies, de cuivre de coin Bomain frappées depuis Auguste* Cependant quelques pièces bien certainement Romaines n'ont pas cette indication. Oe sbiit des monnaies de la seconde grandeur, ou moyen bronze , frappées soùs Tibère , Vespasien et Domitien , qui représentent^ su revers , im cadn^ cée entre deux cornes d'abôndancei II est probable que ce ^pe est le symbole dm Sénat et du Peuple , et que, par ce motif, on ^e plaça pas sur ces pièces le sigfne ordinaire S. C

a9. IjC pltis grand nombre des médaillons de coin

36 ÉLÉMBNS, GAuPITRE II.

Romain , en bronze , frappés depuis Hadrien , ' ne portent pas l'indication S. C. ; die se trouve cependant 4ur quelqties-uns. Cette omission sur la plupart des médaillons, la grandeur de leur module, leur rareté ont fait penser, avec beaucoup de[Ht)babilité, que ces pièces n'étaient pas des monnaies , ou du moins n'avaient pas le caractère de monnaie positive, comme toutes les autres. Ce point sera discuté au Chapitre Y (85 et 86). Cette omission de l'indication '5. C. sur la plupart des médaillons n'altère en rien le principe de la division du dreit de monnayage entre l'Empereur et le. Sénat, en admettant que les médaillons qui ne portent pas 5. C n'étaient pas des monnaies, opinion qui peut s'appliquer m^e à la plupart de ceux qui portent cette indication. • 3**; Après le règne de Gallien , l'indication *$. C «e se trouve plus sur les monnaies de cuivre de com Romain. Deux causes amenèrent probablement ce changement: i°. la diminution successive des droits et de l'autorité du Sénats qui n'avait plus , pour ainsi dire , qu'une ombre de pouvoir ; a», l'établissement des ateliers monétaires dans les diverses provinces de l'Empire, et l'habitude qu'ils prirent de.se sous* traire, par une conséquence de leur, éloignem^it, à l'autorité de la capitale pour tout ce qui se rapportait à la Ëd>rication des monnaie».

4^. L'annotation S. C. se voit quelquefois sur des monnaies Impériales-Romaines d'or et d'argent. Il ne faudrait pas en conclure que ces pièces ont été frappées sous l'autorité du Sénat. L'annotation d'un Senatus-consulte, dans ce cas, indique que ce à quoi

DROIT DE FRAPPER MONNAIE. Sj

se rapporte le type de la pièce a été fait par ordre du Sénat , et non pas la pièce elle-même. Ainsi , par exemple, les monnaies en or et en argent de Yespasien relatives à sa consécration portent SX S. C. Cela signifie que cet Empereur avait été consacré par un Sénatus-consuUe, et non pas que ces monnaies avaient été faites par ordre du Sénat. Les monnaies Consulaires frappées sous la République avaient offert antérieurement des exemples semblables, à une époque où le Sénat réglait les monnaies de tous les métaux. Ainsi, on lit sur une pièce iMarcus Lepidus S. C. tutor régis; ce qui indicpie que Lépidus avait été nommé, par tin Sénatus-consulte, tuteur du roi d'Egypte, Ptolémée V,

H £iut ajouter ici que quelques monnaies d'or de Dioctétien et de Maximien portent les deux lettres S. C. n serait difficile de trouver une explication satisfaisante de cette singularité, non plus que de plusieurs autres qui se remarquent sur les monnaies, à eette époque de confusion politique et de décadence de Tart.

5^ On trouve aussi la marque S. C. sur les mon^ naies Impériales. de quelques Villes, principalement sur un grand nombre de pièces frappées à Antioche de Syrie et sur les monnaies de quelques Colonies. L'explication la plus naturelle de ce fait serait que ces viUes avaient reçu la faveur de voir leur monnaie de cuivre assimilée à celle de l'Empire, et placée sous la juridiction du Sénat; mais ce fait n'a pas été convenablement expliqué. Il en est de même pour

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les montiaies d'Âgrippa II , roi de Judée^ sur lesquelles se voit aussi la même marque.

60. X'es Empereurs Romains attachaient un tel prix à placer leurs effigies sur la monnaie d^or^ qu'ils ne permettaient pas d'user de ce même droit aux souverains étrangers sur lesquels ils pouvaient exercer leur autorité, et qu'ils défendaient l'entrée de l'Empire aux monnaies d'or portant d'autres images que les leurs.

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