Depuis cette époque jusqu'à l'an 217 de J.-C
(970 de Rome) i à 12.
Cette échelle des variations du rapport de l'or à l'argent est loin .d'être certaine. On a contesté que les trois monnaies qui ont été citées fussent des
VALEUR ET POIDS WS MONNAIES ANtIQUES. 187
fractions de la moQnaie Romaine, en cl^rchant à prouver qu'elles sont Grecques ; les calculs sur cette matière n'ont pas été établis d'une manière bien claire et bien positive ; enfin les expériences faites sur les monnaies elles-mêmes n'ont été ni assez nombreuses ni assez exactes.
a54- D'un autre c6té » quelques passages d'auteurs anciens indiquent des données différentes. Il paraitrait d'après ces passages que le rapport en question aurait été d'abord de i % i5, ensuite de r à 1 o Q y de I à 9 (*) y et même moins.
On voit donc que ces importantes notions n'ont pas été encore éclaircies d'une façon satisfaisante.
Depuis le règne de Septime Sévère, le désordre qui s'introduisit dai^s le monnayage sous le rapport des titres , rend les notions relatives au rapport de l'or à l'argent encore plus obscures et plus embrouillées, et l'on ne pourrait même plus établir de suppositions raisonnables. Dans les temps du Bas-Empire , cette obscurité est encore plus grande.
a 55. A l'époque de l'introduction de la monnaie d'or à Rome, il fut établi, comme nous l'avons vu (a5i), deux monnaies Effectives d'or:
I®. Le Denier d'or (valant 25 Deniers d'argent). 2®. Le Quinaire d'or (valant moitié du Denier d*or).
On a nommé ces pièces Denier d'or et Quinaire d'ory parce qu'elles sont des mêmes dimensions que
les Deniers et les Quinaires d'argent; mais ces ap-
C) Titus Livius, L. XXXVni, c. u. — O Sueton. , J. Gaes., c. 54.
|88 ÉLÈMENS, CHAPITlCb IX.
pellations sont impropres en ce sens que ces noms étaient plus précisément ceux des monnaies d'argent, comme nous allons le voir.
On a donné aussi au Denier 'd'or le nom ^Aureus. Dans le troisième siècle, cette monnaie prit le nom de Solidus. Sous le Bas-Empire , les poids et les modules de ces monnaies varièrent beaucoup par raite du désordre qui régna à ces époques.
a56. Outre ces deux natures de monnaies, quelques pièces d'or de plus grands modules se trouvent sous les Empereurs; il en existe même des bastemps de dimensions fort grandes. U est probable, ainsi qu'on l'a vu au Chapitre V (85), que ces pièces, nommées communément Médaillons d^ or Latins, n'étaient pas des monnaies.
aSy. Les premières monnaies ^argent fiiTOnt frappées à Rome en l'an 269 avant J.-C. (485 de Rome}. U fut établi, ainsi que nous l'avons déjà indiqué (^46), trois monnaies Effectives èi argent :
i^. Le Denarius valant dix As (alors As libraUs ou de douze
Onces). Il valut seize As à dater de la loi Papiria; 2**. Le Quinarius, valant cinq As, et plus tard huit >^j y 3^. Le Sestertiusy valant deux As et demi , puis (juatre As.
Le Sestertius, ainsi qu'il a déjà été dit (a47)> devint, à cette époque, l'Unité monétaire en remplacement de VJs,
258. Les monnaies d'argent Romaines , ainsi que celles des Grecs, nous offrent des indications qui fournissent les moyens de connaître leurs valeurs légales el leurs dénominations.
VALEUR ET t^OIDS DES MONNAIES ANTIQUES. 189
Plusieurs pièces de ce jnétal frappées sous la République ( pièces des Familles) portent les indications , que voici : ,
Denarius X ou ^ ou XVI.
Quinariwf V ou Q.
Sestertius IIS ou HS.
La marque X sur le Denier et celle XVI sur la même monnaie sont relatives aux deux valeurs successives du Denier , qui fut d'abord de dix et ensuite de seize Js. Observons que la marque X se trouve aussi sur les Decussis ou pièces de dix jés en bronze.
La marque Y sur le Quinarius indique la valeur première de cette monnaie, cinq jis; la lettre Q est l'initiale de ce nom.
La marque IIS sur le Sestertius indique la valeur première de cette monnaie , deux j4s plus un Semis ou demi-^^. La marque HS est la même , à la réserve que les deux barres , marquant les deux unités, sont unies par un trait.
Au moyen de ces indications, le Denier Romain et ses divisions sont bien connus.
259., Le Denier fut constamment frappé en beaucoup plus grand nombre que ses deux fractions, et cette monnaie constitua la masse principale de la monnaie Romaine , tant sons la République que sous les Empereurs. Le Quinaire et le Sesterce furent frappés en petites quantités , comparativement.
360. Dans les diverses époques du Ras-Empire, les modules , les titres , et conséquemment les va-
igo ELÉMENS^ GHAPITHE IX.
leurs des monnaies funent fréquemment changés. Diverses lettres ou autres marque^ placées sur les pièces de ces temps sont sans doute des indications des valeurs des monnaies , mais ne sont pas entièrement expliquées. Le système des valem^ légales des monnaies à ces époques n'a pas été d'ailleurs suffisamment établi.
a 6 1 . Les pièces d'argent de coin Romain, de modules plus grands que le Denier, nommées communément médaillons d*argent Latins, n'étaient probablement pas des monnaies , ainsi qu'on l'a vu au Chap. V (85).
aôa. Nous passerons enfin aux monnaies de cuivre. On a déjà vu que ces pièces furent les premières introduites à Rome , et que Ton peut fixer l'époque de leur première fabrication vers Fan 5oo avant J.-C. (57).
Ainsi que nous l'avons déjà mentionné, la première Unité monétaire fiit VJs^ qui était en même temps l'unité des mesures de pesanteur (^45).
a65. Les nK>nnaies Effectives de cuivré établies à cette époque , furent les suivantes :
Unité monétaire primitrre, ou Libella^ Liera, Pondo (poids, poids d'une Livre, la pesanteur de Yjis numnaie étant la même que celle de la Z«tV/v^poid$ ) pesant 12 Once^-poids et Taknt 12 Oncefr-monnaies.
Dix As valaient alors un Denier d'argent.
Depuis la loi Papiria , seize j4s valurent un Denier d'argent.
Ses multiples. Ses parties.
Dupondius (deux As) y Semis (moitié de VAs ou six
Tripondids (trois As)^ Onces),
VALEUR ET POIDS DBS MOmAlKS ANTIQUES. IQl
Quadrussis (quatre As) , Çuincunx (cinq Gncet) ,
Decussis (dix As ou un De- Triens ( tiers de Y As ou quatre nier). . Onces),
Quadrans (quart de VAs ou
trois Onces) , Sextans (sixième de VAs ou
deux Onces), Vncia (douzième de VAs ou une Once).
Le Quineussis ( cinq As ou un Quinaire ) et Tes Deunx(oTae Onces), Dextans (dix Onces), Dodrans (neuf Onces), Bes (huit Onces) , Septunx {seft Onces) , étaient des fractions mcv* nétaires qui ont été quelquefois citées, mdis qui n'ont pas existé en monnaies Effectives.
264. Quelques-unes de ces Monnaies portent des marques ou légendes d'après lesquelles on a pu établir le système de leurs valeurs légales et de leurs dénominations.
Voici ces marques :
Decussis. . . . valant 10 As X
Quadrussis 4 • •
Tripondius 3 III.
Dupondius. .'..... 2 II.
As .... valant . . 12 Onces I.
Semis 6 S ou • • • • • •
Quincunx. ...... 5 • « • • •
Triens 4 * •••♦
Quadrans 3 4 •
Sextans 2
TJncia i .....
:;i65. Mais ici se présente une observation impor^ tante qui n'a pas été exposée, rdiativement aux mon-
19^ £LEliBlfS, CHAPITRE IX.
naies des Peuples^Villes et Rois, puisqueaucuned'elles n'y donne lieu. Par le concours des circonstances qui se réunirent pour former rétablissement monétaire des Romains, r^j, cette Unité monétaire primitive, et qui était aussi Tunité des mesures de pesanteur, se trouva être d'un poids et d'un volume considérables. Nous avons vu qu'il fut par la suite successivement réduit. Pline fournit des renseignemens sur ces réductions jusqu'à l'époque des Empereurs. D'aprè& les indications données par cet auteur, on peut établir les gradations suivantes de ces diverses réductions :
ï. VJsUbraUSf pesa 12 Onces- poids, depuis l'introduction du monns^age , vers Servius Tullius, mort on l'an 536 avant J.-C. (a 18 de Rome ) jusqu'à la première guerre Punique , qui commença en l'an a64 avant J.-C. (490 de Rome).
Le Dénier d'argent, étabU cinq ans avant, valait alors dix de ces ^Sy et avait pris son nom de cette valeur (a46).
a, V^s sextantarius ^ pesa 2 Onces-poids, depuis la première guerre Punique jusqu'à la dictature de Q. Fabius Maximus, en l'an 217 avant J.-C. (537 ^^ Rome ).
3. JJjis undalis^ pesa une Once - poids , depuis la dictature de Q. Fabius Maximus jusqu'à la loi Papiria^ dont l'époque n'est pas déterminée.
C'est depuis celte époque, que le Denier d'argent fut déclaré valoir seize jis (267).
4. VAs semiuncialiê y pesa la moitié d'une Oncepoids, depuis la loi Papiria,
VALEUR ET K0ID6 DES MONNAIES ANTIQUES. igS
Telles sont les indications données par Pline; mais elles ne sont ni entièrement probables, m confirmées par les données fournies par les poids comparés des monnaies elles-mêmes. Il est difficile de croire qu'en si peu de temps Yjàs ail été réduit de douze à deux Onces. Les différences qui auraient été le résultat de réductions si fortes , eussent causé dans les fortunes de trop gi*ands bouleversemens , pour que de telles mesures aient été admises.
D'un autre côté , il existe des jis ou des fractions dijds de dimensions et de poids qui indiquent une réduction inférieure encore à Vjis semi * undaiis , c'est-à-dire une réduction au quart d'une Once : d'où il résulte que Vj^s fut successivement réduit jusqu'à la quarante - huitième partie de son poids originaire.
Quoi qu'il en soit de ces réductions successives , il s'en est suivi qu'il existe des j^s et, des fractions d!jds de poids différens > et qui peuvent être classés en raison de leurs poids respectifs.
Ces diverses séries iVj^s successifs conservèrent leurs valeurs nominales et légales, abstraction faite de leurs valeurs métalliques pu de leurs poids successivement réduits.
266. Nous avons remarqué , à l'article des monnaies Effectives des Peuples, Villes et Rois (^39), que quelques Villes de la Grande-Grèce avaient adopté pour Unité monétaire, dans les premiers temps, Vjfs Romain, que leurs monnaies étaient divisées suivant ce système, et qu'elles en portent les indications. On a donné à ces pièces le nom d^j^s italiques. Ce qui
194 ÉLÂMENS, CHAHTilB IX.
vient d'être eiposé à T^ard des As Romains leur est applicable.
267. Le module et le poids , et conséquemment la valeur métallique de XAs furent successivement réduits à Rome, comme nous venons de le voir, jusqu'à Tépoque des Empereurs : alors la monnaie de cuivre se trouvant fixée & une valeur basse, en raison de son poids , cette valeur conserva plus dé fixité qu'elle n'en avait eu précédemment.
!i68. Dans les bas-temps ^ les modules et les valeurs furent changés , comme il a déjà été dit à l'article des monnaies d'argent (a6o).
269. Sous les Empereurs, et principalement dans les premiers temps de l'Empire , il fut frappé un assez grand nombre de pièces de bronze, de diamètres plus étendus que les pièces ordinaires. On a déjà vu (Chap. V, 85 et 86) que ces pièces, que l'on nomme communément médaillons Latins de bronze^ n'étaient probablement pas des monnaies.
270. Titre. L'or a été employé à un très-haut degré de fin dans les monnaies Romaines ( 1 49) ^ sauf quelques exceptions peu nombreuses dans les bas-temps. L'argent fut également employé très-pur jusqu'au règne de Septime Sévère. 11 fut alors altéré successivement, comme nous l'avons déjà dit (î 54) ? jusqu'à Dioclétien. Ce dernier rétablit la monnaie d'argent fin, qui fut conservée depuis lui.
271. Poids. Les dénominations affectées aux monaies' de bronze étaient originairement les mêmes que celles des poids, et les pesanteurs étaient pa-
VAIiEUR ET mOS J)B6 MOIfNAIES ANTIQUES. IqS
reilles. ôû vieot de voir que ces pièces éprouvèrent successivement des réductions (265).
272. Quant à l'argent, on sait que 84 Deniers Ro* mains, monnaie^ pesaient u^e livre Romaine, poids.€tn a donné comme certain qne le Denier Romain était égal 9 relativement au poids, à la Drachme Attaque ; mais la réalité n'est pas conforme à cette assertion , admise par quelques écrivains. Lapoids du Dénier* d'après de nombreuses expériences faites sur des Deniers des Ëunilles Romaines , était, à cette époque, de 73 à 74""''"'. Il se maintint à ce taux pendant la République ; mais il fut diminué, depuis, sur^tout sous le règne de Septime Sévère , époque où la monnaie d'argent commença aussi à être itérée sous le rapport du titre.
375. Valeur Légale ou Nominale. La valeur Légale des diverses monnaies a été indiquée en traitant des monnaies Effectives* On y a vu quel était le système des valeurs Légales des monnaies chez les Romains.
^74. Valeur Métallique. Nous devons faire , à cet égard, les mêmes observations que pomvles mon«naies des Peuples, Villes et Rois; c'est que nolis igncM*0BS quelle différence Ton faisait, dans l'anti^^ quité , entre les métaux monnayés et ces mêmes mé^ taux non moimayés, et que ces détails, si on pouvait les établir, se rapporteraient plîitôt à l'écohâ^ mie politique qu'à la Numismatique.
Quant à ta valeur Métallique actuelle des monnaies antiques, elle se calcule sur le poids et le titre eïacts de chaque nature de pièces. IL en sera traité au Chapitre XIX. • ''•
196 ELÉMÉNS, CHAPlTilB^ 1X4
275. Nous terminerons cet exposé ,par utie observation remarquable. Aucune monnaie dW des Peuples , Villes et Rois ne porte d'indicati^op de sa valeur Légale. Chez les Romains , trois monnaies d'or seulement portent la marque de cette valeur (ûSs). Ces trois pièces , frappées à une seule ^ocpie, et vers le temps où b monnaie d'or fut introduite à Rome ^ soiit foii; rares . et aucune autre monnaie d'or Konudne n'offre de semblables indications. On n'a donc pu trouver le râpjJort précis de Tor avec l'argent dans le monnayage des anciens que pour une seule époque diez les Romainis. Parmi les monnaies d'ar^gent et de cuivre, tant des Peuples, Villes et Rois, que des Romains y quelques-unes portent des indications qui ont suffi pour retrouver les systèmes de di^sion de ces monnaies, leurs valeurs Légales, leurs noms, et \p rapport de ces deux métaux entre eux. Ne seiplïle-t-^il pas que nous devons conclure de là que les anciens avaient découvert dès le commencement du monnayage et ont toujours reconnu depuis, sauf une seule exc^tion , que les deux métaux pfécieux ne pouvaient pas être monnaies tous les deux à-la-fois ; que de œs deux métaux , ils admettai^t seulenient l'argent comme monnaie , en considérant l'or monnayé comme marchandise à laquelle le monnayage donnait seulement un poids et im titre constatés ; enfin qu'ils admettaient aussi le cuivre comme monnaie , par les motifs qui ont été développés au commenceîaQent de ce Chapitre (204 et auiy.)? Cette opinion, qui n'e3t pas ju$tifiée par des textes anciens, peut être considérée , sans doute , cotlime au moins