VALEUR ET POIBS DES MONNAIES ANTIQUES
Il a été question , à l'article des monnaies des Peuples , Villes et Rois , d'une opinion suivant laquelle la Drachme Grecque de Compte et le Denier ou le Sesterce Romain de Compte ne seraient équivalens qu'aux deux cinquièmes de la valeur des monnaies Effectives portant les mêmes dénominations. Ce qui a été dit sur ce système pour les peuples Grecs est applicable aux Romains, et cette opinion paraît avoir été entièrement réfutée (aaS).
a49- Les monnaies de Banque furent vraisemblablement aussi inconnues aux Romains qu'aux Grecs.
aSo. Monnaies Effectives. Nous avons vu que les premières monnaies frappées à Rome furent celles de cuivre y puis celles d^qfgent , et enfin celles d'or. Il serait à propos de suivre ici cet ordre dans les indications relatives aux monnaies ^jËfifectives ; mais , pour ne pas intervertir la marche constamment adoptée dans toutes nos observations , nous suivrons l'ordre inverse.
a5 î . Ainsi que nous Favons déjà établi (58), les prexioières monnaies d'or furent probablement fabriquées à Rome en Tan ao6 avant J.-C. (54^ ^'^ Rome). Il fut établi deux pièces d'or différentes (255) : i°. le Denier d^or, a®, une pièce valant la moitié de celle-ci , et à laquelle on a donné le nom de Quinaire d^or.
25a. Le rapport de l'or à l'argent est plus facile à constater chez les Romains que chez les Grecs, et nous avons, à cet égard, quelques secours qui nous manquent, ainsi qu'on l'a déjà vu, pour les systèmes monétaires des autres peuples. Les passages des auteurs anciens qui se rapportent à ce sujet ne sont
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pas entièx^ement satisfaisants ; mais en comparant ces données avec la connaissance de la valeur du Denier d'or, fixée à a5 Deniers d'argent j et en faisant le calcul des poids , on arrive à des résultats.
De plus , nous trouvons dans les monnaies mêmes un renseignement très-important qui doit nous servir de guide , quoiqu'il ne se rapporte qu'à une seule époque. Trois monnaies d'or fort rares, qui ont ét^ très-probablement frappées dans 1^ Campanie , sous l'autorité Romaine , pendit la République , peuvent être considérées comme émises ver& le temps où les monnaies d'or de coin Roiaain commencèrent à être firappées. Ces trois monnaies portent les annotations !(uivante$ :
1|^X (soixante Sesterces).
XXXX (quarante Sesterces).
XX (vingt Sesterces).
U n'y a pas de doute sur l'exactitude de ces interprétations.
D'après les examens que Ton a faits des poids de ces pièces y avec autant d'exactitude que la chose est possible pour des monnaies fort rares et dont il existe peu d'épreuves ^ on a trouvé les résultats suivans,qui ne doivent être considérés toutefois que comme des approximations , n'étant pas exactement d'accord entre eux.
Pièce de soixante Sesterces (qni devait peser trois Scrupules delalivrç Romaine) 64 fi'»'"*-
Pièce de quarante Sesterces ( <jui devait peser deux Scrupules de la livre Romaine) 4^
Pièce de vingt Sesterces (cpii devait peser un Scru^ pzf/e de la livre Romaine ) 21 i
VALEUR ET POID6 DES HOIVNAIES ANTIQUES. 1 85
On a fait ensuite les calculs suivans : '
Le Scrupule d*or étant la vingt-quatrième partie de l'Once/, une Livre ancienne contenait a88 Scrupules. En multipliant 288 par a i ^^ j , poids de la pièce d'or de 20 Sesterces, qui pesait un Scrupule, on a, pour poids de la Livre ancienne , Ç, 1 44 grains.
Le Scrupule d'or valant no Sesterces d'argent , ou cinq Deniers t la Livre d'or, contenant !i88 Scrupules , valait 1 ,44o Deniers d'argent.
Nous savons par Pline que l'on £Erisait 84 Deniers d'argent dans une Livre de ce métal.
Divisant 1,44^ P^tr 84, on trouve 17 y. Donc le rapport de l'or à l'argent était alors de i à 1 7 f , c'est-à-dire qu'une Livre d'or valait 1 7 y Livres d'argent.
Mais il £siut observer que ces calculs et leurs bases n'ont pas été généralement admis, et que les résultats ont été donnés par divers auteurs, de façons im peu différentes.
Yoicî les principales de ces évaluations :
SaVot établît le poids du Scmpxile Romain à 2 1 grains > et celui de la Livre Rpmaine à 6,048 grains.
De la Nauze les porte à 21 grains j et à 6>i44 grains.
Rome de l'Isle , comme Savot.
Eckliel , comme de la Nauze.
M. Letronne établit ces poids à 2 1 grains ^^ et 6, 160 grains.
255. Quoi qu'il en soit de ces différences et de quelques autres qui né sont pas d'une grande importance, le rapport de l'or à l'argent était, en adoptant ce système, de i à 17 environ lorsque
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l'or fut employé dans le monnayage par les Romains pour la première fois.
A cette époque, Tor n'existait qu'en petite quan* tité. Il devint successivement moins rare. On a, cherché à fixer les diverses époques auxquelles le rapport de ce métal avec largent fut progressivement réduit. Les détails sur ce sujet seraient nombreux, et nous ne pouvons les exposer. Il faut se borner k indiquer ici quelle est l'opinion la plus générale* ment admise à cet égard. Voici donc l'indication de ces rapports , d'après le système le plus universellement adopté :
I . Depuis l'an 206 avant J.-C. ( 547 de Rome) jusqu'à Tan 193 avant J.-G. (56o de Rome). . . i à 17 f 3 . Depuis cette époque jusqu'à l'an 1 33 avant J.-G.
(620 de Rome) i à i4 f
3. Depuis cette époque jusqu'à l'an 118 avant J.-G. . (635 de Rome) i à i3.
4* Depuis cette épocpie jusqu'à l'an io3 avant J.-C.
(65o de Rome) i à la î-