CHAPITRE XI
^ Inscriptions des Monnaies et Médailles antiques.
ad5* Les. inscôptions ou légendes qui se trouvent sur. le$ monnaies et médailles antiques sont une des parties les plus intéressantes de la Numismatique et celle de toutes, d'où Ton tire le plus de secours pour les recherches qui sont le but' de cette science. Ce Sont leâ inscriptipns^numisCnatiques qui fournissent particulièrement tant d'éclaircissemens sur la my tfao* logie, la chronologie, Thistoine, les cultes divers et la gé<^aphie. Sans elles » on ne connaîtrait pas les noms des personnages de l'antiquité, dont les monbaies nous ont conservé les traits, car les marbres qui les représentent aussi sont presque toujours privés* d'inscriptions « et n'ont pu être reconnus qu'à Faide des légendes numismatiques.
3e vais exposer Iqs points les plus importans ^us
lesquels on peutxx>nsidérer les inscriptions en elles-
>0iénfes, en* resserrant cet examéu dans]es bornes vou-
luesipat* la nature de cet ouvrage. La I^unaUmatique
tout entière, poui* ainsi dire, se trouve dans les lé-
liendes des monnaies et des médailles ; il ne doit donc
<étre question ici que des légendes ou inscriptions .en
'elles-mêmes, sous le point de vue matériel, et ab-
stractionr faite de leurs significations.
2SSu Origine, progrès, nature des inscriptions. * Dans les premiers temps, où le monnayage fut pra-
INSGRlPtlONS DES AQNNAI^B ANTIQUES. %P7
tiqué, le but de Cette invention aurait dû por^ à placer sur les monnaies^ des iodications^de leurs ya«leurs ou de leur$ poids. C'est ce qui n'eut cependant pas lieu chez les inventeurs du monnayage, ni chez aucuu des Peuples de l'antiquité , les Romains excep- ' tés. Le peu de monnaies Gkrecques sur lesquelles on trouve des. indications de leurs videurs légales soiH bien postéiieures auxpremiers temps du monnayage: Dans l'origine, dpnc, les inscriplîons placées sur les monnaies Grecques furent très- courtes et consis* tèrent presque toujours dan^ le nom^seul du Peuple ou 4b ia Ville , souvent mjême par aBi^viation. Ces indications abrégées, qui sont quelquefois d'une seule lettre ou de deux ou trois , ou bi^n qtii sofit disposées en monogrammes , qauseitt des nicertitudes sur les attributions à donner aux pièces, hx»^ que les types ou la fabrique n'aident pas dans 'cette détermination* Il en est résulté souvent des erreurs dans les noms qui étaient attribués à ces» sortes de pièces. Il est même permis de penser que» quelques attributions hasardées ont encore lieu quelquefois. Un asse^ grand nombre de monnaies de ces premiers temps ne portent même aucune légende ni eoftière ni abrégée, ce qui laisse souvent 4es doutej sur les lieux auxquels on l^s doit atvibuer, lorsque les types ne su£fisent pas pour fournir des indices certains à cet égard. Mais les types adoptés par certaines Villes suffisaient alors, à la vérité , sans l'indication des noms de ces Villes , pour faire reçonns^re leurs monnaies. Qu^ques ViHes avaient gussi adopté des types Élisant allusion ,à leurs noms,>t*^qui ne làissaient^ii •
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cuinte incertitude et pouvaient dtspi^nser de Tinscriptio|i de ces ilbnis, comine Cardia ^ un cœur; Rhodusy une rose, etc. Ces4ypés sont ceux qu'on a nommés Types parions et que rious avons déjà cités ( 1 88). - Peu à peu les légendes devinrent plus générales, pkis complètes , et moins abrégées. Des noms de divi* nités , de demi-dieux , des titres , des noms de ma* gistrats , des indications géc^^raphiques relatives à la situation des Villes , et d'autres indications diverses parurent datas les Iégendest<de$ monnaies. Les Princes y firent placer, leurs, noms et les titres qu'ils prenaient. On a même beaucoup d'exemples de pièces portant les noms de deux nations ou Villes dififérentes, et même plus,, -en signe d'alliance. Des lettres iàolées^ des tnonogrammes, ou lettres réunies, fur^t placés dans le champ des pièces : leurs significations sont encore presque toutes à expliqua. Lorsque les villes Grecques fiicent obligées de placer sur leurs monna^ ]es effigies Impériales, les inscriptions portèrent tous les titres que l'adulation ne manquait pas de donner aux 'maîtres du monde. Les modules plus grands que .précédemment, qui furent alors adoptés, fournirent le janoyen de placer sur les pièces des légendes plus étendues que dans les temps antérieurs: aussi les inscriptions de ces époques offrent de nouveftes indications relatives aux cérémonies , aux jeux , aux époques , aux sites et aux divisions géographiques. Plus on s'éloigna de la simplicité des premières moeurs » plus les légendes des. monnaies Grecques portèrent de traces d'adulation, de vanité, et de faste dans les titres çt les distinctions.
INéCKIPTIONS DES MONNAIES ANTIQUES. aOQ
^87. Chez les Romains , les premières monnaies offrirent ce gu'on ne trouve pas sur celles des peu* pies Grecs, les indications des valeurs et des poids. Du reste, les légendes de ces premièriss monnaies furent simples. IBUentot , lorsque la monnaie d'argent fut introduite , les légendes , laissées sans doute à la disposition des Triumvirs monétaires, portèrent des indications relatives à des personnages de leurs familles. Beaucoup de* légendes des monnaies Consu^ laires se trouvent ainsi être historiques, parce que les personnages qu elles rappelaient avaient figuré antérieurement dans lAs événemens qui s'^taiçnt passés à Rome ou dans les guerre soutenues par la République. Après l'établissement du gouverqement Impérial, les monnaies représentèrent les images des Empefieurs ou des personnages de leurs familles. Les légendes portènent alors k l'Avers les noms et titres des personnages ; celles du Revers des pièces furent relatives à leurs conquêtes , à leurs voyages, aux qnalités qu'on leur reconnaissait, aux honneurs qui leur étaient décernés , aux divinités auxquelles ils professaient plus de dévotion , aux louanges qu'ils accor«> daient au peuple ou aux armées^ à des dispositions de munificence -ou d'administration , aux jeux publics , et à une foule d'autres circonstances historiques ou locales. Les légendes des monnaies Romaines eurent beaucoup plus de fixité , de clarté et d'uniformité que celles des monnaies des Peuples, YiUes et Rois. Si nous y trouvons un pombre infiniment moins grand de notions à recueillir , au moins elles nous offrent moins de doutes à dissipep, moins d'énigmes à ex- I. 14
aïO ÉI.ÉMENS , GHAPITBE \I.
plîquer, moins de mystères àéclaircir. Dans les temps du Bas-Empire , les' légendes devinrent irrégulières , bizarres , et quelquefois d'une interprétation difficile ; elles se ressentirent enfin^, comme toutes les autres parties constitutives dfes monnaies, de la décadence successive de l'art monétaire.
288. C'est ici le lieu de rappeler l'espèce de monnaies déjà citées (186) sous le nom de monnaies restituées ou restitutions, du mot RESTITVIT, qu'on lit sur ces pièces copiées sur des pièces antérieures, pour renouveler tamépioire de personnages que voulaient honorer les Empereurs qui les ont émises. Telles-sont; par exemple^ les diverses monnaies Consulaires restituées par Trajan , et différentes pièces de ce genre que Gallien fit frapper, et qui , sans être précisément toutes des copies de pièces antérieures, rappellent les consécrations de plusieurs de ses prédéœsseurs.
289. Disposition des inscriptions. Dans les monnaies des Peuples, Villes et Rois, les inscriptions sont placées de façons fort différentes. Elles sont en lignes courbes suivant la rondeur- de la pièce , ou en lignes droites , placées dans un sens ou dans l'autre ; quelquefois un mot est divisé en deux , ou trois , ou quatre parties : on voit, mais rarement, des noms dont le commencement est sur le premier côté de la pièce et la fin sur le Revers; quand les légendes sont longues les lignes sont doublées ; les inscriptions se troïivent quelquefois inscrites sur des parties des types, comme sur un casque, un diadème, un autel, un bouclier, etc. ; souvent un coté est sans inscriptions. Le^ noms des Peuples et des Villes sont indiqués en