‹ Manuel de numismatique ancienneChapitre 41 sur 98 · INSCRIPTIONS DES MONNAIES ANTIQUES · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS DES MONNAIES ANTIQUES

ment des légendes. Ces conti^e-marques sont assez cornniuues sur des nxMiBaies de certaines contrées. Les contre-marques qui se trouvent sur les monnaies de coin Romain portent en général des inscriptions et des monogrammes et peu de types. On en voit trèsrarement sur les Consulaires, mais un assez grand nombre sur les monnaies des Empereurs , en cuivre.

agS. jirrangemerU des lettres dans les mots.

Presque toutes les légendes des monnaies antiques sont inscrites régulièrement de gauche à droite; quelques pièces, cependant, offrent des exemples de deux autres méthodes. Ce sont les inscriptions en écriture rétrograde et en écriture boustrophédon.

294. L'écriture rétrograde consiste en ce que les lettres sont placées de droite à gauche. Cette manière d'inscrire les légendes se voit plus particulièrement sur quelques-unes des monnaies Autonomes des Peuples et Villes des premiers temps du monnayage , et principalement dans les Villes de la Grande-Grèce et de 1^ Sicile. La plupart des ipoqpaies Étrusques, Osques, Samnites portent s^ussi des légendes rétrogrades. Le nombre des pièces sur les«quelles les noms des Villes sont ainsi inscrits est assez grand. Je citerai pour exemples : noiamyh pour KYMAiON , Cumœ de Campanie ; AgaMi ppur imepa , Himera de Sicile ; aT3M pour meta , Metapuntum de Lucanie. C'est la contre-partie ,. Ift contre-épreuve de. l'écriture régulière. Aussi quelques auteurs ont-ijs avancé que ces légendes ainsi |igurées avaie^t été produites par IHnadver tance des graveurs, qui portaient spr les coins Içs légende^, tellçs qu'pp devait

ai 4 ÉLÉMIKS, CHAPITRE XI.

les lire, de façon que sur les pièces wênies, ces- légendes se trouvaient en contre^partie. Cette opinion ne p6ut pas être admise par plusieurs motifs : d^abord^ les. monnaies des diverses Yilles^, si^ lesqijfôlles on trouve des légendes rétrogrades, en offrent un assez grand nombre d'exemples , ce qui ne se serait pas répété si c'eût été une erreur monétaire ; en second lieu, quelques tnonnaies portent d'un coté uiie légende rétrograde , et de l'autre une légende en ordre régulier, entre ftiUres une pièce de la \i\le de Buxen-^ tum où Pixus de Lueanie, sur laquelle on lit en ca* ractères anciens^ d'un côté : dteoes et de l'autre sONWis pour 2H>mo2 j enfin , et ce dernier argument est décisif, on trouve sur quelques monnaies le nom de la ville figuré d'un côté en écriture régulière , et de l'autre en écriture rétrogade, et je citerai à cet égard des monnaies delà viUe de Posidonia-Paestum de Lucanie qui portent d'un côté: noMEi {lisez nosEï), et de l'autre t AïaMon (pour AiHîon).

On trouve aussi quelques exemples d'une seule lettre placée dans une légende en ordre rétrograde, comme, par exemple : A0a pour ase. Il est probable que cette disposition-ci provient d'erreurs monétaires.

agS.^jOn ne trouve point de légendes en écriture rétrograde dans les monn^aies et médailles Romaines.

agô. L'écriture bôustrophédon consiste en ce qu'une partie de l'inscription est placée dans l'ordre régulier de gauehe à droite, et l'autre partie en ordre rétrograde de droite à gauche. Ce mode d'écriture paraît avoir été en usage en Grèce dans les temps

INSCRIPTIONS DES MONNAIES ANTIQUES. :2l5

anciens non-seuleiûei}t^ pour les monnaies , mais aussi pour les marbrés. On croit que les lois de Solon avaient été ainsi écrites ('). Pausanias parle de cette écriture en décrivant le monument; de Cypselius (*). I ^

L'élymologie du mot Boustrophédon indique que cette écriture fait des conversions comme les bœufs qui labourent , et que les lignes se troujent placées comme les sillons de la charrue. On connaît très-peu de marbres anciens qui offrent ce genre d'écriture; mais les exemples en sont assez fréquens sur les monnaies Autonomes de quelques Villes, monnaies frappées dans les premiers temp^ du monnayage. Je citerai pour exemples :

NEOnOAI SAT AKPAC SOTMA AK KA YAq KION

I pour NEOnO AIT A2 , Neapolis , de Gampanie. I pour AKPACANT05;, Agrigmtum, de Sicile.

[ pour AKAN 9 Acantkus, de Macédoine.

\ pour PAYKION, Rhaums, de Crète.

^97. Il ne se trouve point de légendes en écriture boustrophédon dans les monnaies et médailles Romaines.

agS. Lettres isolées. On voit sur quelques pièces Grecques des lettres , soit seules , soit au nombre de deux ou trois , qui indiquent en abréviation les noms des Peuples , Villes ou Rois qui les ont fait

(•) Harpocraftion. — (') L. V, c. 17.

2l6 ÉLÉMER^, CHAPITRE XL

frappem Dans ce cas, ces lettres forment rinscripticm principale des pièces smr lesquelles elles se trouvent, et elles sont quelquefois en caractères qui 'remplis* sent une grande partie du champ. Ce mode d'indication des noms des Villes et Princes n'est pas trèsfréquent. Il en a été question au commencement de ce Chapitre, au paragraphe où nous avons parlé de la nature des inscriptions (286).

Mais , outre ces abréviations de noms , on voit sur la plupart des monnaies antiques, avec les légendes principales, des lettres isolées, soit seules, «oit au nombre de deux ou trois, placées irrégulièrement dans le champ. Elles soHtt fréquentes sur les monnaies des Peuples , Villes et Rois. Ces lettres indiquent quelquefois des dates : il est alors d'autant plus utile et d'autant plus possible de les expliquer, que la discussion des époques qui se rattachent aux diverse^ ères des anciens, conduit souvent à des résultats historiques et chronologiques aussi certains qu'intéressans.

Il est à propos de donner ici, à de sujet, la nomenclature des lettres numérales des Grecs.

Page 1