ÉLÉMENS, CHAPITRE XV
mais cet opuscule est incomplet , et manque de méthode : il contient des choses qui sgnt étrangères au sujet, et renferme quelques assertions qui dénotent peu de connaissances dans le système constitutif du monnayage. Cet auteur dit , par exemple, que la fabrication des pièces fourrées fait çonnaitre que Vargent était rare dans F Empire Romain y puisquun ouvrier risquait d'être puni pour contr^aire une médaille d'argent qui vaut à peine aujourd'hui quinze sous y et qui était alors d'un bien plus bas prix. Il y a dans ce passage autant d'erreurs que d'idées.
565. Les monnaies et médailles antiques falsifiées dans les temps modernes, considérées en elles-mêmes, offrent deux aspects séparés sous lesquels elles doivent être examinées : d'abord les diverses espèces de ces pièces , et ensuite lel^ divers procédés employés pour leur fabrication.
Les diverses espèces de pièces fausses sont les suivantes :
366. Pièces conformes aux pièces antiques. Ce sont celles qui sont en tout conformes aux monnaies et médailles authentiques , soit qu'elles soient moulées sur celles-ci , soit qu'elles aient été frappées avec des coins gravés en copies exactes.
567. Pièces imitées des pièces antiques. Ce sont celles qui sont moulées ou frappées dans le style et la manière antiques, mais sans en être des copies
qui sontcontrefiaites. Paris, Briasson, 1789, in-4. Réimprimé dans le tome III de l'ouvrage intitulé : Histoire abrégée des Empereurs romains et grecs, etc.; par Beauvais. 1767, in- 12, 3 vol.
FALSIFICATIONS MODERNES. ^Sg
exactes , celles dont les ressemblances eacacles pour-* raient exister réellement antiques et n'existent cependant pas. On doit ranger dans la même catégorie les pièces antiques qui ont été altérées par le burin ou autrement, pour les dénaturer et pour leur don* ner l'apparence de variétés rares et non connaes.
368. Pièces imaginaires. Cette catégorie contient^ 1^. les pièces qui n'ont aucun caractère de ressemblance avec les pièces antiques, sous le rapport de lart et de la fabrication ; a^. les pièces dont l'existence n'est pas possible , comme les médailles de Priam , d'Achille , d'Énée et d'autrcfs personnages qui ont vécu antérieurement au monnayage^ pièces présentées comme fabriquées de leur temps ; 3<>. enfin celles même de personnages qui ont existé depuis l'établissement des monnaies, mais dont on ne connaît pas de pièces antiques, comme Périclès, Annibal, Sci-' pion , et une foule d'autres.
Passons maintenant au second aspect sous lequel on doit considérer les pièces dont nous nous occupons, celui des divers procédés employés pour leur fabrication. Il ne nous reste plu$ que peu de considérations à exposer sur chacun de ces procédés, dont voici la nomenclature.
56g. Pièces antiques retouchées à VoiUiL Les pièces de cette nature sont des monnaies et médailles véritablement antiques travaillée&par le burin ou d'autres moyens , soit pour les&nre paraître mieux conservées qu'elles ne le sont réellement , soit pour en faire , au moyen de quelques changemens, des pièces diffé- , rentes et rares.
ja6o ÉLÉMENS, CHAPITRE XV.
Lorsque les faussaires ont voulu retoucher ces pièces pour leur donner l'apparence d'une conservation meilleure qu'elle ne l'était en effet, ils se sont bornés à creuser légèrement le champ autour des figures et des lettres et à indiquer d'une manière plus sentie les contours des figures c^t des objets représentés , à en retrouver le modèle, afin de rendre à ces pièces une partie du relief que le frottement leur avait fait perdre. Il y a quelques exemples de côtés de pièces refaits ainsi en entier.
570. Quand les faussaires ont voulu faire avec des pièces antiques communes d'autres pièces rares , ils ont choisi des monnaies ou des médailles qui pussent subir les changemens nécessaires avec le moins de travail possible. En général ce genre de falsification n'a été guère exercé que sur les pièc^ Romaines, soit de coin Romain , soit Impériales- Grecques. Ainsi on a choisi une Orbiana pour en faire une Anrda Faustina, un Valerianus pour en faire un Aemûianus , une Mamaea pour en faire une; TranquilUna , un Claudius d'Aiitioche en cuivre pour en faire un Otho , etc. Ces sortes de transformations n'ont été opérées en général que sur les pièces de bronze , parce que les changemens nécessaires peuvent s'effectuer plus facilement sur ce métal, et être ensuite plus aisément cachés, ainsi qu'on va le voir. Comme les changemens à faire étaient presque toujours du côté de l'Avers ou de la Tête , on avait soin de choisir des pièces dont les Revers pussent convenir aux têtes falsifiées. Après avoir donc fait un choix convenable, le faussaire travaillait au burin
le côté qu'il voulait changer, il altérait les parties des légendes à faire disparaître et les remplaçait par les lettres nécessaires pour concourir à former les nouvelles légendes ; il faisait dans les profils des figures , dans les cheveux et dans les barbes les changemens indispensables pour approcher de la ressemblance des têtes qu'il cherchait à créer. Ce genre de fabification, quoique plus généralement adopté pour les pièces Romaines , l'a aussi été pour les Grecques , et particulièrement pour changer les noms des villes, en substituant par la retouche des lettres un nom à un autre , ce qui fait d'une pièce commune une pièce rare, soit par le nom de cette ville , soit par le type. Plus un faussaire avait d^habileté dans ce- genre de travail, de discernement et de pratique, mieux il réussissait dans ces sortes de falsifications. Nous avons dit qu elles ne se faisaient en général que sur les pièces de bronze, et en voici le motif. Les pièces ainsi refaites étaient enduites d'une patiiie fausse, qui, en couvrant tous les travaux à l'outil , en dissimulait en partie les défauts et en cachait du moins les traces»
Ce mode de falsifications offrait de grandes difficultés, à cause de l'incertitude des résultats de ce travail, fait sur les pièces mêmes, et sur-tout'à cause de la disparate qui résultait nécessairement entre les deux côtés de ces pièces, dont l'un était intact et l'autre retouché. Aussi était-il facile en général de reconnaître ces sortes de faussetés. Ce genre de troiuperie, qui a été pratiqué particulièrement en Italie , a donc été à-peu-près abandonné depuis long-