‹ Manuel de numismatique ancienneChapitre 67 sur 98 · CLASSEMENT DES MONNAIES ET MÉDAILLES · texte numérisé non relu

CLASSEMENT DES MONNAIES ET MÉDAILLES

pays sur lesquels ils ont régné. Les Impériales- Grecques et les Coloniales sont classées à chaque ville après les Autonomes.

Ce système de classement des monnaies des Peuples, Villes et Rois est complet et raisonné ; il ouvre le champ à tous les progrès que la science j^eut faire , et toutes les améliorations, tous les redressemens que Ton peut admettre viennent ^^y coordonner sans embarras et à l'avantage du système lui-même.

4o6. Les pièces Romaines, ou plutôt de coin Ro^ main , sont aussi soumises, dans l'ouvrage d'Eckhel , à uu système de classement, en grande partie nouveau à cette époque. Il les divise d'abord en. trois séries, qui, en effet , se succédèrent chez les Romains , comme nous l'avons déjà indiqué; i^. les.^^ et leurs parties, a^. les monnaies des Familles^ Romaines, 3^. les monnaies et médailles «des Empereurs, Césars, etc. Pour la première de ces séries, J. Eckhel suit la classification, déjà connue, par fractions de XAs ; la seconde série. est classée par Familles, r?ingées dans Tordre alphabétique , en réunissant , ensemble tous les métaux et tous les modules. Quant à la ti'oisième série, celle des pièces Iippériales^ J. Eckhel admet un ordre entièrement nouveau à cette époque, et dont le but est de parvenir à un classement strictement chronologique de tout le système monétaire Impérial-Romain. Il réunit d'abord les pièces de chaque personnage de tous métaux et de tout module, et il cherche ensuite à établir l'époque précise de la fabrication de chacune d'elles , par les indications résultant des légendes, par les preuves historiques et

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autres, et principalement par. les cktes des divers titifes des Empereurs, litres qui ont été souvent consignés sur les pièces de cette série. .

4o7> Ce demi» système est sans doute tout-à-fait dans un but scientifique et utile. Mais* la classification des pièces de chaque personnage dans cet ordre chronologique offre d'assez . grandes difficultés et exige des discussions approfondies. L'auteur lui-même l'a reconnu, et il a dû admettre, pour chaque personnage, une classe de pièces qu'il désigne comme vagues, .ç^est-'à-'dire ne pouvant pas être pkcées à une époque précise. Cette partie du système d'Eckbel est celle qui a été la moins goûtée, la moins appréciée. Elle n'a point été, en général , suivie dans les nomenclatures et les catalogues, bien que l'on doive reconnaître que ce système est, scientifiquement, la base des recherches relatives à tout ce qui a trait à la Numismatique Impériale de coin Romain*

4o& Le systèïne de classement des monnaies et médailles des Peuples*, YiUes et Rois, tel qu'il a été donné par J. Eckhel, aété généralement admis, et il est suivi par tous les éccivains etpar les collecteurs. DesiRiodificattons de détail ont été faites dans quelques dispositions peu> importantes, des changemens d'attributions ont été reconnus convenables dans quelques parties^ Mais le' système en lui-même est resté la base actuelle de toute la science Numismatique.

409. Le système d'Eckhel est-il véritablement complet, parfait 9 et au-dessus de tout besoin d'am^îoraticHi ? En reconnaissant que ce système a presque tous les avantages désirables, et qu'il est bien près

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de la perfection, il faut avouer, cependant, qu'il pourrait être amélioré dans un point important.

II. est évident que ce système n'a pas toute l'unité nécessaire , et qu'il serait possible de le réformer dans son premier élément , la division en ses deux parties , 1 ^. les piècesdes Pi^uples, Villes et Rois; 29. les pièces de coin Romain. Pourquoi cette séparation ? Elle n'a ét^ motivée que par une seule raison , le nombre prodigieuxdesmonnaies.de coin Romain. Ge nombre est tel qu'il ég^le.presque celui des monnaies de tous Içs autres peuples. Ëckhel a donc considéré cette partiiçde la Numismatique antique commedevant former une .classe s^>arée9 ^ cause de son immensité relative, et parce que Ton peut la disposer dans l'ordre chronologique, ce qui n'est pas possible pouries monnaies des autres Peuples. .

Ce motif n'est cependant pas entièrenlent satisfaisant; il ne me semble pas suffisant pour établir une exception , car la séparation des monnaies de coin Romain de toutes les autres en. est une véritable. Le Peuple Romain , quoique le plus grand des Peuples de l'antiquité, quoique ayant soumis toûsies autres, n'est cependant pas autre chose qu'un Peuple, et son système monétaire, bien qu'égal en importance à tous les autres ensemble, n'est aussi qu'une partie du,système monétaire général des anciens. Pourquoi faire des monnaies de ce peuple une classe à part, une exception sans nécessité ? Tout système de classification scientifique quelconque doit, pour être bon, être un, simple, et tel que tout ce qui en dépend s'y r£(ttache dans l'ordre établi; il doit être sur-tout

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réglé de façon à ce qu'aucune exception ne s'y trouve nécessairement introduite. Dans les classifications des productions naturelles, on a procédé ainsi. Le cèdre peut se trouver classé à côté d'un faible arbrisseau. .

Mais il y a plus. Le système qui sépare les monnaies de coin Romain de celles de tous les autres peuples n'est pas dans la ligne du vrai. Pour qu'il fut dans cette ligne ^ il faudrait que toutes les monnaies de coin Romain eussent été fabriquées à Rome. Alors cette classe de monnaies ne serait réellement pas séparée du système général, quoiqu'elle se trouvât placée à part. Ce serait le système monétaire de la ville de Rome transporté à la fin de la nomenclature de tous les Peuples et Villes, au lieu d'être inséré à sa place géographique dans le Latium. Il serait fort facile de reporter par la pensée toute cette nombreuse série à sa véritable place.

n n'en est pas ainsi. Toutes les monnaies de coin Romain n'ont pas été fabriquées à Rome ; un trèsgrand nombre d'entre elles l'ont été dans diverses provinces de l'Empire ( io8 à 1 14)« . On peut ss^ils doute considérer comme se rapportant à l'histoire du Peuple Romain les monnaies des personnages qui, ajrant pris la pourpre dans les provinces de l'Empire, furent ou ne furent pas reconnus par le Sénat où par les Empereurs, plus puissans qu'eux et maîtres de la capitale, et ne commandèrent jamais à Rome. Mais ces monnaies , en rentrant dans l'idée d'un système de classement général un et vrai , ne seraient-elles pas mieux classées en les plaçant

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aux contrées où elles ont été fabriquées qu'à la série Impériale des maîtres de Rome, puisque ceux dont elles portent les images n'ont jamais commandé dans cette capitale ? Les pièces de Camusius et àiAllectus ne sont-elles pas y plus que toute autre chose , des monnaies d'Angleterre ? celles de Marins, des monnaies des Gaules ? celles de Quiètus^ des monnaies («e Syrie? Les pièces frappées dans les provinces de l'Empire par des princes qui, après y avoir été pro-* clamés empereurs, sont devenus maîtres de la capitale et ont été reconnus par le Sénat , ne seraientelles pas mieux classées à ces provinces que confondues dans la série Romaine ?

Ainsi donc , un système de dassificaticm suivant lequel on place les monnaies de tous les Peuples aux contrées dans lesquelles elles ont été fabriquées, en y joignant même les pièces que les divers Peuples ont émises avec leurs noms et les effigies Impériales-Ro« maines , et suivant lequel , ensuite, on distrait, pour en faire une classe à part, les monnaies de coin Romain, ou proprement Romaines , quoique beaucoup de ces monnaies aient été fabriquées dans diverses contrées; un tel système, dis-je, non-seulement n'a pas l'unité qui est le caractère de toutes les bonnes méthodes de classification , mais encore n'est point basé sur un principe vrai.

4io. Ce serait sans doute une hardiesse trop présomptitôuse et tout-à-fait dénuée de sens, que de vouloir attaquer le système de classification établi par Eckhel , système qui a reçu une approbation aussi générale , et qui la mérite à tant de titres. Aussi l'o-

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pinion que j'ose émettre à cet égard n'art-elle pour but que des Tues d'améliorations du système d'Eckhel, améliorations qui, en perfectionnant ce système, lui donneraient l'unité et la vérité qui lui manquent, on ne peut le nier, dans les points que je viens d'indiquer.

' Il me semble donc que l'on devrait classer la totalité des monumens numismatiques anciens en iinc seule série , rangée en masse géographiquement suivant le système d'Eckhel , et dans chaque localité ou dynastie, en ordre chronologique , lorsque cela serait, possible. L^ série des pièces de coin Romain , ou (Proprement Romaines, se trouverait placée à Fartîcle de la ville'de Rome, excepté celles de ces pièces qui ont été frappées hors de Rome, et que l'on peut regarder comme telles. Rien n^-empécherait que pour conserver à la série Impériale, plaicée à Rome , la totalité des noms des personnages qui ont porté -ia pourpre et de leurs parens illustrée par les monnaies, on y laissât les indications de ceur dont les monnaies n'ont pas été fiabriquées à Rome, avecr Fannotation du lieu où les monnaie^ de ces personnages sont classées.

Quant à toutes les pièces qu'op ^ lieu dû croîi^ fabriquées hdrs de la capitale de TEmpii^, elles se trouveraient classées aux lieux de leur fabrication.

La translation de l'Empire Romain à Cdnstântinople donnerait naissance à une nouvelle série de monnaies frappées dans cette trille, quicoiïiprendrait conséquemment celles des Empereurs du Baâ-Empire.' Les monnaies des Empereurs grecs , qui transportèrent le siège de l'Empire en Bithynie ^ depuis

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Fan de J.-C. i2o5 jusqu'à Tan 1261, se trouveraient classées à Nicée.

411. On a vu, dans le Chapitre VI ( 108 à ii4 )» quelles senties bases qui devraient servir de règles à la classification géographique des monnaies de coin Romain, suivant les lieux de leur fabrication. Ces notions sont celles d'après lesquelles ces monnaies seraient attribuées aux diverses contrées où elles ont dû être fabriquées. Ce travail, considéré isolément, est à faire; il serait aussi important que curieux, et ce nouvel aspect sous lequel on considérerait les monnaies Romaines , ferait sortir cette série de l'espèce de discrédit scientifique dans lequel elle est tombée, en général, depuis assez long^temps, parce que, dit-on, il n'y a plus rien à y découvrir.

41 a. Ce système de classification de l'andenue Numismatique , qui ne serait autre que cdui d'Ëckhel , amélioré et complété ^ aurait tous les avantages de l'unité et de la vérité. ^

Il faut encore observer qu'on trouverait dans cette classification un autre avantage, celui de lier la Numismajkique des temps anciens à celle des temps modernes, sans les séparer comme on le fait maintenant. Les séries des monn^es antiques se trouvent prolongées, par les pièces du Bas-Empire, jusqu'à la prise de Constantinople, au milieu du quinzième siècle; tandis que la plupart des autres (Contrées avaient déjà, à cette époque, depuis long-temps, des systèmes monétaires que l'on considère comme formant partie de la Niunismatique du moyen âge, ^t même de celle des temps modernes. Ainsi , pendant

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plusieurs siècles, les monnaies de peuples contemporains se trouvent faire partie , les unes de la Numismatique ancienne , les autres de la Numismatique moderne : un tel renversement d'idées ôte à la science le caractère méthodique, uniforme et vrai qu'elle doit avoir. Ces classifications ne seront plus convenables, sur-tout à mesure que de nouveaux systèmes monétaires agrandiront encore le champ déjà si vaste de la Numismatique générale. Les modifications à faire au système actuel de classification des monnaies antiques, suivant les principes que je viens d'exposer, rattacheraient sans peine les temps anciens aux temps modernes dans un ordre continu, dans un arrangement général, suivant lequel tous ces monumens connus et ceux de l'avenir se coordonneraient successivement avec ordre, méthode, clarté et utilité.

4i 5. On verra , aux observations sur la nomenclature des monnaies Romaines , donnée dans cet ouvrage, que je n'ai pas adopté, que je n'ai même pas dû adopter dans cette nomenclature les idées que je viens d'émettre, puisqu'elles n'ont pas encore été suivies dans les classifications , et qu'un ouvrage élémentaire doit être basé sur les notions généralement admises.

4î4' n n'est pas nécessaire de donner ici des détails sur les discussions relatives aux attributions des monnaies à telle ou telle Ville, à tel ou tel Prince, et aux rectifications que ces attributions subissent quelquefois. Ces discussions archéologiques et numismatiques ne se rapportent pas à la classification

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^ général , et il en a été bit plusieurs fois mention daus d'autres parties de cet ouvrage.

4i5. En termins^t ce Chapitre, il est à propos de dire un mot ia. claii^sement matérid des pièces elles-méoie^ Le 'meilleur système est de ranger les pièces s w* des cartons mobiles , placés dans les tiroirs des médaillers. Les cartons doivent être , pour chaque suite , percés de trous du diamètre de la plus grande partie de .la s^rie. Les pièces de diamètre supérieur sont placées dans des tiroirs supplémentaires, avec indications convenables à leurs places dans la série elle-même.

4i6. Les considérations qui forment k matière de ce Chapitre ont été exposées dans des vues générales, applicables à l'ensemble, de la Numismatiqite ancienne , ainsi qu'à des collections nombreuses et sans lacunes. Les collecteurs qui ne recherchent qu'une^ ou plusieurs espèces de monnaies antiques y puiseront seulement les idées qui se rapportent aux séries qu'ils affectionnent.

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