IX. Tumeur blanche de l'articulation fémoro-tiblale
Les tumeurs blanches de V articulation fémorotibiale sont sans contredit les plus fréquentes ; ce sont celles que nous avons prises comme type de notre description générale ; aussi aurons-nous peu de choses à ajouter.
Lorsque la tumeur blanche dépend d'une altération des parties molles, le genou est tuméfié soit par des fongosités, soit par Taccumulation du liquide ; il présente une déformation toute particulière : de chaque côté du ligament rotulien , on trouve deux bosselures dans le point où existaient normalement deux dépressions ; au-dessus de la rotule, on constate une saillie formée par le tendon du biceps soulevé. Quelquefois le gonflement est uniforme, cette disposition tient à l'infiltration du tissu cellulaire. Il est fort difficile de reconnaître, dans certaines circonstances, la nature de la substance renfermée dans la cavité articulaire, car si, à l'aide des moyens que nous avons indiqués pour reconnaître l'hydarthrose, on peut constater la présence d'un liquide dans l'articulation ; ce même moyen donne une sensation analogue lorsqu'il existe des fongosités.
Il n'est pas rare d'observer des abcès périarticulaires, qui s'ouvrent à l'extérieur.
On observe aussi, dans la tumeur blanche du genou, la rupture de la membrane synoviale et un épanchement sous les muscles, et particulièrement sous le muscle triceps.
Les déplacements du tibia sont assez fréquents : le plus commun est la rotation du tibia sur lui-même, déterminé par le poids du pied, qui est porté en dehors ; cet os peut se déplacer en arrière ou en dehors. Lorsque les os sont altérés, les malades ressentent des douleurs sourdes , violentes , principalement vers le côté interne de l'articulation. Cette douleur a été attribuée à la traction que la rotation du tibia en dehors exerce sur les ligaments internes. Le gonflement est peu considérable, et il est dû à l'augmentation de volume des os ; ce n'est que consécutivement qu'on observe un épanchement dans la cavité séreuse.
Pronostic. — Ces tumeurs blanches sont les plus graves de toutes ; quelquefois elles guérissent avec l'ankylose ; mais la mort en est le plus souvent la conséquence.
Quant au traitement, nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit dans nos considérations générales.
LUXATION^ GRABVELLES. 419