‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 104 sur 188 · XI. Tumeurs blanches des doigts et des orteils · texte numérisé non relu

XI. Tumeurs blanches des doigts et des orteils

Elles sont souvent consécutives à des panaris, cependant on les a vues se développer spontanément. Les articulations présentent du gonflement surtout sur la partie dorsale. Lorsqu'il survient du déplacement, il s'opère principalement vers la face dorsale, et la phalange inférieure fait de plus en plus saillie sur la supérieure ; les articulations malades sont dans la demi-flexion.

L'inflammation chronique du tissu cellulaire des doigts peut faire croire à l'existence d'une tumeur blanche.

Ces lésions sont peu graves ; et lorsqu'elles sont arrivées à leur deuxième période, elles guérissent généralement en laissant après elles une ankylose.

Art. X. — Xiuxations graduelle!.

Nous désignons sous ce nom les déplacements articulaires consécutifs au relâchement et à la rupture des ligaments. Ces luxations diffèrent essentiellement des luxations traumatiques qui surviennent brusquement, tandis que dans celles-ci le déplacement ne se fait qu'avec une certaine lenteur ; aussi ont-elles été désignées avec raison, par M. le professeur Nélaton, sous le nom de luxations graduelles.

Parmi les causes qui peuvent produire ces déplacements, nous signalerons la distension des ligaments ou par le fait de tractions prolongées exercées sur le membre, ou par la présence d'une tumeur dans l'articulation, tel est le cas observé par M. Thierry, et dans lequel une masse tuberculeuse placée derrière le ligament rotulien avait luxé le tibia en arrière ; d'autres fois c'est le poids du membre qui distend les ligaments ; la contracture et la rétraction musculaire, bornées à un côté de l'articulation, qui peuvent amener le déplacement du membre ; la rétraction des tissus fibreux produit le môme résultat.

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Le relâchement dos ligaments est encore une condîtion fiivorable à la production de cette espèce de déplacement. Ce relâchement survient souvent sans causes appréciables ; dans des circonstances rares, il a paru être déterminé par un état de débilité générale ; dans d'autres , on a pu invoquer un travail morbide, opéré au \oisinage des articulations ; enfin il peut être produit par une entorse et particulièrement par une hydarthrose aiguë ou chronique.

Les causes qui peuvent déterminer le déplacement sont fort nombreuses : tantôt c'est la contraction musculaire qui entraîne le membre dans une certaine direction, tantôt on doit accuser le poids du membre, quelquefois on peut se rendre compte des déplacements par Tattitode que prennent les malades pour trouver un soulagement à leur douleur ou dans celle qui est exigée par certains travaux ; il est probable que dans ces dernières circonstances , la maladie articulaire prédisposait déjà à la luxation ; enfin, la contracture et la rétraction musculaire, la rétraction des tissus fibreux, qui a déterminé le relâchement des ligaments continuant à agir, amène le déplacement des surfaces articulaires.

Les luxations graduelles sont complètes ou incomplètes. Ces dernières s'observent proportionnellement beaucoup plus souvent que les luxations traumatiques incomplètes ; dans quelques! cas, le déplacement peut se produire ou se réduire à volonté ; telles sont les sttbluxcUions. Il en est d'autres, où le déplacement est tellement léger, qu'on né leur a pas accordé le nom de luxation, et qu'elles sont décrites sous le nom de déviations. Enfin elles peuvent être simples^ c'est-à-dire sans lésion aucune des surfaces articulaires ; elles sont compliqiiées quand il y a éburnation des surfaces articulaires, destruction d'une partie de rarticulation par la carie, la nécrose, ainsi qu'on l'observe dans les tumeurs blanches. Enfin elles sont uniques ou multiples ; il n'est par rare d'observer des luxations symétriques, c'est-à-dire occupant les mêmes articulations de chaque côté du corps,

Symptomatologie. — L'articulation est déformée : il y a peu de douleur ; la mobilité est plus grande que dans les luxations traumatiques ; les mouvements volontaires et communiqués sont moins pénibles et plus étendus.

Assez souvent ces luxations se réduisent spontanément et se reproduisent à volonté ; dans certains cas elles guérissent même, par les seuls efforts de la nature : il suffit de changer l'attitude du tronc pour guérir un certain nombre de déviations.

Abandonnées à elles-mêmes, ces luxations sont quelquefois stationnaires ; d'autres fois, le déplacement augmente d'une manière graduelle ; dans d'autres cas enfin, au bout d'un temps dont il n'est pas possible de préciser la durée, les surfaces osseuses se déforment, les ligaments comprimés entre deux os se détruisent , les têtes osseuses se creusent même des cavités nouvelles. Le membre affecté d'un déplacement de ce genre se développe beaucoup moins que celui du côté opposé, les muscles s'atrophient et se rétractent autour de l'articula-

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tion ; enfin, lorsque la déviation siège au rachîs il s'établit des Courbures de compensation.

Diagnostic, — Les luxations graduelles ne peuvent être confondues qu'avec les luxations traumatiques ou les luxations congénitales ; mais il sera facile d'arriver au diagnostic en s'éclairant des antécédents du malade.

Pronostic. — Les luxations récentes, celles qui sont peu étendues, sont faciles à réduire ; mais le déplacement se reproduit avec la plus grande facilité. Plus tard, lorsque les surfaces osseuses sont déformées, il devient difficile d'effacer la difformité.

Traitement, — Dans les cas les moins avancés, on peut réussir en modifiant les attitudes du corps. Lorsque la luxation est récente, ou lorsque, bien qu'ancienne, elle n'offre que fort peu d'altération, il faut procéder à la réduction ; les moyens sont les mêmes que dans les luxations traumatiques ; seulement il est inutile d'employer une force considérable.

Il est des cas où, à l'aide d'appareils orthopédiques convenablement disposés, on peut arriver à rendre aux articulations leur forme normale ; dans d'autres, on a dû employer l'extension prolongée ; mais, nous le répétons , ce n'est pas tout de réduire la luxation , il faut la maintenu réduite. Or, dans un grand nombre de circonstances, le déplacement se réproduit aussitôt que les efforts extensifs ont cessé, car il faut lutter contre le raccourcissement des muscles, la laxité des ligaments et les déformations articulaires. Le repos, la position ont été conseillés. A l'intérieur, on a administré des ferrugineux, des toniques ; on a appliqué Télectricité, avec des résultats extrêmement variés.

Quant aux luxations compliquées, nous ne nous y arrêterons pas, la plupart des faits qui s'y rattachent ont été exposés à l'article Tumeurs blanches.

Nous allons passer rapidement en revue les principales luxations graduelles qui ont été observées. Nous ne saurions trop conseiller, pour l'étude de cette lésion, le Traité des luxations de M. Malgaigne, qui a rassemblé, dans ce travail entrêmcment remarquable, un nombre très considérable de faits à l'aide desquels on peut faire une histoire à peu près complète de ces déplacements, pour la plupart confondus, avant lui , avec les luxations congénitales.

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