I. LÉSIONS TRAUMATIQUES
$1. — CofifttSiOlIf.
Elles sont assez fréquentes, surtout en Angleterre, à la suite de luUe au pugilat. Elles donnent lieu à une ecchymose qui apparaît rapidemenl et ufTrc une coloration d'un brun très foncé à son centre , et derieot violette, bleue, à mesure qu'on s'éloigne du point central. Quelquelbii le gonflement est assez intense pour empêcher les paupières de 8*011vrir. Aussi, au dire de Mackensie, les témoins de la lutte font-Us dass ces cas une petite incision avec une lancette afin de faire sortir le saig et de permettre aux combattants de voir plus longtemps.
Cette lésion est peu grave, il est rare qu'il y ait autre chose qoe de la douleur locale, et une légère céphalalgie : il ne fout pas oublier cependunt que le choc qui a déterminé Tecchymose des paupières peut avoir agi sur la masse encéphalique, et que des accidents des plus sérieux peuvent être déterminés par la contusion elle-même.
Le traitement consiste dans Tapplication de résolutifs, de réfriférants, ou en une légère compression à l'aide d'an plomassean de charpie et d'un bandage médiocrement serré.
§2. — Ptaiw.
Nous ne nous occuperons ici que des plaies boniées aux paupicn» : colles du globe de l'œil et de l'orbite faisant le sujet de paragraphes distincts.
Les piqûres ne présentent rien de particulier. Les plaies par iostniments tranchants sont quelquefois limitées à la peau ; d'autres fois, elkf divisent le muscle orbiculaire des paupières, le cartilage tarse, le mincie élévateur de la paupière supérieure. Elles sont verticales , traasversalcs, obliques, à lambeau.
On conçoit que les symptômes doivent varier suivant l'étendue, h profondeur, la direction de ces plaies. Aussi, les plaies superficielles gnérisscnt-clles facilement sans laisser aucune trace ; celles qui intéressent l'élévateur delà paupière supérieure déterminent-elles un prolapsus incurable de cette paupière. Lorsque les plaies divisent toute l'épaisseur de la paupière, les deux lèvres pouvant se cicatriser isolf* ment, il en résulte une fente anormale. Cet accident appartient surtool aux divisions verticales ; elle a été cependant observée dans les divisions transversales malgré l'action du muscle orbiculaire qui tend à rapprocher les deux bords de la solution de continuité. Quand les canaux lacrymaux ont été blessés, on peut observer l'épiphora on tme tumeur des conduits lacrymaux.
ArrEGTIONg 0£S PAUtlÉBES. 495
Ces plaies sont rarement accompagnées d'un gonflement considérable et ne déterminent aucun accident général.
Le traitement consiste à affronter les bords de la solution de continuité et à les maintenir réunis avec des points de suture ou des serres- Hncs ; les plaies à lambeaux seront affrontées et réunies de la môme manière.
§ 3. — Brûlurei.
Les brûlures des paupières présentent tous les caractères des bt ù* lures en général. !Nou8 avons néann^oins à signaler deux points, mais qui sont de la plus haute importance.
Dans les brûlures de la face interne de la paupières et de la conjonc> tivo oculaire, il Oiut s'attacher à prévenir l'adhérence de la paupière au globe de l'œil. Aussi conseillons-nous l'introduction d'un corps élran- {irer, d'une petite plaque métallique entre les deux surfaces malades.
Les brûlures de la face e^^teme sont presque toujours, quand elles sont un peu étendues, suivies d'ectropion* Les tentatives qui ont été faites pour prévenir cet accident sont toujours demeurées sans résultat ; il serait indiqué après la chute des eschares, et lorsque le travail de cicatrisation commence, de pratiquer la suture des paupières jusqu'à la cicatrisation complète, et même jusqu'à ce qu'on n'ait plfis à craindre la rétraction de la cicatrice. Ce moyen, conseillé par M. Nélaton, n'a pas, à notre connaissance, encore été appliqué.