‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 126 sur 188 · AFFECTIONS DES VOIES LACRVIIALES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES VOIES LACRVIIALES

tien rapide en signalant toutefois les particularités qui peuvent être observées dans les diverses espèces de tumeurs.

a. Hypertrophie. L'hypertrophie congénitale a été observée une fois seulement par FI. Cunier. Il y avait augmentation de volume des grains glanduleux et des canaux excréteurs.

L'hypertrophie acquise ne nous a également fourni qu'une observation. Ce fait appartient à M. Chassaignac ; ce chirurgien fit l'ablation d'une tumeur qui s'étendait profondément dans l'orbite et avait déterminé l'exorbitis et la perte de l'œil. Cette pièce, examinée par M. Lebert, a présenté les caractères d'une hypertrophie des éléments glandulaires de la glande lacrymale.

6. Kystes, — Les kystes séreux et les kystes hydatiques de la glande lacrymale sont fort rares, et les faits qui ont été décrits sous ce nom ne nous paraissent pas l'avoir été avec assez de soin pour que cette maladie puisse être définitivement admise dans les cadres nosologiques; les symptômes qui ont été assignés à cette affection ne diffèrent pas d'ailleurs de ceux qui appartiennent aux tumeurs développées dans la région supérieure et externe de l'orbite.

c. Cancer. — Le cancer de la glande lacrymale est le plus souvent consécutif au cancer de l'orbite. La dégénérescence carcinomateuse isolée est fort rare, et encore les observations qui ont été publiées sur ce sujet ne doivent-elles être admises qu'avec une certaine réserve, car elles sont incomplètes, et peut-être est- on en droit de supposée qu'on a pris pour des squirrhes de simples tumeurs fibreuses ou hypertrophiques.

§ 3. — Tumeurs et fistules lacrymales de la paupière supérieure. — Dacryops. — Dacryome.

Cette maladie est rare ; elle a été signalée par Schmidt et par Baër. M. Jarjavay en a publié l'année dernière deux observations (1).

On a admis deux variétés de dacryops, l'un sans fistule, et qui serait produit, selon Schmidt, par Toblitération du conduit excréteur ; selon Baër, qui serait due à une rupture du conduit et à un épanchement des larmes dans le tissu cellulaire. La malade qui présentait cette affection eut à subir plusieurs opérations, une extirpation incomplète du kyste, l'application d'un séton ; elle avait seulement une tumeur, elle eut une fistule. M. Jaijavay tend à penser que primitivement il y avait un kyste de la paupière, et qu'en voulant en faire l'extirpation le chirurgien a coupé un des conduits lacrymaux ; nous nous rallions à cette interprétation.

La seconde variété, c'est-à-dire la fistule des canaux excréteurs est, au contraire, décrite de manière à ne laisser aucun doute. Cette affec-

(1) Jarjavay, Dô la tumeur lacrymale formée par la dilatation det conduite excréteure dee larmes (Archives d'ophthalmologiet 1853, t. ID, p. 33).

tiO rATMLOGll CniBlfiieàLI.

tÎMi rtceaiuiU pour etuie «ne plaie de la païqiîèM, me epéntÎM pratiquée sur cette région, l'ouveriure d'un abcès; elle est earactériiéa par l'existence d*un pertuis anormal très petit* caché sous les plis de la paupière et donnant issue à des larmes. Baër obtint la guérison dB sa malade en cautérisant la fistule avec une aiguille à tricoter roupie aufeu. M . Jarjavay s'était proposé de convertir la fistule externe en une fistule interne à Tuide du selon ; mais il ne put mettre son projet à exécution à cause du refus de la malade.

II. Maladies des ponm et des conduits lagktmaux. § 1. — Déviation^ atonie^ paraiytiô ée$ pohm tacrynHUÊts.

Les points lacrymaux sont quelquefbis déviés de leur direction normale ; ils peuvent être portés en arrière ; c'est ce que Ton observe dsns l'entropion; la déviation en avant appartient à l'ectropion. On a codstaté leur oblitération par suite d'inflammation plus ou moins prolongée de la conjonctive.

Ces altérations, qui ne sont, comme on le voit, qu'un épiphénoinène d'autres affections, se reconnaissent au larmoiement, qui varie dlntansité selon que la lésion porte sur les deux points lacrymaux oa sur un seul. La déviation peut disparaître par la guérison de la maladie qui l'a causée. L'oblitération est à peu près au-dassw d«s ressoareei de l'art.

La paralysie des points lacrymaux a été observée ; elle coïncide souvent avec une paralysie de la face. Le larmoiement, l'absence de constriction des points lacrymaux, quand on les touche avec un I stylet, la fait reconnaître. Les collyres astringents peuvent quelquefaii faire disparaître l'atonie des points lacrymaux, mais dans des cas rares et chez les jeunes sujets.

§ 2. — Inflammation et abcès des conduits lacrymaux.

Cette affection, indiquée par J.-L. Petit, Guérin, Mackensie, a été observée dans ces derniers temps par M. Yoillemier (I), qui l'abeiDcoup mieux décrite que ses devanciers. Il a constaté que le sac lacrymal ne présentait aucune dilatation ; mais qu*à partir de ce sac et sur le bord interne de chaque paupière existait une petite tumeur allongée dans la direction des conduits lacrymaux. La compression, exercée sur les tumeurs, faisait sortir par les points lacrymaux un liquide épais, crémeux, qui est du véritable pus ; il existait un larmoiement peu abondant. La tumeur inférieure guérit par les émoliients ; il fallut inciser la tumeur supérieure, il sortit du pus concret, et le malade guérit rapidement. Le point lacrymal fût respecté par l'instrument tranchant. Après la guérison du malade, le eathétérisme des conduits lacrymaux démontra que ceux-ci avaient conservé leur perméabilité.

(1) Ga%ette hebdoma4aire et Archives i'ophthalmohffiey i855, t. IV, p. 199.

AFFECnONt DES VOIES LAiCATlULES. 511

Vkypertrophie de la muqueuse des conduits lacrymaux consécutive aux conjonctivites ; Yulcéraiion de ces conduits ont été signalés. M. Jobert a observé un cas de fistules des conduits lacrymaux. Il suffit d'indiquer ces affections qui sont rares. 11 en est de même des prO' ductUms polypeuses qui ont été observées dans cette région.

$ 3. — Corps étrangers et calculs dans les voies lacrymales.

On a constaté dans les conduits lacrymaux des corps étrangers ; les uns venus du dehors, ce sont des cheveux, des cils, des fragments métalliques. M. Desmarres a extrait d'un des conduits une fois une barbe de plume, une autre fofs un fil de soie. D'autres se développent dans le canal lui-même ; ce sont de petits calculs, décrits sous le nom de dacryolithes. M. Desmarres a observé un fort beau cas de calcul des canaux lacrymaux (1). Les exemples de calculs du sac lacrymal sont un peu moins rares que ceux des canaux.

Mackensie et Walther ont rapporté chacun un cas de calculs trouvés à l'angle externe de l'œil. On a supposé que ces productions calcaires s'étalent développées dans les canaux excréteurs, en étaient sorties et étaient venues se loger sous la conjonctive, oà elles avaient déterminé une ophthalmie des pli^ intenses.

L'indication à remplir serait d'extraire ces calculs et de combattre par un traitement convenable l'inflammation qu'ils ont provoquée.

Four terminer ce qui a trait aux affections calculeuses des voiea lacrymales, ii nous reste à parler de celles qui ont été rencontrées dans le eanal nasal, rhinolUhe, Ces productions ont été l'objet d'un travail important de M. Desmarres, qui les divise en deux catégories, selon qu'ils se sont développés spontanément ou qu'ils ont pour base un corpa étranger. 11 rapporte (2) neuf observations des premiers ; huit fois le corps étranger sortit spontanément par la narine ou par la bouche ; une fois on dut recourir à une opération : de Grefe, qui la pratiqua, fit, dit-il, l'opération qui est indiquée pour l'extraction des polypes.

Les calculs ayant pour origine un corps étranger sont, sans doute*, plus rares. M. Desmarres n'en rapporte que cinq observations; quatre fois la maladie avait été causée par un noyau de cerise qui avait pénétré dans le canal nasal, une fois par un grain de succin.

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