III. Maladies du sac lacrimal et du canal nasal
§ I . — Inflammation du sac lacrymal. — Dacryocystite.
Cette affection peut être aiguë ou chronique ; elle s'observe tantôt à la suite d'une conjonctivite ou d'un coryza, elle se propage par continuité de tissu ; tantôt elle reconnaît pour cause un obstacle au court des larmes ; dans ce cas elle se confond avec la tumeur lacrymale.
(1) Desmarrës, Traité théorique et pratique des maladies des yeux^ 3* édit., t. I, p. 387.
(2) Loc.cit., p. 311 etsuiv.
512 PATHOLOGIE CHIRORGICALE.
Symplomatologie, — On observe un larmoiement plus ou moins considérable, une sensation de chaleur et de tension vers le grand angle de Tœii; puis surviennent quelques accidents généraux propres aux inflammations, la peau du grand angle de l'œil rougit ; une tumeur du volume d'une petile fève se montre dans cette région. La peau des paupières, la conjonctive participent à l'inflammation ; alors, ou les symptômes vont en diminuant, et l'on obtient la résolution de la tumeur ; ou bien il se forme un abcès, bientôt suivi, après l'évacuatioa du pus, d'une cicatrisation complète. Souvent la maladie passe à l'état chronique et constitue une des formes de la tumeur et de la fistule lacrymale.
D'autres fois, l'inflammation du sac lacrymal prend un caractère de chronicité remarquable ; du larmoiement , un sentiment de gène au grand angle de l'œil sont les seuls symptômes éprouvés par le malade, et s'il comprime le sac lacrymal, il fait sortir un liquide muco-purulent. Cet état peut rester stationnaire pendant fort longtemps. Quelquefois on voit tout à coup survenir une inflammation phlegmoneuse qui présente les caractères que nous venons d'indiquer ; ou bien il se forme une véritable tumeur lacrymale, dont cette inflammation chronique peut d'ailleurs être considérée comme le jpremier degré.
Traitement, — Si la maladie est à l'état aigu, on essaiera d'enrayer l'inflammation par les antiphlogistiques, les purgatifs, les frictions mercurielles. S'il survenait un abcès, il faudrait l'ouvrir de bonne heure pour empêcher le décollement trop étendu de la peau.
L'inflammation chronique sera traitée par des saignées locales, deux sangsues appliquées de temps en temps sur le sac lacrymal ; des fumigations aromatiques, les injections astringentes par les points lacrymaux ont été conseillées ; mais nous devons le dire, ces moyens amènent rarement la cure radicale de la maladie. Cependant, nous sommes loin de conseiller, dans ces circonstances, une des méthodes de traitement de la tumeur et de la fistule lacrymale.
§ 2.— -rameur et fistule lacrymales.
Nous décrivons dans ce même chapitre la tumeur et la fistule lacrymale, qui ne sont, en définitive, que les deux périodes d'une même maladie.
Étiologie et anatomie pathologique. — Cette aflection a été l'objet d'une étude très attentive de la part de M. Béraud (1). Prenant poor point de départ l'étiologie et l'anatomie pathologique, il admet quatre espèces de tumeurs lacrymales, ayant leur symptomatologie spéciale, et nécessitant un traitement particulier. Ce sont :
1° La tumeur lacrymale inflammatoire. Cette espèce se développe
(1) Archives généraUt de médecine, 1853, mars et juillet ; 1854, mai : février •t mars 1855.