III. Tumeurs dk la conjomgtivs
La conjonctive peut être le siège de tumeurs de différentes naturel; nous les réunirons toutes dans ce chapitre.
§ 1. — Polypes,
Las polypes de la conjonctive sont assez rares : les uns présentent de l'analogie avec les polypes muqueux des fosses nasales ; ils sool plus vaseulaires. D'autres polypes sont mous, grisâtres, lisses ; on lésa désignés sous le nom de polypes fongueux.
Ces tunaeurs sont le plus souvent pédiculées et sa développent généralement à la paupière supériaure, M. Desmarres an a vu un qui
ArFECtiotra M lA <S(mi6MfttE. 5tt
oeeupait le frand anf^le de rœil et s'Insérait daftS le Toisffiag e dé li caroncule lacrymale. Neii a obsen'é dans un cas deux poIypM implantés sur la môme paupière (1).
Les polypes , à leur début cachés derrière la paupière, sont le plus souvent ignorés, car, à part un peu de gène dans les mouve* ments des paupières et la sensation d'un corps étranger sur la surface de Tœil, un peu de larmoiement et de rougeur de la conjonctive, ils ne causent aucune espèce d'accident. Aussi ce n'est qu'en renversant la paupière qu'on peut les apercevoir : tel est le cas de Keil cité phis haut. Quelquefois, cependant, ils pendent en avant de la éoméeet apportent quelque obstacle à la vision ; plus rarement ils arrivent Juaqu'au niveau de la paupière inférieure.
11 n'est pas rare de trouver sur la eonjonettve deux autres etpèeet de tumeurs analogues aux précédentes, les unes, désignées sous le nom de végétations^ se rencontrentà la suite de plaies de la conjonctive, de Topé* ration du strabisme, il en est quelques-unes qui sont prodHÎles par la présence d'un corps étranger oo d'un poil ; les autres sont un peu fongue rouges, elles s'observent chez les sujets scrofuleux ; généralement i sont isolées ; quelquefois, et surtout celles de la conjonctive bulbaire, se groupent et ressemblent à une fraise. Ces dernières sont désignées sous le nom de verrues.
Le traitement de toutes ces tumeurs consiste dans Texcision et la cautérisation du pédicule ; les verrues sont beaucoup plus tenaces que les autres. On est obligé souvent de revenir à plusieurs reprises à la cautérisation.
§ 8. — Pinguécula,
On donne ce nom à une petite tumeur graisseuse développée dana le tissu cellulaire sous-conjonctival ; elle ne cause pas d'accident. Le stitl traitement qui lui serait applicable consisterait dans l'extirpation. Ciilt opératioB ne serait indiquée que dans les cas où la tumeur trop volumineuse déterminerait quelque géoe.
S 3. — Kystes, — Tumeurs érectUes.
Nous m ferons que mentionner les Itysles de la eonjonetive «t lea tumeurs éreetUês de cette muqueuse. Ces affections sont Ibrt raroi ot présentent les mêmes indications que les tumeurs du même genre dé« veloppées dans d'autres régions. 11 faudra toutefois tenir compte dans l'opération du voisinage dn globe de l'a&il.
§ 4. — Ptérygion.
On donne ce nom à une sorte de végétation membraneuse qui se développe sur la cornée et la sclérotique, et qui paraît être une lé-
(i) The médical Examiner^ avril i855, et ArtMMê 4*ephihêlmlo^, 1666.
528 PATHOLOGIE CnRUKGICALE.
sien de la conjonctive dans le point où elle passe d'une de ces membranes sur l'autre.
Le ptérygion se trouve le plus souvent sur l'angle interne de VœU : il a la forme d'un triangle dont la base répond à la caroncule lacrymale et le sommet à la cornée ; on trouve quelquefois deux ou un plus grand nombre de plérygions sur le même œil.
Les ophthalmologistes en ont admis quatre espèces : le céUuleiix, le viisculaire^ le charnu et le graisseux. M. Desmarres décrit les trou variétés suivantes :
V Ptérygion sarcomateux ou charnu. — n est constitué par mie saillie d'un rouge vif; il est sQlonné dans toute sa longueur par des vaisseaux plus ou moins nombreux ; lorsqu'il est volumineux, il cause de la gêne ; on Ta vu se compliquer de conjonctivite.
2" Le ptérygion membraneux. — Celui-ci est constitué par Tépaississement du tissu cellulaire sous-muqueux ou par la vascularisation et l'épaississement de l'expansion aponévrotique de l'un des muscles droits; il est moins rouge, moins vasculaire, moins mobile que le précédent.
3* Le ptérygion graisseux. — Il présenterait les mêmes caractères que les précédents, en outre on constaterait dans son épaisseur des espèces de granulations ou des masses d'apparence graisseuse éparses çà et là de la base au sommet.
Quelle que soit la nature du ptérygion, son sommet est toujours terminé en fer de lance d'un blanc nacré: cette disposition est presque toiyonn parfaitement régulière. Il est à remarquer que cette affection se développe sans intlammation ; aussi ses caractères anatomiques et son mode de développement le distinguent facilement du pannus.
La marche de cette maladie est lente ; cependant, sous l'influence d'une irritation quelconque, elle peut se développer avec une plus grande rapidité. Lorsqu'elle est bornée à la conjonctive, elle n'apporte qu'on peu de gêne dans les mouvements des paupières ; mais lorsqu'elle s'avance vers la cornée, la vue est plus ou moins compromise.
Traitement. — Les astringents et les résolutifs ont paru quelquefois arrêter le ptérygion dans sa marche, et, dans quelques cas rares, le faire disparaître ; mais, presque toujours, il faut en venir à une opération chirurgicale. Le ptérygion sera extirpé, ou du sommet vers sa base ou de sa base vers le sommet.