‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 150 sur 188 · X. Tumeurs de l'iris · texte numérisé non relu

X. Tumeurs de l'iris

L'iris peut être le siège de tumeurs de diverses natures : tels sont les abcès ; les condylomes qui appartiennent à l'iritis syphilitique ; des tumeurs vasculaires sig^rialées par Middlemore ; la portion de l'iris qui fait hernie à travers la cornée supporte quelquefois des tumeurs très volumineuses.

Les tumeurs de Tiris ne peuvent être attaquées quand elles sont encore enfermées dans la chambre antérieure, à l'exception, toutefois, des condylomes que l'on peut faire disparaître par un traitement anti- . syphilitique.

Opérations pratiquées pour établir une pupille artificielle.

L'opération de la pupille artificielle est celle qui a pour but d'ouvrir à itftven l'iris un passage aux rayons lumineux.

Ële a été pratiquée pour la première fois, en 1728, par Gheselden, «or un aveugle de naissance. Depuis cette époque, il n'est' peut- être fil d'opération qui ait le plus exercé l'imagination des praticiens.

Indications, — « On peut dire d'une manière générale que l'opération de la pupille artificielle est indiquée toutes les fois que la cornée, riris, le cristallin ou sa capsule, la portion de membrane hyaloïdé placée derrière le cristallin ont éprouvé, dans leur disposition matérieUe, des altérations capables d'empêcher les rayons lumineux de pénétrer jusqu'à la rétine, altérations toutefois qui sont l'unique cause de cécité et rebelles à tout autre moyen de traitement.

» Les cas qui réclament la formation d'une pupille artificielle peuvent être compris dans les quatre catégories suivantes :

» 1** Oblitération pupiUaire sans synéchie et sans opacité de la comw f

» 2*> Opacité centrale de la tomée sans altération de la pupille natarétle ni adhérence de Viris.

» 3* Occlusion pupUlaire avec synéchie postérieure , avec catatacte, avec ou sans leucome.

» 4° Atrésie pupillaire avec synéchie antérieure ou antérieure et postérieure à la fois, avec ou sans cataracte^ et lewome plus ou moins étendu (1). n

€ontre-4ndiceaions. — D'après ce que nous venons de dire, il est elair que l'opération de la pupille artificielle ne devra pas être prati*quée lorsque les rayons lumineux ne peuvent impressionner la rétine. Ainsi l'amaurose, le glaucome, toutes les affections du corps vitré rendront complètement inutile toute opération de la pupille artificielle; il en sera de même des lésions de la cornée qui empêcheraient les

(1) Gaubric, Oê VepérMen tft to f «fHUi erti/IcMte, thèM» Pmm, 4848.

556 PATHOLOGIE CURURGIÇÂLE.

rayons lumineux de pénétrer jusqu'à l'ouverture artificielle, le staphf- Idme général de la cornée, le pannus incurable. Enfin l'état d*itriphie ou d'hydropisie du globe de l'œil, les affections variqueuses de l'une ou de plusieurs des parties, les lésions profondes de l'irif qa ont altéré son tissu et qui font supposer l'existence de nombreoM fausses membranes, contre-indiquent formellement cette opératioi. On devra ajourner cette opération lorsqu'il existera une kératite, m iritis ; elle ne devra pas être faite immédiatement chez les indinÉi affectés de syphilis primitive ou constitutionnelle.

Dans quel point de Vins la pupiUe artificielle sera-t-elle pnOiqmû Dans le plus grand nombre des cas, le lieu d'élection est indiqué ft la nature de la lésion qui a nécessité l'opération ; il est évident q» l'iris doit être perforé dans un point en rapport avec la partie de h cornée restée transparente. Mais lorsque le choix est possible, i qid point donnera-t-on la préférence ? Quand on le peut, il faut évid» ment opérer vers le centre de l'œil ; par ce moyen on évitera kit» bisme, on conservera à l'œil toute sa force de réfraction. D'après Ckilius, les pupilles latérales rendent la vue beaucoup moins bonne fS les pupilles centrales. Mais c'est presque toujours au centre de M que l'on rencontre le plus d'obstacles. 11 faut alors ouvrir l'iris sv ■ des points de sa circonférence. Heiberg, Sanson, Mackensie, M. LeaÉ préfèrent l'angle interne de l'œil, parce que les paupières sont ptn écartées en dedans qu'en dehors, et que la pupille artificielle se troni plus rapprochée du lieu occupé par la pupille normale. Tyrrell, Mainoir, Gibson préfèrent le cAté externe, parce que l'on voit plus d'flk* jets en dehors qu'en dedans ; nous pensons que l'angle interne eil celui auquel on doit donner la préférence. A son défaut on choifli l'angle externe, puis la partie inférieure de l'iris.

De l'étendue et de la forme de la pupille artificielle, — L'ouvcrtan que l'on donne à la pupille artificielle doit être assez considérable M moment où on la pratique ; elle doit dépasser le champ de la popik naturelle lorsque l'œil est modérément éclairé. Celte disproportiea eil nécessitée par la tendance qu'elle possède à aller toujours en se rétfécissant. M. Huguier dit qu'on ne doit pas craindre de lui donner WÊ étendue de 7 à 8 millimètres.

Autant que possible on cherchera à donner à l'ouverture artificieli de l'iris une forme ovalaire, circulaire : c'est celle qui se rapprocfei plus de la pupiUe normale ; mais il ne faut pas trop se préoccuper à celte disposition ; les opérés voient aussi bien avec une pupiUe ' ' " gulaire, irrégulière, il importe seulement qu'elle ne soit pas

Méthodes opératoires et appréciation, — L'opération de la , artificielle peut être pratiquée par quatre grandes méthodes rentes, et chacune de ces méthodes a été modifiée de plusieurs ■■• nlères ; de là un très grand nombre de procédés. Nous ne ferons fH

(1) De la pvpUlc artificUlU, thèse de concours, 1841, p. 20.

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