‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 162 sur 188 · VI. DiPLOPIE · texte numérisé non relu

VI. DiPLOPIE

La diplopie est la perception de deux images plus ou moins distinctes d'un même objet.

La diplopie est bi-ocuîaire ou mono-oculaire,

La diplopie bi-ocalaire est souvent déterminée par la déviation d'un des deux yeux (strabisme) , par le déplacement d'une des deux pupilles. Cette affection qui, comme on le voit, n'est que symptomatique, ne doit point ici nous arrêter longtemps. Les deux images sont plus ou moins séparées; quelquefois elles sont confondues en partie, l'objet paraît alors plus volumineux ; d'autres fois elles sont à une certaine distance l'une de l'autre ; il est toujours une image moins nette, plus diffuse que l'autre : celle-ci porte le nom de fausse image,

La diplopie mono oculaire s'observe quand le malade ne regarde que d'un seul œil; il voit alors deux images se former dans le même

(i) Archivts d'ophthalmologie, 1. 1, p. 158, et t. H, p. 137.

AFFLICTIONS DE LA RÉTIN^. ^f

œil : cet état est également symptomatique ; on le rencontre dans les ulcérations de la cornée, dans les opacités partielles du cristallin. .

La diplopie est fort souvent passagère ; elle disparaît d'ailleurs avec raffection qui Ta déterminée.

Yll. Myodésopsis. \

On donne ce nom à l'altération caractérisée par la perception de petits corps voltigeants dans l'air, auxquels on a donné le nom de mouches volantes.

Le myodésopsis est le plus souvent symptomatique ; quelquefois on l'observe sans aucune altération de l'œil. Il est alors difficile, pour ne pas dire impossible, de l'expliquer. Dans tous les cas , les mouches volantes ont été distinguées en fixes et en mobiles.

Les mouches volantes fixes sont constituées par un point noir situé au milieu de l'objet que l'on regarde et qui suit les déplacements de l'organe de la vue. Elles sont causées par des opacités de la cornée, du cristallin, de la rétine. Dans ce dernier cas , elles sont symptomatiques de l'amaurose. Jûngken et M. Tavignot rapportent chacun un cas de pseudo-mouches fixes, déterminé par la déviation de quelques cils de la paupière supérieure ; il suffit de couper ces cils pour guérir les malades ; seize vésicatoires volants avaient été appliqués à la malade de M. Tavignot. *

Les mouches volantes mobiles se déplacent spontanément , elles tendent toujours à tomber. De formes extrêmement variables, elles sont situées au-dessus de l'axe visuel et apparaissent surtout lorsque las sujets regardent un corps blanc éclairé par une lumière vive ; elles ont été attribuées à l'écoulement des larmes sur la surface de I9 cornée, à des corpuscules microscopiques nageant dans l'humeur aqueuse ; d'autres les ont placées dans l'humeur de Morgagni dans le corps vitré, et M. Tavignot à l'absence de pigment sur un point très limité de la face .postérieure de l'iris.

On comprend combien il y a de différence entre les deux espèces de mouches : si les mouches mobiles constituent une affection des plus légères , qui disparaît même spontanément, il n'en e^t pas de même des mouches fixes, qui sont souvent le symptôme d'une amblyopie, d'une amaurose, d'un glaucome, etc.

Nous n'avons rien à dire du traitement de la myodésopsie ; les mouches mobiles ne nécessitent aucune espèce de traitement ; les mouches fixes réclament le traitement des affections dont elles sont symptômatiques.

YllI. Amaurose.

L'amaurose est l'affaiblissement ou la perte de la vue causée par une affection de la rétine, du nerf optique ou de l'encéphale, et non par un obstacle qui s'oppose au passage des rayons lumineux.

§74 PATioLOMB auiiniciefti.s.

On foît ptr e«tt0 déftnition que s'il est facile de séparer reoMmrMB des aatres affeetions de rœil q\û amènent la perte de la me, H n'en ait plus de même lorsqu'on veut déterminer son point de départ.

En effet, toutes les affections qui envahissent les parties de l'eneéphrie d'où partent les nerfs optiques peuvent être cause d'amaurose ; il eo est de même de toutes les lésions du nerf optique ou de la rétine, qui peuvent mettre obstacle aux fonctions de ces organes. Ces lésions sont «Ktrêmement nombreuses, leur diagnostic est fort obscur ; aussi est^ pour ainsi dire impossible, dans un très grand nombre de cas, de rsconnaltre la lésion primitive de cette variété d'amaurose, à laqudle nous donnerons le nom d'atiMiurose symplomaUque organique.

n nous reste encore à examiner deux espèces, qu'il est encore bien difficile de reconnaître ; l'une est l'amaurose congestive, sthéniqfêe; elle ferait déterminée par une congestion sanguine de la rétine, elle soniendrait à la suite de cette espèce de travail que nous avons vu déterminer U rétinite, la kopiopie ; elle serait particulière aux femmes à la suite de là suppression du flux menstruel ; on l'observerait consécutivement aax eongestions cérébrales. Gomme on le voit,*cette espèce est encore sympiomatique d'affections diverses, et, si dans quelques cas il est pottiUe de trouver la cause exacte de la maladie et de diriger contre ella un traitement rationnel, dans une foule d'autres, le chirurgien se trûora rédnit à des suppositions. Aussi cette espèce, qui paraît au piremier abord si nette, si tranchée, ne présente souvent pas moins d'obscurité queb précédente.

La troisième espèce, Vamawrose asthénêque^ est celle que Ton olh ■ènra chez les individus affaiblis par les maladies, par les excès véoéliens, chez les diabétiques, les chlorotiques, etc., que Ton constate ahez les malades affectés d'albuminurie, de syphilis ou d'intoxication •atnrnine, mercurielle, ou celle qui survient à la suite de plaies du nerf ras-orbitaire. Il n'est pas plus facile d'en préciser le caractère que dans les espèces précédentes ; et si on a cru déterminer exactement cette affection en disant qu'elle tient à une paralysie, à un engoardli^ •lament, à une faiblesse de la rétine, on n'a pas été beaucoup plus taonraux qu'en invoquant la congestion de cette membrane.

Nous ne voulons pas dire cependant qu'il n'y ait pas d'amauroies produites par la paralysie de la rétine ou la congestion de cette membrane, nous. voulons seulement faire connaître les difficultés qui entourent le chirurgien lorsqu'il veut déterminer l'espèce d'amaurose qu'il a à combattre.

Quoi qu'il en soit, l'amaurose peut être incomplète ou complète ; k première porte le nom d'amd/j/opte, et à la seconde est réservé la nam d'amaurose.

Symptomatologie. — Amblyopie. — Les malades se plaignent d'apercevoir les objets à travers un nuage, une espèce de brouillard ; d'autres Ibis ils ne voient qu'une portion des objets ; en un mol, ils éprouvent les troubles fonctionnels que nous avons décrits plus haut.

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et qui appartiennent à rhémiopie, l'héméralopie, la n^ictalopie, etc.; d'autres fois ils ne voient les ok^ets que de côté, ils aperçoivent unô monche noire qui masque une partie de l'objet qu'ils regardent. Cas troubles fonctionnels disparaissent lorsque les malades ont laissé rep»^ ser leurs yeux, mais reparaissent à la moindre fatigue. Bans beaueoi^ de cas il n'y a pas de symptômes généraux ; dans d'autres» on observe des douleurs névralgiques, de la céphalalgie, des étourdissements.

La pupille est dilatée, les mouvements de l'iris sont lents» irré«- . goliers.

Cet état peut rester stationnaire pendant fort longtemps ; la maladie peut guérir, mais souvent l'amaurose devient complète.

Awêowfxm. — Les malades ont la vue complètement perdue ; ils ne pMvent distinguer le jour de la nuit ; les yeux sont fixes , toomèi ven le ciel et dèpomnrus de tonte expression ; la physionomie pr^ sente un earactère d'hébétude particulier et caractéristique ; la pu* pille eti extrêmement dilatée, l'iris est immobile, et ce n'est que dan» des cas exceptionnels que Ton observe qndque mobilité de Hris ou un reaserrement de la pupille.

L'amaurose survient quelquefois tout à coup et persiste ; dans ces eas ott a invoqué une apoplexie de la rétine. Sanson citait à sa clinique febsenration d'un jeune homme devenu tout à coup amaurotique à fal snite d'excès vénériens ; il recouvra la vue très rapidement.

En général, Tamaurose est double ou bi-oculahre ; si elle est simple^ elle ne tarde pas à envahir l'autre (eil, à moins qu'elle n'ait été causée p«r vue blessure de la rétine ou une lésion d'un des nerfi optiques.

Dhgnùttic, — L'amblyopie peut être confondue avec une catanefe eommençante, nais on ne commettra pas d'erreur si on se rappelle que dans la cataracte l'iris est mobile, que la pupille n'est pas nohre, mail I lee teînie frisAtre ; à la vérité, cette coloration existe quelquefois l'amblyopie, mais elle est pina profonde, et ne permet pet, dana le cataracte, de voir les objets avec netteté lorsque la est dttaiét. L'aouurMe pourrait être confondue avec la citenKie neire, unis l'expérience des trois images de Sanseo, ecHe des phosphènes, de M. Serre d'Uzès, peuvent mettre sur le veie. Ki effet, dans l'amaurose on distingue parfaitement les trois images, ce qui n'a pas lieu dans la cataracte ; et, quand la rétine a perdu sa faculté d'être impressionnée par les rayons lumineux, la pression exercée par le doigt appliqué sur le globe de l'œil ne produit pas ces anneaux lumineux que le malade aperçoit très bien lorsque ta rétine a conservé toutes ses propriétés.

Un point de diagnostic fort important est de déterminer la nature dé L'amearose. Mous avons déjà vu combien il était difficile d'arriver à des ootioos eertainea; aussi ne saurait-on assez apporter d'attention daoi la recherche dea antéeidents des makides et dans les symptômes laeaux et généraux que l'on peut être à même de (

^•Jf^ PÀtHOLOGiE CHIRURGICALE.

Pfonontic. — Il est très grave. Si l'amblyopie peut guérir quelquefois, si elle peut d'autres fois rester stationnaire , souvent elle devient complète ; et l'amaurose complète, à moins qu'elle n'ait été déterminée par une affection qui puisse être traitée avec succès, est le plus souvent incurable.

TraUemefU. — Tant qu'il n'existe que de Famblyopie, les malades éviteront toute espèce de fatigue de l'organe de la vision ; c'est certainement au repos qu'il faut attribuer le plus grand nombre de ces gttérisons que l'on a constatées chez les individus traités à l'hôpital, et qui sont obligés de travailler pour vivre.

On dirigera tous ses soins vers l'affection dont l'amaurose n'est que le symptôme. S'il existe des signes d'inflammation et de congestion, on aura recours au traitement antiphlogistique, émissions sanguines, purgatifs souvent répétés. Pour combattre les amauroses dites asthéniques, que n'a- 1 on pas imaginé et le plus souvent sans résultat : purgatifs, dérivatifs à la peau, moxa, sétons au cou, à la région temporale, vésicatoires au cou , à la tempe, autour de l'orbite, cautérisation sincipitale, soit avec le fer rouge, soit avec la pommade de Gondret, les excitants aromatiques ou ammoniacaux autour de l'orbite et sur le globe de l'œil, les sternutatoires, vératrine, poudre de Saint-Ange, de cabaret, etc.; les excitants du système nerveux, la noix vomique, Ii brucine, la strychnine appliquées par la méthode endermique, l'électricité, l'électro-poncture ; enfin FI. Gunier aurait obtenu, cbei quelques amaurotiques, une amélioration, en leur faisant porter des lunettes à verres convexes, dont il diminuait graduellement la force. Mais malheureusement tous ces moyens donnent bien rarement des résultats satisfaisants; nous en avons vu appliquer un bien grand nombre, et nous n'oserions pas affirmer que nous ayons observé même une amélioration notable et permanente.

Il est encore quelques autres affections de la rétine, que nous nous contenterons de mentionner ; telles sont Yencéphaldide de la r^me, que nous étudierons avec le cancer de l'œil ; Vhydropisie sous-rétinienne, le plus souvent consécutive à une inflammation de la choroïde; Vouification de la rétine, aff'ection fort rare et qu'il est impossible de diagnostiquer.

Art. XT« — Affections da globe de l'œil.

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