X. Paralysie des muscles de l'oeil
La paralysie des muscles de l'œil peut être générale, c'est-à-dire se porter sur tous les muscles ; elle peut être partielle, c'est-à-dire bornée à un nerf seulement.
I. Paralysie partielle, — 1" Paralysie de la troisième paire. — Cette affection a été de la part de M. Fiances l'objet d'un travail extrè-
(1) Archives 4'Qphthalmologie, 1. 1, p. 108,
5g4 PATHOLOGIE CHIRURGICALE.
memenl intéressant dont nous ne saurions trop conseiller la lecture (1).
Étiologie. — La paralysie de la troisième paire a été observée à la suite de lésions traumatiques , d'affections vénériennes ; on Ta vae produite par l'action d'un courant d'air froid ; M. Marchai (de Calvi) croit l'avoir vue succéder à une névralgie de la cinquième paire ; mais pourquoi la cause qui a agi sur la cinquième paire pour produire la névralgie n'aurait-elle pas déterminé la paralysie de la troisième?
Symptomo/olo^t^. — La paralysie de la troisième paire peut h\x^ totale, c'est-à-dire porter sur le muscle élévateur de la paupière supérieure, sur les muscles droits supérieur , inférieur et interne, sur les fibres contractiles de l'iris, auxquelles la troisième paire envoie des rameaux moteurs par le ganglion ophthalmique ; elle peut n'être que partielle, c'est-à-dire ne porter que sur un ou plusieurs des organes que nous venons d'énumérer.
Sachant quel est le mode de distribution de la troisième paire, il est focile de se rendre compte des phénomènes qui accompagnent la paralysie : ainsi, chute de la paupière supérieure, suppression des mouvements du globe de l'œil en haut et en bas, des mouvements de l'iris ; le globe de l'œil est saillant, et, obéissant à la contraction du muscle droit externe, se fixe sur le côté externe de l'orbite. Si le malade veut faire exécuter des mouvements au globe de l'œil, il ne peut produire que quelques oscillations, dues sans doute à la contraction du muscle grand oblique. La dilatation de la pupille rend difficile la perception des objets rapprochés. Si la paupière est soulevée, et si le malade regarde un objet avec ses deux yeux, il y a diplopie : ce symptôme appartient d'ailleurs à toutes les paralysies des muscles de l'orbite, et tient à ce que le malade ne peut placer ses deux yeux de telle sorte, que les rayons lumineux viennent impressionner les parties correspondantes de la rétine. A ces symptômes locaux se joignent quelques symptômes généraux, tels que la céphalalgie, des vomissements.
Lorsque la paralysie est partielle, on n'observe qu'une partie des symptômes que nous venons de passer en revue, ceux-ci, d'ailleurs, sont en rapport avec les parties qui ont été privées du mouvement.
Enfin la paralysie peut être incomplète ; alors les symptômes observés sont à un moindre degré.
Traitement. — 11 sera principalement dirigé contre la maladie qui a déterminé la paralysie ; plus tard c'est la paralysie elle-même qu'il faudra combattre. On pourra alors faire usage des vésicatoires volants, des onctions avec la pommade de strychnine , autour de l'orbite ; de petits moxas ; la cautérisation de la conjonctive oculaire avec l'azolate d'argent, l'élcctropuncture, la galvano-puncture. A ces moyens, on pourra joindre une espèce de gymnastique oculaire en forçant le malade à regarder de l'œil paralysé des objets disposés de telle sorte,
(1) Archives d'ojhUialmologie, t. III, p. 4.