VIII. Ophthalxozoaires
Le globe de l'œil, le tissu cellulaire sous conjonctival, le tissu celli laire de l'orbite logent quelquefois des entozoaires. Le dragonnea a été observé dans le tissu cellulaire de l'orbite ; Nordmann a constal deux espèces de douves dans un cristallin ; mais les parasites qui oi été le plus souvent observés sont des hydatides, et, parmi ces dei nières, les cysticerques paraissent les plus communs, car les acéphi locystes et les échinocoques n'ont été vus jusqu'à présent que dans 1< kystes de l'orbite. Nous étudierons donc seulement les cysticerques.
VCysticerque souS'ConjoncUval. — Dans une série d'articles remar quables dont il a donné récemment le résumé (2) , M. Sichela décn treize cas de cysticerque sous- conjonctival : onze fois le parasite éta logé sous la conjonctive scléroticale ; deux fois il était placé sous 1 conjonctive cornéenne. A ces treize faits on peut ajouter un cas de cyst cerquede la pau;^ière égdlement observé par M. Sichei.
Le parasite se loge dans une poche fibro-celluleuse, quelquefoi
(1) Mémoire cité (Archivei d'ophthalmologie, t. V, p. 115),
(2) Archives d'ophthalmologie^ t. II, p. 238.
ÂFFfiCTlOMS DU GLOB£ 0£ L'cEIL. 5S3
très adhérente à la sclérotique ou à la cornée, arrondie ou bosselée, à surface interne lisse comme celle d'une cavité séreuse. Cette poche au^ente de volume, et prend la forme d'une petite tumeur sphéroïde, dure, grosse comme un pois et môme une noisette, présentant à son centre une petite tache jaune constituée par le cysticerque lui-même.
Cet état peut rester longtemps stationnaire; mais la présence de cette iomeur détermine une inflammation de la conjonctive; quelquefois la tumeur se rompt et la maladie se trouve guérie par la sortie du cysticerque.
Le traitement consiste dans l'extirpation de la tumeur : si la dissection était trop difficile, on se contenterait de foire Texcision de la partie antérieure de la poche.
2* Cysticerque intr a-oculaire. — Cette affection est beaucoup plus rare que la précédente ; nous n'en connaissons que cinq observations.
L'animal n'est pas logé dans une poche, il nage librement dans l'humeur aqueuse , il occupe la partie la plus déclive de la chambre antérieure; aussi, quand le malade remue la tête, le cysticerque est-il toujours en mouvement ; quelquefois il passe à travers la pupille de la chambre antérieure dans la chambre postérieure. Outre les mouvements communiqués, il possède quelques mouvements qui lui sont propres ; aussi se présente-t-il sous des aspects différents.
Lorsque l'animal n'a encore qu'un très petit volume, il cause un peu de gêne dans le globe de l'csil ; il n'apporte d'obstacle à la vision que quand il se place sur le champ de la pupille ; mais , avec le temps, il grossit et détermine des ophthalmies internes dont les conséquences peuvent être des plus fâcheuses.
M. Alessi (1) a pu faire disparaître un cysticerque, en l'espace de quarante jours, à l'aide de vésicatoires saupoudrés de poudre de calomel et de santoline ; mais il parait plus sûr de foire à la cornée une incision suffisante, et d'aller cliercher l'animal avec une pince-érigne dans la chambre antérieure, et même dans la chambre postérieure.