‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 27 sur 188 · KYSTES SÉREUX · texte numérisé non relu

KYSTES SÉREUX

plus nombreux et ceux qui offrent le plut de variétés ; on les a rencontrés dans tous les organes et dans toutes les régions du corps.

Anatomie pathologique, — Si la face interne du kyste présente la plus grande analogie avec les membranes séreuses, il n'en est pas de même de la poche elle-même, qui, à la vérité, dans quelques circonstances, peut être mince, peu résistante ; dans d'autres cas, présente une consistance considérable : elle est celluleuse, fibreuse, fibrocartilagineuse , cartilagineuse et même osseuse. Les parois sont généralement peu vasculaircs, et contractent des adhérences variables avec les tissus environnants. La poche est quelquefois uniloculaire ; d'autres fois elle est divisée par des cloisons incomplètes. Enfin elle peut contenir plusieurs loges parfaitement distinctes.

Le liquide qu'on trouve dans ces kystes est de densité et de coloration variables : tantôt il est tout à fait séreux et incolore ; d'autres fois il est jaune, jaune verdâtre ou brun chocolat. 11 est quelquefois visqueux, filant ; d'autres fois il se trouve mélangé à des substances solides. Dans quelques cas, les kystes renferment du véritable pus. Les kystes multiloculaires peuvent présenter dans une poche un liquide d'une certaine nature ; dans l'autre, un liquide d'une nature toute différente. Leur volume est très variable : on en observe qui ne sont pas plus gros qu'un grain de millet, tandis que d'autres peuvent arriver à des dimensions énormes.

Les tissus qui environnent les kystes sont simplement refoulés ; quelquefois cependant, lorsque la tumeur est très volumineuse et la pression considérable, les organes sont atrophiés, déformés, quelquefois même enflammés; les os peuvent être usés et amincis.

Ces cavités sont le siège d'un mouvement continuel d'exhalation et d'absorption, phénomène qui peut expliquer leur disparition, leur accroissement rapide, la reproduction du liquide après la ponction, ot enfin le travail d'élimination dont elles peuvent être le siège.

Symptomatologie. — Les kystes débutent par une petite tumeur indolente qui fixe à peine l'attention des malades ; mais, au bout d'iui certain temps, la tumeur grossit, produit de la gêne, de la difformité. <^ sont les seuls symptômes que l'on observe ; car il est rare que la maladie, même à un degré très avancé, devienne douloureuse. Los kystes d'un volume considérable ne provoquent généralement d'accidents que par la compression qu'ils exercent sur les organes qui les avoisinent. La maladie s'arrête après avoir pris un cert; in développement ; d'autres fois elle fait des progrès incessants. Dans quelques cas, on a vu les kystes disparaître spoutanément, sans inflammation ; mais les exemples les plus fréquents de guérison spontanée des kystes sont dus à l'inflammation de la poché; Use forme un abcès qui s'ouvre à l'extérieur, et le pus est évacué, ainsi que le liquide du kyste. Dans ce cas, il n'est pas rare de voir la paroi continuer à sécréter, l'ouverture rester fistu* lense ; quelquefois, le foyer se recouvre de végétations fongueuses. 11

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est facile de comprendre que cette terminaison du kyste peut avoir les conséquences les plus fâcheuses pour Téconomie.

Diagnostic. — Les kystes sont en général faciles à reconnaître : leur marche, leur évolution, l'absence de douleur, les font facilement distinguer des autres tumeurs ; cependant on peut les confondre avec des abcès froids, avec des cancers. C'est surtout au sein que cette erreur a été commise (V. Maladies de la mamelle). Dans les cas douteux, on emploiera la ponction exploratrice pour arriver à un diagnostic exact. 11 est souvent difficile de distinguer un kyste multiloculaire ; nous devons dire toutefois que les tumeurs de ce genre sont plus souvent bosselées, tandis que les kystes uniloculaires sont lisses. Enfin, par la transparence, on pourra quelquefois reconnaître un liquide séreux ; par les antécédents on pourra soupçonner un kyste hématique ; mais, nous devons le dire, cette précision de diagnostic ne peut être obtenue que'dans des circonstances rares.

Traitement» — Les médicaments internes, les emplâtres, les onguents, les pommades, ne les font pas disparaître ; il faut donc avoir recours à une opération chirurgicale. Les procédés de traitement conseillés sont :

1° La ponction. Ce moyen n'est que palliatif; car ce n'est que dans des cas extrêmement rares que l'on voit la maladie disparaître ; presque toujours le liquide se reproduit avec facilité.

2" V incision,

'^'' La cautérisation. Par ce moyen, on se propose d'ouvrir le kyste, et de provoquer l'inflammation des parois. Ce moyen n'est applicable qu'aux tumeurs peu volumineuses.

40 Le séton simple ou multiple. Ce moyen consiste à faire passer dans la tumeur un ou plusieurs ftls ou une bandelette de linge ; nous y reviendrons plus loin (Y. Tumeur du corps thyroïde).

^'^ Vextirpation complète. Ce procédé est excellent quand la tumeur est peu volumineuse, et qu'elle est facilement accessible aux instruments tranchants.

6** Vextirpation partielle est applicable aux tumeurs dont le fond repose sur <les organes importants, et dont la lésion pourrait produire des accidents graves.

70 La ponction combinée à l'injection est sans contredit le meilleur moyen de traitement des kystes uniloculaires et un peu volumineux. Le liquide dont on devra faire usage est la teinture d'iode, mêlée, suivant les cas, à une portion plus ou moins grande d'eau.

§ 2. — Kystes hydatiques.

On donne ce nom à des kystes contenant des produits considérés comme des animaux ayant une vie complètement indépendante des animaux au sein desquels ils sont placés. Les .échinocogues et les acé" phalocystes sont les hydatides que l'on rencontre le plus fréquemment

CANCElt. Slh

dans le corps de rhomme. Dans la poche qui constitue le kyste, ou trouve d'antres poches plus petites renfermant un liquide souvent limpide, plus rarement jaune, purulent, dans lequel nagent des hydatides. Nous ne décrirons pas ici ces parasites, dont l'histoire a été faite par 31. A. Tardieu, dans non Manuel de pathologie médicale ; nous ne nous arrêterons pas non plus sur la symptomatologie, la marche et le traitement de ces tumeurs, si bien exposés dans l'ouvrage que nous venons de citer, ils offlrent d'ailleurs la plus grande analogie avec les Icystes séreux.

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