‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 4 sur 188 · PHLEGMON DIFFUS · texte numérisé non relu

PHLEGMON DIFFUS

site qui en distend les mailles ; plus tard la sérosité perd sa fluidité et sa transparence, adhère aux cloisons celluleuses, et ne peut plus sortir au dehors par les incisions; plus tard encore, elle redevient plus liquide, elle est lactescente.

Deuxième période. — Période de mortification. — Le liquide contenu dans les mailles cellulaires devient de véritable pus; celui-ci est tantôt de bonne nature, d'autres fois il est séreux , il baijçne les vacuoles du tissu cellulaire, qui se réunissent en masse pelotonnée, jaunâtre, analogue à des écbeveaux de fil ; ces masses se séparent les unes des autres, se détachent par lambeaux. La peau décollée, amincie, ne tarde pas à perdre sa couleur, elle devient noirâtre.

Troisième période, — Élimination des eschares, — A moins que le pus ne puisse se faire jour à l'extérieur, la maladie se limite , les eschares des téguments se détachent très vite et donnent passage au pus, aux lambeaux de tissu cellulaire; toutes les parties dénudées se recouvrent de bourgeons charnus. Si, au contraire , le pus ne trouve pas de passage au dehors, il fuse dans les gaines aponévrotiques, passe de Tune à l'autre à travers les trous ménagés aux aponévroses pour donner passage aux nerfs et aux vaisseaux ; alors les muscles baignés de pus participent à la mortification, les tendons sont détruits, et quand les parois du foyer sont ouvertes, ils sortent au dehors sous la forme de filaments blancs ; le pus décolle également le périoste, et les accidents ne cessent qu'à la mort du malade. C'est ainsi que les phlegmons s'étendent depuis l'extrémité inférieure d'un membre jusqu'à sa racine ; car si les aponévroses s'opposent quelquefois à la migration du pus, il ne faut pas oublier qu'elles sont percées d'orifices à travers lesquels le pus peut se faire jour, et que souvent toutes les gaines aponévrotiques d'un membre peuvent être disséquées par la suppuration.

Le phlegmon diffus marche dès le début avec une grande rapidité ; la peau, dans une très grande étendue, se gonfle, devient d'un rouge dont les nuances sont assez variables ; à certains endroits, elle est d'un violet foncé, tandis que dans d'autres elle est beaucoup plus pâle; elle est tendue, couverte de phlyctènes remplies de sérosité roussâtre, principalement vers les points où la gialadie a débuté. Si l'on comprime la partie tuméfiée, elle cède à la pression et conserve l'impression du doigt ; au bout de quelque temps elle devient dure, se laisse déprimer plus difficilement, et le chirurgien éprouve une sensation particulière, désignée sous le nom d* empâtement. La partie malade est le siège d*une douleur vive avec sensation de compression.

Les symptômes généraux sont très intenses : au début un frisson, puis de la chaleur avec accélération du pouls ; ce frisson présente des intermittences assez régulières pour que l'on ait pu croire à l'existence d'une fièvre d'accès. La soif est vive , le malade éprouve quelquefois des nausées, des vomissements; ces symptômes tantôt précèdent l'apparition des symptômes locaux, d'autres fois ce sont ceux-ci qui apparaissent les premiers ; la peau est sèche, le malade est tourmenté par

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