ABCÈS FROIDS
L'action de l'air sur les foyers .des abcès froids cause fort souvent des accidents qu'il faut avoir soin d'éviter; la partie malade devient douloureuse, de légers frissons se font sentir, le pus prend une odeur in fecte, et ces accidents ne tardent pas, s'ils se prolongent, à conduire le malade au tombeau.
2* Incision, Elle amène plus tôt que la ponction la guérison des abcès froids ; elle doit être très grande, afin que le foyer soit largement à découvert, et qu'on puisse y introduire de la charpie ou d'autres corps étrangers qui puissent en déterminer l'inflammation. Il ne faudra pas pratiquer d'incision étroite, car le pus, se trouvant toujours sécrété en grande quantité par la membrane pyogénique, le foyer ne se rétrécira pas, l'ouverture deviendra fistuleuse, et l'on aura perdu tous les avantages des ponctions obliques. Mais, d'un autre côté, on remarquera que la guérison ne peut s'obtenir sans qu'on ait modifié ta surface du foyer par des substances plus ou moins irritantes; que, par conséquent, il pourrait y avoir du danger à provoquer une inflammation sur une sniface trop étendue : aussi, lorsqu'on aura à traiter un vaste abcès froid, devra-t-on pratiquer plusieurs ponctions comme nous vêlions de le dire ; la seconde avant que le foyer ait repris son volume primitif, et ainsi des autres jusqu'à ce que l'étendue de l'abcès ne soit plus assez grande pour que son inflammation détermine des accidents. Si les parois du foyer étaient peu étendues, et si elles étaient le siège d'une altération notable, on pourrait en faire Yexcision ; mais cette méthode ne doit être employée que lorsque les cas sont urgents.
3* Caiisliques, Ce procédé est souvent mis en usage avec succès pour guérir les abcès froids, car non-seulement il ouvre passage à la suppuration, mais encore il enflamme légèrement les parois du foyer et facilite la cicatrisation. On les emploie de la même manière que pour les abcès phlegmoneux de l'abdomen.
4° Le séion, dont on fait traverser la tumeur, détermine dans le foyer une inflammation favorable à sa cicatrisation.
S» Les injecUœM irritantes, vineuses, aromatiques, chlorurées, iodées surtout, agissent de la même manière, c'est-à-dire en irritant la face interne du kyste; elles peuvent être employées avec succès* Ces dernières empêchent la décomposition putride.
On doit exercer une surveillance active quand on emploie des moyens propres à enflammer les parois des kystes ; si rinflammqtion était trop intense, on la combattrait par des saignées locales et des émollients.
Un traitement général serait dirigé contre les causes probables de .la maladie : tel serait le traitement antiscrofuleux, etc.