Feulard. Annales de syphiligraplde
380 MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
constate des signes de ramollissement pulmonaire ou de caverne, qui expectorent des crachats sanguinolents, qui sont tourmentés par des sueurs nocturnes et qui vont à une consomption rapide, le tout évoluant en quelques semaines, est-ce que ces malades, ne ressemblent pas à des gens atteints de phthisie aiguë?
Chez eux, il est vrai, la dyspnée est souvent intense, hors de proportion avec la lésion, mais ce symptôme ne suffit pas à mettre sur la voie du diagnostic. Les signes physiques, râles, souffles, gargouillement, sont ceux de la phthisie aiguë. La localisation des lésions, a-t-on dit, peut révéler l’existence des lésions syphilitiques, parce que la lésion syphilitique siège souvent à la partie moyenne du poumon, surtout à droite, au niveau des troisième et quatrième espaces intercostaux. Cette topographie spéciale est en effet importante à connaître ; elle peut faire penser à la syphilis, mais elle n’est pas constante, puisque dans l’observation de M. Raymond et dans un cas qui m’est personnel, et dans bien d’autres, la lésion siégeait au sommet du poumon.
On ne peut donc faire le diagnostic de la syphilis pulmonaire aiguë, que si le malade présente en même temps d’autres lésions syphilitiques, une ostéite ou une périostite douloureuse, une gomme ulcérée, une éruption syphilitique, un testicule syphilitique. Parfois il suffit de découvrir un stigmate syphilitique, une exostose du tibia, une périostose du frontal (obs.Hayem)1, de la clavicule, il suffit de la présence de cicatrices syphilitiques et de l’absence plusieurs fois constatée des bacilles de la tuberculose dans les crachats, pour nous engager à porter le diagnostic de pneumopathie syphilitique aiguë. En un mot, s’il n’existe pas de symptômes pathognomoniques de la broncho-pneumonie syphilitique aiguë, il faut du moins s’entourer de tous les renseignements qui peuvent mettre sur la voie du diagnostic. Alors, même