Thèse de Jacquin
MALADIES DU POUMON
PNEUMOPATHIE SYPHILITIQUE ASSOCIEE A UNE TUBERCULOSE PULMONAIRE.
Description. — Nous avons vu précédemment comment les excavations pulmonaires syphilitiques peuvent engendrer la consomption, le malade devenant phthisique sans être pour cela tuberculeux; nous allons voir maintenant l’association de la tuberculose et de la syphilis chez le même individu. Cette association tuberculo-syphilitique peut se faire des deux façons suivantes :
a. La syphilis survient chez un tuberculeux. — La vérol e aggrave toujours la tuberculose en contribuant à la débilitation de l’organisme et en nécessitant un traitement dont l’application mal dirigée peut avoir des effet funestes. M. Potain a cité un bel exemple de tuberculose pulmonaire aggravée par l’apparition d’une syphilis1.
b. La tuberculose apparaît chez un syphilitique. — C’est à la période tertiaire de la syphilis que la tuberculose fait en général son apparition. Nous avons vu, au sujet des laryngopathies syphilitiques, comment une syphilide laryngée ulcérée peut déterminer la fixation du bacille de Koch; c’est par un procédé analogue que chez un individu sain et vigoureux, exempt de tout antécédent tuberculeux, une syphilide tertiaire du poumon peut favoriser la fixation du bacille et l’éclosion de tubercules dans cet organe. Voilà qui nous explique pourquoi, après avoir longtemps cherché en vain le bacille de Koch dans les crachats de malades porteurs de gommes pulmonaires, on peut finir par l’y rencontrer un jour. Si, dans un même poumon, le tubercule s’unit ainsi au syphilome, ce n’est pas qu’il existe un état anatomique hybride, combinaison de ces deux lésions, sous forme de scrofulate de vérole, comme disait Rieord. La lésion syphilitique et la lésion tuberculeuse naissent, se déve-