‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 129 sur 292 · Mauriac. Gazette des hôpitaux · texte numérisé non relu

Mauriac. Gazette des hôpitaux

MALADIES DU POUMON

A titre d’épiphénomène, on la trouve décrite accidentellement dans quelques observations de syphilis tertiaire du poumon et des bronches. Deux observations sont consignées dans la thèse de Carlier. Dans l’une (la septième), la plèvre, d’un côté, contenait 500 grammes de liquide.

La pleurésie syphilitique peut s’observer aux périodes secondaire et tertiaire de la syphilis. La pleurésie de la période secondaire paraît exister indépendamment des lésions pulmonaires, elle est contemporaine des syphilides muqueuses et cutanées, elle parait céder facilement au traitement spécifique ».

Voici maintenant quelques observations de pleurésie syphilitique tertiaire à grand épanchement :

Un homme de trente-deux ans se présente à l’hôpital avec un ensemble de signes et de symptômes qui font diagnostiquer une pneumonie caséeuse du côté droit. Apres un mois, éclate une pleurésie droite avec épanchement abondant. On diagnostique alors une. pleurésie tuberculeuse compliquant, la tuberculose du nmim/in •

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coiffee de fausses membranes fibrineuses. Dans les no ou 1 épaississement fibreux est le plus considérable

ri: de^T^ Widal- 50C- ** A**»., 1890. - Boc

Th. de Paris, 1893.

— Bochon,

586 MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

trouve, sur la coupe de la plèvre, des masses dures, jaunâtres, caséeuses, de la grosseur d’un pois ou d’un grain de mil (Balzer) *.

J’ai observé une pleurésie syphilitique dans les conditions suivantes : En 1885, je fus appelé, quai de la Râpée, pour donner des soins à un homme en proie à une dypsnée qui, depuis un an, en dépit de tous les traitements, se renouvelait par accès plus ou moins violents, plus ou moins prolongés. On avait diagnostiqué une pleuro-broncho-pneumonie tuberculeuse. Je constatai un épanchement que j’évaluai à 800 grammes environ. Cette quantité de liquide ne pouvait expliquer la dyspnée dont souffrait ce malade. Je retirai par la thcracentèse 650 grammes d’un liquide légèrement rosé ; le malade n’éprouva d’ailleurs aucun soulagement. Comme je cherchais à saisir la cause de ce processus pleuro-bronchopulmonaire, le malade, pressé de questions, finit par me confier qu’il avait eu jadis la syphilis. Je me hatai d’administrer le mercure et l’iodure de potassium à forte dose : la dyspnée s’amenda rapidement, les signes se modifièrent, et au bout de quelques semaines la respiration était devenue presque normale. Lors de mes dernières visites, il ne restait plus trace de pleurésie, mais les lésions broncho-pulmonaires furent plus lentes à s’améliorer.

Il existe donc une pleurésie syphilitique tertiaire. Je ne dis pas qu’elle existe habituellement à l’état isolé, mais elle accompagne, plus fréquemment qu’on ne le pense, les lésions pulmonaires syphilitiques. Je dirai pour les pleurésies syphilitiques ce que j’ai déjà dit pour les pneumopathies syphilitiques : le vrai moyen de les diagnostiquer, c’est d’y penser ; c’est de rechercher si des lésions de syphilis secondaire ou de syphilis tertiaire, ne sont pas contemporaines de l’apparition de la pleurésie.

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