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Grancher. Société médic. des hôpitaux

MALADIES DE LA PLÈVRE

ponctions, ce qui est de mauvais augure. Malgré tout, le liquide pleural reste de bonne qualité; il est séro-fibrineux, parfois peu fibrineux, ce qui est un indice suspect. Dans quelques cas rares, le liquide primitivement séreux devient hémorrhagique, et la réciproque se voit ; le liquide qui était hémorrhagique dans les premières ponctions peut devenir séreux. Des exemples de ces différents cas sont consignés dans les mémoires que publient tous les ans mes internes, relativement aux pleurésies observées dans mon service1.

Parfois, avant même que la pleurésie soit terminée, ou pendant la convalescence, qui est longue, on assiste au développement d’une tuberculose pulmonaire, péritonéale ou méningée. Dans d’autres cas, le pleurétique guérit, du moins en apparence, et l’infection tuberculeuse se déclare trois mois, six mois, un an plus tard. Tels sont les cas qu’on peut classer dans ce deuxième groupe ; on ne peut pas affirmer que la pleurésie soit tuberculeuse au moment où elle éclate, mais la tuberculose, fortement suspectée, se déclare bientôt après.

c. Dans le troisième groupe prennent place les pleurésies tuberculeuses, qui ont toutes les apparences d’une pleurésie franche primitive. Le malade a été pris de sa pleurésie en pleine santé ; le début et la marche de la maladie, l’évolution de l’épanchement, les suites de la thoracentèse, si elle a été pratiquée, la convalescence elle-même, tout ressemble à la pleurésie la plus légitime, et cependant c’est ce même individu qu’on revoit, deux, trois ans, quatre ans, dix ans plus tard, atteint de tuberculose, la pleurésie paraissant avoir été la manifestation initiale et parfois très éloignée de l’infection tuberculeuse. Et les cas de ce genre ne sont pas rares !

Pour expliquer la formation de ces pleurésies tuberci*

1. Pleurésies avec épanchement observées dans le service de M. Dieu lafoy à 1 hôpital Saint-Antoine. Arch. (jènèr. de médecine. — - Bine^ avril 1884. — Barbe, mai 188S. — Ribail, août 1886. — Legrand septembre 1887. — Jeanton, novembre 1888.

MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

leuses chez des individus qui paraissent absolument sains, il faut admettre, ou bien que ces individus avaient déjà quelque lésion de tuberculose pulmonaire qui évoluait à 1 état latent, ne se traduisant encore par aucun symptôme et par aucun signe, ou bien que la tuberculose a débuté chez ces individus par la plèvre, où elle est restée confinée plus ou moins longtemps avant de gagner le poumon. On sait en effet que la tuberculose peut atteindre primitivement la plèvre à l’état de tuberculose locale, et les pleurésies phthisiogènes décrites par M. Jaccoud ont rapport à des tuberculoses débutant par la plèvre et envahissant consécutivement le poumon.

Quoi qu’il en soit, et quelle que soit l’explication adoptée, les faits cliniques n’en ont pas moins une très grande importance.

Ce sont les faits de ce genre qui ont donné l’éveil ; on savait certes depuis longtemps que la pleurésie sérofibrineuse est souvent de nature tuberculeuse, mais on trouve aujourd’hui des observateurs qui disent : La pleurésie a frigore n’existe pas ; cette pleurésie est toujours une pleurésie tuberculeuse et le refroidissement n’est en tout cas qu’une cause secondaire. Yillemin n’est pas éloigné de cette idée, qui a été nettement formulée par M. Landouzy1, et qui parait avoir été adoptée par plusieurs auteurs 2.

Examinons avec attention les pièces du procès et serrons de près la discussion, car il n’est pas indifférent, pour un pleurétique, de savoir s’il peut n’être pas tuberculeux, ou s’il est fatalement atteint de tuberculose. Trois catégories d’arguments, arguments anatomiques, bactériologiques et cliniques vont nous servir dans cette discussion :

Les arguments anatomo-pathologiques 3 sont en faveur de

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