‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 152 sur 292 · Jaccoud. Leçons cle clinique médicale. Paris · texte numérisé non relu

Jaccoud. Leçons cle clinique médicale. Paris

les épanchements hémorrhagiques et même dans les épanchements séro-fibrineux1.

Il est cependant des cas où la pleurésie hémorrhagique peut être soupçonnée à l’avance : c’est lorsqu’une pleurésie se déclare chez un individu manifestement cancéreux. Que le cancer pleuro-pulmonaire soit primitif ou secondaire, on peut en pareil cas avancer que l’épanchement pleural sera probablement hémorrhagique; je dis probablement, car il peut arriver que l’épanchement pleural, d’origine cancéreuse, soit séro-fibrineux.

En résumé, le diagnostic de la nature hémorrhagique du liquide ne repose sur aucun signe certain, elle est habituellement méconnue; on peut en soupçonner l’existence, on peut faire ses réserves sur les qualités d’un épanchement qui s’annonce avec des caractères un peu insolites, mais quant à affirmer la nature hémorrhagique de cet épanchement, c’est chose impossible.

D’après ces quelques considérations, on voit que l’étude des pleurésies hémorrhagiques est entourée de difficultés ; aussi, pour en faciliter la description, je diviserai ces pleurésies hémorrhagiques en quatre groupes, et j’utiliserai, à ce sujet, les observations et les articles que j’ai publiés dans la Gazette hebdomadairei.

Premier groupe. — Les pleurésies hémorrhagiques, artificiellement réunies dans ce groupe, sont rares ou exceptionnelles ; elles surviennent dans le cours de la cirrhose hépatique et du mal de Bright, elles apparaissent à titre d’hémorrhagie pleurale dans le cours des fièvres graves, scorbut, fièvres éruptives. Dans ce groupe je place également les épanchements hémorrhagiques de la plèvre dépendant de l’ouverture d’un anévrysme aortique ou de la rupture d’une aorte athéromateuse. Ce groupe, on le voit, contient les variétés les plus disparates.

1. Barbe. Œdème de la paroi thoracique dans les pleurésies non purulentes. Thèse de Paris, 1885.

2. Dieulafoy. Des pleurésies hémorrhagiques. Gax. hebdomadaire, 1885, n- 17, 18, 20, 21, 23, et 1886, u* 8.

MALADIES DE LA PLÈVRE

Deuxième groupe. — Ici prennent place les pleurésies hémorrhagiques tuberculeuses. Trois variétés doivent être distinguées. Dans la première variété, la pleurésie hémorrhagique fait partie d une tuberculose pleuro-pulmonaire à forme aiguë, tuberculose granuleuse aiguë, ou phthisie aiguë. Dans une deuxième variété, la pleurésie hémorrhagique survient à titre d’épiphénomène dans le cours d une tuberculose chronique commune. Dans une troisième variété, la pleurésie hémorrhagique apparaît comme la révélation initiale de la tuberculose, elle est le résultat d une tuberculose locale ou primitive de la plèvre.

Troisième groupe. — A cette catégorie appartiennent es pleurésies cancéreuses, que le cancer pleural soit primitif ou secondaire

Quatrième groupe. — L'hématome simple de la plèvre forme ce dernier groupe. Ici la pleurésie hémorragique n’est plus qu’un symptôme, elle paraît résumer en elle toute la maladie.

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