Àrch. de physiologie, août
MALADIES DE LA PLÈVRE
ment, alors que la nature séro-fibrineuse ou séro-purulente de l’épanchement vient simplement de ce qu’on ponctionne la pleurésie aux diverses phases de son évolution.
Ce qui domine dans la description de la pleurésie purulente tuberculeuse, c’est qu’elle peut s’installer insidieusement, lentement, et parcourir ses phases sans symptômes bruyants. Aussi cette pleurésie correspond-elle, en partie, aux variétés autrefois décrites sous la dénomination de pleurésie purulente bénigne, latente, chronique. Il n’est pas possible de préciser une durée même approximative à cette pleurésie purulente : elle peut se prolonger bien des mois sans modification notable dans l’état du sujet. J’ai vu un malade qui faisait pour la seconde fois le voyage d’Amérique en France, et qui traînait ainsi sa pleurésie à la recherche du meilleur traitement.
La pleurésie purulente tuberculeuse est assez souvent accompagnée de perforation de la plèvre, perforation provoquée par la rupture d’une lésion tuberculeuse de la plèvre viscérale. La perforation provoque Y hydropneumothorax, mais elle est bien rarement suivie de vomique. L’empyème pulsatile que j’ai décrit au début de ce chapitre est presque toujours associé au pyopneumo-thorax tuberculeux.
Le diagnostic de la tuberculose, au cas de pleurésie purulente, est souvent difficile. Je ne fais pas allusion aux cas qui concernent les malades ayant déjà une tuberculose pulmonaire avérée, ou un pneumo-thorax ; en pareil cas la nature tuberculeuse de l’épanchement est évidente, mais je fais allusion aux pleurésies purulentes qui sont le résultat d’une tuberculose locale et commençante de la plèvre; comment arriver au diagnostic pathogénique? On recherche dans le liquide le bacille de la tuberculose, mais on l’y trouve rarement1, si rarement, dit Frænkel, que tout liquide purulent pleural dans lequel on ne trouve pas de micro-organismes est d’origine tuberculeuse.