‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 166 sur 292 · PLEURÉSIE PURULENTE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE PURULENTE TUBERCULEUSE

Nous avons étudié dans les deux premiers chapitres consacrés aux pleurésies, la pleurésie tubercueuse sérofibrineuse et la pleurésie tuberculeuse hémorrhagique, occupons-nous maintenant de la pleurésie tuberculeuse purulente. Cette pleurésie est celle qui est due au baciile de la tuberculose sans autre association microbienne; s il y avait d autres bacilles, ce serait une pleurésie purulente chez un tuberculeux, mais la pleurésie ne serait pas tuberculeuse au vrai sens du mot. La pleurésie purulente, ' raiment tuberculeuse, ne comprend que la dixième partie environ des pleurésies purulentes.

En étudiant l’étiologie de la pleurésie fibrineuse, nous avons vu que la tuberculose en réclame la plus large part mais toutes tuberculeuses que sont certaines pleurésies sero-fibrineuses, elles n’en peuvent pas moins guérir quand les nodules tuberculeux de la plèvre, entourés dé capsules fibreuses, n’aboutissent pas au ramollissementla maladie reste alors à l’état de tuberculose locale, curable Mais, dans d autres cas, la plèvre se recouvre de fausses membranes tuberculeuses dont les couches les plus in-

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ternes se détruisent pendant que les couches périphériques se régénèrent : il s’agit alors d’une sorte d 'abcès froid pleural (h'elsch et Vaillard1); la nécrose des tubercules est une des causes de l’épanchement purulent.

Les lésions pleurales consistent en un épaississement de la plèvre, surtout la plèvre pariétale. La plèvre est le siège d’une véritable infiltration tuberculeuse avec follicules tuberculeux, cellules géantes, bacilles de Koch. Ces altérations peuvent être très limitées ou généralisées ; toutefois la plèvre viscérale est toujours moins atteinte que la plèvre pariétale. Cette prédominance de la lésion à la plèvre pariétale prouve bien que la plèvre est habituellement envahie primitivement, et non pas consécutivement à une tuberculose pulmonaire. C’est donc une tuberculose locale, parfois très circonscrite, et le poumon est souvent indemne, au moins pendant un certain temps.

Le liquide de ces pleurésies est séro-purulent, très peu fibrineux, louche, verdâtre, à dépôt pulvérulent :il n’a donc aucun des caractères du « pus louable » des pleurésies pneumococciques. Parfois le liquide purulent, surtout dans les vieux épanchements, est graisseux, chyliforme. Dans le liquide on peut découvrir le bacille de Koch ; si la pleurésie tuberculeuse n’est pas à l’état de pureté, on y trouve en quantité plus ou moins considérable d’autres agents pyogènes. L’inoculation aux cobayes est un bon moyen de confirmer la nature tuberculeuse de la pleurésie.

Cette pleurésie est rarement purulente d’emblée; au début, le liquide est souvent séro-fibrineux, mais il est particulièrement riche en globules rouges, puis en globules blancs. Plus tard, le liquide devient louche et séropurulent. Ce sont là des particularités que j’ai indiquées depuis longtemps. Comme ce liquide se reproduit facilement, et qu’on est parfois obligé de pratiquer à plusieurs reprises la ponction, on avait mis, autrefois, à l’actif de la Ihoracentèse, la transformation purulente de l’épanche-

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