‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 171 sur 292 · CLOISONNÉE · texte numérisé non relu

CLOISONNÉE

Jusqu’ici je ne me suis occupé que des pleurésies de la grande cavité pleurale; mais il est des cas où la pleurésie se cloisonne, s’enkyste, se cantonne à un territoire restreint et forme les quelques variétés que nous allons décrire.

A. Pleurésie interlobaire. — La pleurésie interlobaire est l'inflammation de la plèvre qui tapisse les scissures interlobaires. On sait que la scissure interlobaire, profonde et oblique, arrive jusqu’au voisinage du hile ; elle commence, dit M. Sappey, à 6 centimètres au-dessous du sommet du poumon, se dirige en bas et en avant, et vient se terminer immédiatement au-dessus de la base du poumon, qu’elle intéresse quelquefois lorsqu’elle est très oblique1. La scissure est simple pour le poumon gauche, mais elle se bifurque pour le poumon droit, et ce lieu de bifurcation parait favorable au développement de la pleurésie interlobaire, qui est plus fréquente du côté droit que du côté gauche. Cette pleurésie est presque toujours suppurée (Laënnec5) ; elle forme une sorte de kyste pleural, limité par le bord des scissures devenues adhérentes et par les faces contiguës des deux lobes pulmonaires refoulés par le liquide. On dirait au premier abord un abcès pulmonaire, et l’on considérait en effet cette pleurésie enkystée comme un abcès du poumon avant les travaux de Bayle et de Laënnec.

Le volume de la poche purulente est en rapport avec la quantité de liquide, qui varie de 100 à 500 ou 400 grammes, ce qui est loin, on le voit, des deux ou trois litres de pus qui peuvent exister dans la pleurésie

1. Rochard. Topographie des scissures interlobaires du poumon. Paris, 1892.

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