Trousseau. Clinique de l’üûlel~Dieu, t. I, p
MALADIES DE LA PLÈVRE
signe qui n’a pas encore été décrit et qui repose sur la fétidité de l’haleine. Le liquide des pleurésies interlobaires est souvent fétide, même avant toute communication avec les bronches; au moment où la fistule bronchopleurale va se former, il se fait d’abord une simple fissure, qui n’est pas encore assez large pour laisser passer le liquide purulent, mais qui permet le passage des émanations fétides de la cavité. Voilà pourquoi la fétidité de l’haleine chez ces malades précède de douze heures, de vingt-quatre heures et plus longtemps encore, l’apparition de la vomique. Le liquide de la pleurésie métapneumonique fait exception et peut n’être pas fétide.
Tantôt la guérison de la pleurésie interlobaire a lieu après une expectoration purulente qui dure plusieurs jours ou plusieurs semaines, et qui diminue graduellement de quantité, c’est surtout le cas pour la variété métapneumonique; tantôt la cavité pleurale continue à suppurer indéfiniment et persiste associée à une sclérose pleur o-pulmonaire. J’ai observé un cas de ce genre chez un malade dont la pleurésie interlobaire s’était terminée par vomique1. A l’autopsie, je trouvai l’ancienne cavité fort rétrécie, et entourée d’un parenchyme fibreux. Î1 s’était formé un tissu de sclérose pleuro-pulmonaire qui s’était associé à la dilatation ampullaire de quelques canaux bronchiques.
D’autres malades succombent à la phthisie pulmonaire, dont la pleurésie interlobaire n’était qu’un épisode.
La pleurésie interlobaire purulente, surtout la variété métapneumonique, peut se résorber; elle peut guérir après une simple ponction, principalement quand elle est métapneumonique ; parfois l’opération de l’empyème et la résection des côtes sont indiquées.
B. Pleurésie diaphragmatique. — La pleurésie diaphragmatique ou pleurésie de la portion diaphragmatique
1. Voy. Thèse de Martinez Messa, p.;29. Pleurésie interlobaire supputée. Th. de Paris, 1879.
MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
do la plèvre1 est primitive ou secondaire, sèche ou accompagnée d’épanchement, séro-fibrineuse ou purulente, libre ou enkystée. La forme sèche est la plus fréquente La cirrhose du foie, la péritonite, la néphrite, l’état puerpéral, la tuberculose, la pneumonie, sont les causes les plus habituelles des pleurésies diaphragmatiques. Dans la pelvipéritonite, péritonite aiguë, simple ou puerpérale, l'inflammation se transmet du péritoine à la plèvre par les vaisseaux lymphatiques, surtout par les lymphatiques qui accompagnent les vaisseaux utéro-ovariens et se rendent aux piliers du diaphragme2. Quant à la pleurésie diaphragmatique métapneumonique, les considérations énumérées au sujet de la pleurésie interlobaire restent les mêmes.
L’épanchement est habituellement peu abondant, parfois enkysté, et le poumon est souvent le siège d’une forte congestion qui entre pour une large part dans le tableau clinique de la maladie.
Les symptômes de la pleurésie diaphragmatique n’ont pas toujours la même intensité; ils sont parfois assez modérés, mais dans les cas aigus, tels que celui qui sert de type à notre description, la maladie se traduit par une douleur qui est très vive au milieu du diaphragme (névralgie du nerf phrénique), et qui remonte jusqu’à l’épaule ; on peut provoquer la douleur en comprimant les insertions du diaphragme sur la dixième côte (bouton diaphragmatique) à deux travers de doigt de la ligne blanche (Guéneau de Mussy)3, ou en pressant le nerf phrénique à son passage entre les attaches inférieures du muscle sterno-cléido-mastoïdien. La région de l’hypochondre (région costale inférieure) est immobilisée à cause de la parésie du diaphragme (Andral), et les signes
t. Récamier. Th. de Paris, 1889. — Sée. Gaz. des hôpitaux, 25 mar» 1895. — Malaviale. Th. de Paris, 1890.
2. Lasne. Pleurésie diaphragmatique et pelvipéritonite. Th le Paris, 1887.