‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 174 sur 292 · Clinique médicale de V IIôtcl-Dieu, t. I, p. 6U · texte numérisé non relu

Clinique médicale de V IIôtcl-Dieu, t. I, p. 6U

MALADIES DE LA PLEVRE

habituels de la pleurésie, le frottement, la matité, 'le souffle, l’égophonie, n’apparaissent que si la pleurésie diaphragmatique gagne la grande cavité pleurale. Dans les cas graves, qui sont du reste beaucoup plus rares que ne le ferait croire la description laissée par Andral, les symptômes sont violents et rappellent les crises d’angine d poitrine ; la respiration est brève, saccadée et entremêlée de hoquet, la voix est cassée, la dyspnée et l 'angoisse sont excessives, une moitié du diaphragme est immobilisée, et si l’autre moitié vient à se prendre, la vie du malade est en danger. La pleurésie diaphragmatique suppurée n’a pas de symptômes spéciaux, elle se comporte souvent comme la pleurésie que nous venons de décrire, elle s’enkyste à la façon des pleurésies partielles, et dans quelques cas, chez les vieillards surtout, elle reste latente et ne se révèle qu’à l’autopsie. Elle se termine assez fréquemment par vomique. Les considérations développées au sujet de la vomique interlobaire sont applicables à la vomique diaphragmatique.

C. Pleurésies cloisonnées. — La pleurésie multiloculaire ou cloisonnée est rarement aiguë; tantôt elle est chronique d’emblée, tantôt elle est due à des poussées aiguës qui se font dans une plèvre déjà cloisonnée par les fausses membranes d’une pleurésie antérieure. La pleurésie cloisonnée est séro-fibrineuse, hémorrhagique ou purulente; il n’est même pas rare, en pratiquant la thoracentèse, de rencontrer des poches contenant, l’une un liquide séreux, l’autre un liquide purulent. Parfois, le cloisonnement est simple, et la fausse membrane ne divise l'épanchement qu’en deux compartiments; plus souvent, le cloisonnement est multiple et les loges sont nombreuses ; enfin dans quelques cas la pleurésie est aréolaire, comme si les fausses membranes étaient elles-mêmes infiltrées de sérosité. La forme cloisonnée hémorrhagique est assez fréquente dans le cancer pleuro-pulmonaire.

L’évolution de la pleurésie cloisonnée est tantôt latente, tantôt accompagnée de toux, de point de côté, de dyspnée!

MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

Cette pleurésie est d’un diagnostic difficile; elle présente les signes, moins nettement accentués, de la pleurésie simple, et elle offre cette particularité que les vibrations thoraciques sont en partie conservées dans les régions du thorax qui correspondent aux adhérences pleurales formant les cloisons (Jaccoud1).

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