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Société médicale des hôpitaux

MALADIES DU MÉDIASTIN.

irrégulière, comblée par de nombreux organes, qui occupe dans le thorax l'espace compris entre le sternum, la colonne vertébrale et la face interne des poumons. Pour comprendre la constitution de la cavité médiastine, il suffit de savoir comment se comportent les plèvres à ce niveau. Après s’être un instant adossées derrière le sternum, les plèvres s’écartent, et dans cet éoartement, qui s’étend de la partie postérieure du sternum au pédicule du poumon, elles circonscrivent un dernier espace que quelques auteurs ont nommé mécliastin antérieur; puis, continuant leur chemin du pédicule du poumon à la face antérieure de la colonne vertébrale, elles circonscrivent un second espace qui, par opposition au premier, a reçu le nom de médiastin postérieur.

La partie antérieure (médiastin antérieur de certains auteurs) mesure, comme hauteur, le diamètre vertical antérieur du thorax. On peut en comparer la forme à celle d’une pyramide à trois faces, dont deux latérales et une postérieure. Les deux faces antéro-latérales sont formées par les feuillets de la plèvre qui s’attachent au sternum : elles sont en rapport, la droite surtout, avec le poumon ; la face postérieure, moins large, répond en bas à l’œsophage, et en haut à l’œsophage et à l’aorte thoracique. C’est dans cet espace, à peu près triangulaire, que sont contenus les organes suivants :

Le péricarde, qui s’étend verticalement de l’appendice xiphoïde au milieu de la première pièce du sternum, et qui, horizontalement, se prolonge (au niveau du quatrième espace intercostal) de 8 à 10 centimètres à gauche de la ligne médiane du sternum, et de 2 à 3 centimètres à sa droite.

Le cœur, dont la pointe correspond à la sixième côte, et se trouve à 10 centimètres environ de la ligne médiane du sternum.

La crosse de l’aorte, qui correspond à la partie médiane et supérieure du sternum, et qui loge le plexus cardiaque dans sa concavité.

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

Sur le même plan que ces vaisseaux on trouve : t droite, le tronc brachio-céphalique et la veine cave supérieure; à gauche, les artères carotide primitive et sousdavière, et, plus en dehors, lés nerfs pneumogastrique récurrent et phrénique.

En arrière de ces organes est le pédicule des poumons, formé : 1° par les bronches, dont la situation dans le médiastin est sur le même plan que la partie interne des deuxièmes espaces intercostaux; 2° par les artères pulmonaires; 3° par les veines pulmonaires.

La partie postérieure du médiastin (médiastin postérieur de certains auteurs) est bien différente de la partie antérieure; sa longueur égale à peu près celle de la colonne dorsale, et sa forme est celle d’une pyramide à quatre côtés et à sommet inférieur. Les côtés latéraux sont formés par les plèvres, qui en haut s’écartent pour recevoir les artères sous-clavières; le côté postérieur répond à la colonne vertébrale, et le côté antérieur est limité par la bifurcation de la trachée dans son quart supérieur et par le péricarde dans ses trois quarts inférieurs. Dans cet espace irrégulièrement quadrangulaire on rencontre les organes suivants :

L’aorte thoracique et l’œsophage, qui sont d’abord situés sur le même plan transversal, et qui se rapprochent en descendant, si bien que l’œsophage finit par se placer audevant de l’aorte et contribue à former le sommet de la pyramide.

La grande veine azygos occupe le côté droit de la colonne vertébrale en arrière de l’œsophage; la petite veine azygos est placée sur le côté gauche de la colonne dorsale, en arrière de l’artère aorte ; le canal thoracique est situé entre les deux veines azygos.

Signalons encore le tissu conjonctif, les ganglions lymphatiques, les rameaux du grand sympathique et les nerfs pneumogastriques qui entourent l’œsophage.

Les ganglions lymphatiques du médiastin ont une importance particulière à cause des maladies fréquentes

MALADIES DU MÉDIASTIN.

dont ils sont le siège. Considérés dans leur ensemble, ils reçoivent les vaisseaux lymphatiques de la plèvre, des poumons, de la trachée, des bronches, du cœur, du péricarde et des parois thoraciques. Les groupes ganglionnaires, qui méritent une attention spéciale, ont été bien étudiés parM. Baréty, qui distingue : l°des groupes péri-trachéobronchiques droit et gauche; 2° des groupes sous-bron- , chiques droit et gauche; 3° des groupes inter-bronchiques.

Anatomie pathologique. — Pathogénie. — Parmi les nombreuses tumeurs qui se développent dans le médiastin1, nous étudierons principalement : 1° l’adénopathie simple; 2° l’adénopathie tuberculeuse; 3° l’adénopathie cancéreuse; 4° les dégénérescences du thymus; 5° l’anévrysme de l’aorte; 6° les abcès du médiastin; 7° le cancer de l’œsophage; 8° l’hypertrophie ganglionnaire avec ou sans leucocythémie. i

1° Adénopathie simple. — Les maladies aiguës des poumons et des bronches provoquent à des degrés divers, et principalement chez les enfants, l’engorgement et l’inflammation des ganglions trachéo-bronchiques. La pneumonie, la bronchite capillaire, les catarrhes associés à la rougeole, à la coqueluche, à la grippe, développent l’adénopathie. Les ganglions augmentent de volume dans des proportions parfois considérables : il y a, suivant les cas, congestion et œdème inflammatoires, et parfois « l’hypérémie et la suffusion sanguine déterminent une augmentation de volume avec coloration rouge de tout le parenchyme du ganglion; celui-ci ressemble alors au tissu hépatique2 ». L’adénite aiguë arrive quelquefois à la suppuration.

2° Adénopathie tuberculeuse. — Dans les ganglions lymphatiques, les tubercules se développent le long des vaisseaux dans le système caverneux ou dans le système folliculaire du ganglion, et avec les mêmes caractères que dans les autres tissus. Ici comme ailleurs, le tubercule subit la transiormation graisseuse, et, lorsque les granulations

1. Sicliort, Tumeurs du médiastin. Thèse de Paris 1872, n° 89.

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