‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 192 sur 292 · Foureur. Revue de méd., juillet · texte numérisé non relu

Foureur. Revue de méd., juillet

3. R. Blache. Malad. du cœur cites les enf. Tli. de Paris, 1869.

MALADIES DU PÉRICARDE

est sèche ou accompagnée d’épanchement, mais dans la pleurésie aiguë l’épanchement est la règle, tandis que dans la péricardite il est l’exception. Sur dix malades atteints de péricardite rhumatismale, on ne constate peut-être pas deux fois l’épanchement. Au point de vue rigoureusement anatomique, il n’y a pas de péricardite aiguë absolument sèche, car on retrouve toujours à l’autopsie une certaine quantité d’exsudat ; mais en clinique, l’épanchement n’est pris en considération que s’il est en quantité suffisante pour déterminer des signes spéciaux: et, envisagée à ce point de vue, la péricardite avec épanchement est vraiment rare

La péricardite est partielle ou généralisée à tout le feuillet séreux; partielle, elle siège surtout au voisinage de l’aorte et à la base du cœur. Le feuillet viscéral, l’épicarde, est toujours le plus intéressé. Au début, les vaisseaux congestionnés se dessinent en fines arborisations à la surface de la séreuse; plus tard, la séreuse perd son poli et se recouvre d’un exsudât fibrineux que son aspect papillaire et mamelonné ( cor hirsutum ) a fait comparer à la langue du chat, ou à deux tartines de beurre qu’on aurait d’abord accolées, puis brusquement séparées. Les prolongements papillaires de cet exsudât sont formés de fibrine, de cellules épithéliales et de globules purulents ; le derme delà séreuse n’y prend aucune part; leur forme spéciale est due aux mouvements incessants qui sont imprimés par le cœur à la fibrine. Le tissu conjonctif de la séreuse est le siège d’une multiplication d’éléments ^embryonnaires, et les vaisseaux lymphatiques sont gorgés de fibrine et de globules blancs. La quantité de liquide épanché dans le péricarde varie de quelques grammes à un litre et même au delà ; il est séro-fibrineux (rhumatisme, pneumonie); hémorrhagique1 (tuberculose, mal de Bright, scorbut, cancer, cachexies), purulent (scarlatine, fièvre typhoïde, état puerpéral). La fibre musculaire cardiaque est souvent atteinte de myocardite aiguë superficielle.

1. Lacrousille. Péricardite hémorrhagique. Thèse de Paris, 1SÇ5.

MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE

La péricardite tuberculeuse mérite une mention particulière. Elle survient dans le cours de la tuberculose aiguë ou chronique, elle peut même exister à l’état de tuberculose locale primitive. La péricardite est sèche ou avec épanchement, et dans ce dernier cas le liquide est souvent hémorrhagique. Dans la péricardite tuberculeuse récente, le tissu tuberculeux contient des bacilles; mais ceux-ci peuvent manquer dans le tissu tuberculeux des péricardites anciennes (Cornil et Babès). Les ganglions du médiastin sont indurés, volumineux, le tissu cellulaire qui les entoure adhère à la plèvre et aux poumons. La péricardite tuberculeuse aboutit parfois à la symphyse cardiaque1 2 3 *.

Description. — L’invasion de la péricardite aiguë est fort variable, et bien que cette diversité du début ne soit pas seulement imputable à ses causes, la péricardite est habituellement insidieuse et latente (Stokes)* et beaucoup plus rarement, fébrile, bruyante et douloureuse.

Le malade se plaint parfois d’une oppression plus ou moins forte, de palpitations et de douleurs à la région précordiale, à la région épigastrique ou entre les deux épaules. Habituellement, surtout dans la péricardite rhumatismale, qui est de beaucoup la plus fréquente, ces différents symptômes, notamment la douleur, sont nuis ou insignifiants. Dans quelques circonstances, exceptionnelles cependant, les symptômes de la péricardite aiguë revêtent une notable intensité, la face pâlit, le malade est anxieux, la douleur peut être angoissante, terrible, accompagnée de refroidissement et de lipothymies, analogue à la douleur de l’angine de poitrine, ce qui prouverait que le plexus cardiaque et le nerf phrénique sont intéressés par la phlegmasie5.

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