Persistance du canal artériel, Thèse de Paris
«. Art. CœoR du Dict. méd. et chir.
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
traire, les ventricules se trouvaient déjà isolés l’un de l’autre au moment de l’oblitération de l’artère pulmonaire, l’afllux du sang de l’oreillette droite dans le ventricule correspondant se trouvant entravé, un courant puissant s’établit du côté droit au côté gauche de la chambre auriculaire, et le trou de Botal reste béant. Mais comme l’aorte reste désormais la seule voie ouverte au cours du sang, ce liquide ne peut plus parvenir aux poumons que par l’intermédiaire du canal artériel, qui à son tour persiste, après la naissance, à l’état de conduit perméable. ».
Mais ces lésions, bien que permettant plus ou moins le mélange des deux sangs, ne sont pas aptes également à produire les symptômes de la maladie bleue (cyanose, dyspnée, etc.) ; il existe en effet plusieurs exemples (Gelau, Longhurst) où une excellente santé et l’absence de cyanose avaient été compatibles pendant bien des années avec la promiscuitédu sangrougeetnoir.il faut donc autre chose que le mélange du sang pour produire la maladie bleue, et les lésions les plus favorables à ce résultat sont celles qui ne permettent pas au sang mélangé de venir s’artérialiser suffisamment dans le poumon.
Description. — La coloration bleuâtre n’est pas également répartie à la surface du corps : elle est plus accusée aux lèvres, aux narines, aux lobules des oreilles, aux extrémités des doigts et des orteils, à la muqueuse delà langue et du pharynx. La cyanose n’a pas tou jours la même intensité, elle diminue pendant le sommeil, ou après un repos prolongé, mais il suffit d’un effort musculaire un peu pénible pour lui rendre toute son intensité. Les doigts des mains, outre leur teinte violacée, présentent une déformation très accusée: la dernière phalange est enfiée, arrondie, et les ongles sont épais, larges et recourbés.
La respiration est brève et pénible, la voix est grêle, saccadée, et le malade ne peut se livrer à aucun exercice, même modéré, sous peine de provoquer des accès d’oppression, accompagnés de palpitations, d’angoisse et de syncope. Le malade a conscience de l'abaissement de sa
MALADIES DU MYOCARDE.
température (55° à 56°, Tupper), et la lenteur de ses mouvements rappelle un peu certains animaux à sang froid.
Tous ces troubles, cyanose, dyspnée, somnolence, apathie, refroidissement, s’expliquent par ce fait, que les malades ont trop de sang veineux, pas assez de sang artériel, trop d’acide carbonique, pas assez d’oxygène. La durée de la vie dépend de la nature et de la gravité de la lésion; les malades succombent par asphyxie, par syncope, d’autres deviennent tuberculeux.
L’examendu cœur donne des résultats peu certains sur le siège précis de la lésion. La matité cardiaque est en rapport avec l’hypertrophie du ventricule droit, et la palpation fait percevoir quelquefois un frémissement continu avec renforcement. Les bruits de souffle perçus à l’auscultation sont variables ; peut-être le souffle systolique, ayant son maximum d’intensité au niveau de la quatrième vertèbre dorsale, est-il un signe de la persistance du canal artériel.