Cancer du larynx , Paris
MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
Traitement. — La connaissance des altérations syphilitiques du larynx a une importance d’autant plus grande, qu’à part quelques lésions tertiaires, quelques laryngosténoses cicatricielles, les affections syphilitiques du larynx cèdent fort bien à la médication spécifique. Dans les laryngopathies syphilitiques, le traitement local n’a qu’une importance secondaire; ce qui importe, c’est le traitement général. Les frictions mercurielles, la liqueur de Van Swieten, le sirop de Gibert et surtout les injections de biiodure, telles que je les ai longuement décrites à propos de la syphilis cérébrale, l’iodure de potassium à la dose de plusieurs grammes par jour, donnent des résultats vraiment merveilleux; les troubles vocaux et les troubles respiratoires diminuent et disparaissent, parfois assez lentement, parfois rapidement, et les exemples ne sont pas rares de gens qui allaient subir l’opération de la trachéotomie pour des accidents qui ont pu être conjurés en quelques jours par la médication spécifique. On ne saurait trop se rappeler ces faits; Krishaber en a publié quelques-uns qui sont absolument remarquables.
Dans quelques cas, la médication ne réussit pas d’emblée, il faut persévérer, et tels accidents graves qui avaient résisté à un traitement, de douze à quinze jours, commencent à céder, pourvu qu’on y mette toute la persévérance voulue.
Depuis quelques années, j’ai eu dans mon service de l’hôpital Necker plusieurs malades atteints de laryngopathies syphilitiques à la période asphyxique. Ces malades avaient déjà fait, ailleurs, différents traitements au mercure et à l’iodure, mais en dépit du traitement, la lésion laryngée avait progressé parce que les doses médicamenteuses n’avaient été ni assez élevées, ni assez longtemps continuées. Suivant mon habitude, j’ai prescrit à ces malades un traitement journalier composé de frictions mercurielles à la dose de 6 grammes d’onguent napolitain et l’iodure de potassium à la dose de 10 à
MALADIES DU LARYNX
15 grammes. J’ai eu la satisfaction de voir guérir ces malades.
Il ne faut pas se hâter de pratiquer la trachéotomie; alors même que l’asphyxie parait imminente, on meurt rarement du fait de laryngopalhie syphilitique, et si l’on agit vigoureusement au moyen du traitement que je viens d’indiquer, on est presque toujours assez heureux pour conjurer le danger sans recourir à l’opération.
Quand la tuberculose et la syphilis sont associées, il semble, d’après les statistiques les plus récentes, qu’il y ait avantage à ne pas traiter la syphilis. Il faut surtout donner un régime tonique et reconstituant. Outre que le mercure et l’iodure affaiblissent le malade, la tuberculose progresse à mesure que la syphilis s’atténue, elle semble même prendre parfois un caractère exceptionnel de gravité. Au contraire, les deux affections paraissent se neutraliser dans une certaine mesure, au moins pour un temps.
LARYNGOPATHIE SYPHILITIQUE HEREDITAIRE
Le larynx n’est pas plus que les autres organes à l’abri des lésions provoquées par la syphilis héréditaire, précoce ou tardive. « Les manifestations laryngées de la syphilis Héréditaire sont beaucoup plus communes dans le jeune âge qu on ne le croit généralement. Sur 76 cas de ce genre, Mackenzie dit en avoir rencontré 55 au cours de la première année, dont 45 dans les six premiers
J’ai la conviction que beaucoup d’enfants atteints de troubles Laryngés simulant la trachéo-laryngite, la laryngite stnduleuse, l’œdème laryngé, n’ont autre chose que