Article Cobkaoe du Dictionnaire des sciences médicales
HIEULAFOY, PATHOL. T. I. K
noïdes. Érosions insignifiantes de la muqueuse. Catarrhe pharyngo-laryngé, sécrétion abondante.
La laryngite goutteuse présente à chaque phase aiguë, un érythème parfois intense de tout le larynx, du pharynx et de la trachée. La périodicité des crises peut seule écarter l’idée d’une affection syphilitique érythémateuse. Les cordes vocales ont parfois un aspect sanguinolent.
2“ Laryngopathie tuberculeuse. — Amaigrissement, perte d’appétit, toux laryngo-bronchique ; hémoptysies ou pleurésie antérieures, lésions pulmonaires en voie d’évolution. Dans quelques cas exceptionnels, tuberculose laryngée primitive. Troubles de la voix dans toutes leurs modalités; troubles dyspnéiques nuis ou accentués, suivant la topographie et l’inlcnsité des lésions. Douleurs et dysphagie parfois très vives.
Au laryngoscope : pâleur inusitée de la région palatine et du vestibule laryngé. Lésions du larynx isolées ou combinées, revêtant les formes suivantes : — a. — Infiltration tuberculeuse sans ulcération dont le siège est surtout à la région inter-arvténoïdienne, à l’épiglotte, aux replis, aux bandes ventriculaires; hypertrophie et déformation de ces parties, notamment saillie coniforme des aryténoïdes ou de l’un d’eux; volume énorme de l’épiglotte, tuméfaction considérable des bandes ventriculaires; cordes vocales ternes et dépolies; épiglotte habituellement respectée; saillies glandulaires; catarrhe laryngé. — b. — VégélaLions tuberculeuses : leur volume est parfois considérable; elles siègent surtout à la région inter-arylénoïdienne, elles sont décolorées, livides, recouvertes de mucosités purulentes et souvent implantées sur une base ulcérée; l’œdème qui les entoure est pâle. — c. — Ulcérations tuberculeuses : leurs bords sont peu épais, déchiquetés, décollés, elles ont peu de profondeur, l’œdème qui les entoure est mou, pâle, livide. A la longue ces ulcérations détruisent les bandes ventriculaires, les cordes vocales, les replis de l’épiglotte. Par le raclage des
ulcérations on recueille un liquide qui contient parfois le bacille de la tuberculose. — d. — Paralysie ou parésie d’une corde vocale, signe assez fréquent dès le début de la tuberculose laryngée (Libermann).
5° Laryngopathics syphilitiques. — Santé en apparence excellente, appétit conservé, pas d’amaigrissement. Toux nulle ou insignifiante. Syphilis antérieure. Tous les troubles de la voix depuis le simple enrouement jusqu’à l’aphonie complète et persistante. Tous les troubles de la respiration, depuis la simple anhélation jusqu’à l’oppression avec sifflement laryngé, accès dyspnéique, cornage, tirage. Douleurs à la déglutition et douleurs d’oreille suivant les lésions.
Examen au laryngoscope : on ne trouve pas la pâleur palalo-pbaryngo -laryngée si commune à la [tuberculose. Les lésions laryngées, isolées ou combinées, apparaissent sous les formes suivantes: — a. — Gomme arrondie, saillante, rougeâtre, siégeant à l’épiglotte, aux replis, aux bandes ventriculaires, faisant saillie dans le larynx, déformant les parties envahies. — b. — Syphilome diffus à forme hypertrophique siégeant en différentes régions, coïncidant souvent avec des excroissances syphilitiques ou des ulcérations. — c. — Ulcérations : un peu différentes suivant qu’elles sont consécutives à une gomme, à un syphilome en nappe ou à des ulcérations tertiaires non gommeuses. Habituellement l’ulcération syphilitique a des bords épais, taillés à pic (les bords de l’ulcération tuberculeuse sont déchiquetés, décollés) ; l’ulcération syphilitique est plus profonde, plus excavée que l’ulcération tuberculeuse; les tissus œdématiés qui entourent l'ulcération syphilitique sont habituellement rouges et durs (ils sont pâles, livides et mous dans l’ulcération tuberculeuse) ; l’ulcération syphilitique est rapidement destructive, elle creuse, ravine, perfore les tissus (l’ulcération tuberculeuse est lentement progressive) ; l’ulcération syphilitique siège à toutes les parties du larynx, mais elle a une prédilection bien marquée pour l'épiglotte
68 MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
surtout pour sa face linguale (la tuberculose ulcéreuse débute rarement par l'épiglotte et envahit surtout sa face laryngée) ; les ulcérations syphilitiques sont moins nombreuses que les ulcérations tuberculeuses, elles laissent après elles des cicatrices, les ulcérations tuberculeuses n’en laissent pas. — d. — Végélatio7is : elles sont plus rares dans la syphilis que dans la tuberculose; les végétations syphilitiques siègent surtout à la base de l'épiglotte, aux bandes ventriculaires, aux cordes vocales (elles siègent surtout à la région inter-arylénoidienne dans la tuberculose) ; les végétations syphilitiques sont une modalité particulière de bourgeons charnus, elles sont habituellement associées à un travail ulcéreux et tendent à disparaître pour faire place à une cicatrice ; les végétations tuberculeuses continuent à s’accroître.
Dans les cas où la tuberculose vient compliquer la syphilis laryngée, le diagnostic est extrêmement difficile.
Cette association n’est pas rare, j’en ai observé plusieurs cas, et chose remarquable, on dirait que la tuberculose laryngée, au conlact de la syphilis laryngée, prend des allures moins graves et moins rapides que lorsqu’elle est isolée.
4° Lanjngopaihic cancéreuse. — Ce qui fait l’extrême difficulté du diagnostic du cancer, c’est que pendant une ou deux années le cancer laryngé peut évoluer lentement, sourdement, sans altérer la santé générale, l'appétit restant bon, le sujet ne maigrissant pas, la lésion laryngée n’ayant aucun retentissement sur les ganglions.
11 n’y a que des troubles de la voix et ils n’ont aucun caractère distinctif. Plus tard, quand le cancer est ulcéré, la nature de la lésion, l'hémorrhagie facile, la fétidité de l’haleine, les douleurs extrêmement vives à la gorge et à l'oreille, l’expectoration sanglante, sont autant de signes qui plaident en faveur du cancer, mais pendant la première période, et cette période peut être longue, coin-
MALADIES DU LARYNX
ment arriver au diagnostic? D’abord, si le sujet n’a au cune tare syphilitique ou tuberculeuse, la question est un peu simplifiée.
Le cancer au début est toujours unilatéral et sa lésion est nettement circonscrite ; le lieu d’élection est la bande ventriculaire ou la corde vocale; quand le cancer est polypiforme, il se distingue des autres lésions végétantes en ce que l’ulcère se creuse à mesure que la tumeur s’accroît (Krishaber)1.
Les fongosités du cancer ressemblent à des chouxfleurs ulcérés, bourgeonnants, sanieux, saignant facilement; on ne trouve rien de semblable ni dans la syphilis ni dans la tuberculose.
5° Polijpes du larynx. — 11 ne faut pas confondre les excroissances polypil'ormes de la syphilis avec les végétations de la tuberculose et avec les papillomes. Les végétations tuberculeuses sont décolorées, recouvertes de muco-pus, elles sont implantées sur une surface ulcéreuse, elles sont entourées d’une muqueuse plus ou moins œdématiée, elles siègent habituellement à la partie postérieure des cordes, à l’apophyse antérieure de 1 aryténoïde. Le papillome a le volume d’un grain de mil, d un pois, d’une noisette; il est pédiculé ou sessile; il est blanchâtre, nacré, rugueux, parfois recouvert de mucosités blanchâtres; il siège de préférence au tiers antérieur du bord libre des cordes vocales, dans la région riche en papilles et en glandes. Ces polypes provoquent des troubles de la voix et parfois des troubles de la respiration.
G Œdème de la glotte. — L’angine laryngée œdémateuse, par ses symptômes dyspnéiques, rappelle la dyspnée des œdèmes syphilitiques. En pareil cas, il faut toujoms penser à la syphilis; l’œdème laryngé a frigore est ort rare; il est souvent doublé d’une lésion syphilitique; aussi, dans le doute, laut-il instituer immédiatement le traitement anlisyphilitique.