‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 242 sur 292 · Semaine médicale, 27 mars · texte numérisé non relu

Semaine médicale, 27 mars

MALADIES DU MYOCARDE

tabac, de thé, de café, hypertrophie du goitre exophlhalrnique). Cette variété d’hypertrophie porte sur le cœur tout entier; elle n’a pas de raison pour se dissocier sur telle ou telle partie de l’organe.

Hypertrophie par obstacle mécanique. — Cette hypertrophie peut avoir pour cause : 1° les lésions du cœur; 2° les lésions du système vasculaire; 5° les lésions ou l’état anormal d’organes plus ou moins éloignés (rein, foie, utérus).

1° Les lésions valvulaires du cœur déterminent l’hypertrophie de cet organe par un mécanisme facile à saisir Quand un obstacle siège au niveau d’un orifice, qu’il y ait reflux de fondée sanguine comme dans l’insuffisance, ou que cette ondée passe avec difficulté et incomplètement à travers l’orifice comme dans le rétrécissement, la pression sanguine est accrue dans la cavité qui précède l’orifice malade, et, pour vaincre cet excès de pression, les parois de la cavité sont soumises à une irritation fonctionnelle exagérée dont la persistance produit l’hypertrophie. Localisée d’abord à la cavité qui précède l’orifice lésé, l’hypertrophie finit par s'étendre de proche en proche aux autres cavités. Prenons des exemples : Les lésions de l’orifice mi/ra/augmentent la tension sanguine dans l’oreillette gauche, qui s’hypertrophie; la stase sanguine de l’oreillette gauche accroît à son tour la tension sanguine dans les veines pulmonaires, dans l’artère pulmonaire et dans les cavités droites du cœur : alors le ventricule droit est soumis à un excès de pression et de travail, à une irritation fonctionnelle exagérée, dont la persistance produit l’hypertrophie. Cette hypertrophie est jusqu’à un certain point et pour un certain temps compensatrice de la lésion mitrale, mais l’excès de tension sanguine, à laquelle est soumis le ventricule droit, finit par retentir sur les veines caves et sur les capillaires de la grande circulation; des capillaires, l’excès de tension gagne le système artériel, et finalement le ventricule gauche participe à son tour à l’hypertrophie.

Dira.uor, PATHOL. T. I.

MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE

Les lésions de l’orifice aortique produisent des effets analogues, mais à un degré différent; la puissance du ventricule gauche, l’énorme hypertrophie qui accompagne le rétrécissement et l’insuffisance aortique, protègent longtemps la petite circulation : aussi l’excès de tension da n<= les vaisseaux pulmonaires et dans les cavités droites du cœur est-il un phénomène plus tardif et moins complet que dans les lésions mitrales.

2° Les lésions du système artériel qui peuvent produire l’hypertrophie des cavités gauches du cœur sont les suivantes : anévrysme de l’aorte ou des gros troncs vasculaires; aortite aiguë ou chronique; endartérite et athérome généralisé. Comment ces lésions arrivent-elles à déterminer l’hypertrophie du ventricule gauche?

A l’état normal, l’élasticité des artères diminue les résistances qu’éprouve le sang à passer du cœur dans les vaisseaux (Marey) 1 : donc les maladies qui abolissent ou qui diminuent cette élasticité artérielle augmentent les résistances et élèvent la tension sanguine ; l’hypertrophie du ventricule gauche en est la conséquence.

Cette pathogénie est parfaitement applicable à l’aortite chronique et à l’athérome artériel plus ou moins généralisé, mais elle ne suffit pas à expliquer les autres cas. Ainsi Y aortite aiguë est presque toujours accompagnée d’hypertrophie du ventricule gauche2 3 *, et cette hypertrophie ne doit pas être mise sur le compte d’une lésion concomitante de l’orifice aortique, car elle s’est produite dans les cas où l’aortite aiguë était dégagée de toute complication. Les anévrysmes de l'aorte sont si souvent accompagnés d’hypertrophie ventriculaire gauche, que sur 58 observations d’anévrysmes des différentes régions de l’aorte, l’hypertrophie ventriculaire existait 55 fois5; La pathogénie de cette hypertrophie n’est pas impu-

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