Rendu. Soc. méd. des hôpit., avril
MALADIES DES VAISSEAUX
§ 2. ARTÉRITES. — ATHÉROME. — ARTÉRIO-SCLÉROSE.
Anatomie. — Avant d’entreprendre l’étude si importante des artériopathies, je rappelle en quelques mots la structure normale des artères. Trois tissus entrent dans la structure des artères : les tissus élastique, musculaire et conjonctif, plus une couche endothéliale, des vaisseaux nourriciers et des nerfs. Ces tissus sont inégalement répartis suivant le calibre de l’artère et suivant ses fonctions, de même que les lésions artérielles sont variables suivant le calibre du vaisseau.
Une artère est composée de trois tuniques : 1° La tunique externe, ou adventice, est formée de faisceaux conjonctifs mêlés à des faisceaux élastiques; elle reçoit les vasavasorum qui ne pénètrent pas dans la tunique moyenne, excepté dans les cas pathologiques. 2° La tunique moyenne est la partie caractéristique de l’artère. Dans les grosses artères (aorte, carotides, pulmonaire), c’est le tissu élastique qui domine et les éléments musculaires sont rares; les fibres élastiques et les lames élastiques forment comme un feutrage, d’où le nom de membrane fenêtrée. Ces éléments élastiques viennent s’étayer sur la lame élastique interne, plus importante que la lame élastique externe. Dans les artères de moyen calibre, la tunique moyenne est déjà moins riche en tissu élastique et fort riche en tissu musculaire; le feutrage élastique est moins important, la lame élastique interne persiste, mais la lame élastique externe a disparu. Les fibres musculaires lisses forment des faisceaux à direction transversale qui viennent s’insérer sur le réseau de la tunique externe. Dans les artérioles, le tissu élastique n’est plus représenté que par la lame élastique interne, qui sur des coupes trans- ' versales paraît festonnée, parce que les fibres musculaires étant revenues sur elles-mêmes, la lame élastique
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
subit un retrait; le tissu conjonctif a disparu. A celte lunique moyenne appartiennent les nerfs de l’artère 5° La tunique interne est variable suivant les artères : la couche endothéliale formée de cellules endothéliales est partout la même, mais dans les grosses artères, à typé élastique, on trouve une couche fibro-élastique, divisée elle-même en deux couches, l'une striée longitudinalement, l’autre striée transversalement (c’est dans la couche fibro-élastique que débutent les lésions de l’athérome). Dans les artères à type musculaire, la couche striée longitudinalement persiste seule ; dans les artérioles, la tunique interne n’est formée que par l’endothélium.
Maintenant que nous connaissons la structure des artères, jetons un coup d’œil d’ensemble sur les lésions de ces vaisseaux.
Historique. — Discussion. — Depuis le commencement du siècle, Yarlérile a été liée plus ou moins intimement à des questions de doctrine1. Pinel, dans sa classification des fièvres, avait nommé angioténique une fièvre éphémère, dont il plaçait l’origine dans l’inflammation des artères. Cette inflammation, disait Pinel, étant démontrée à l’autopsie par la rougeur de ces vaisseaux.
Bouillaud ne s’en tint pas à l’étroite classification de Pinel; pour lui, l’inflammation des vaisseaux et du cœur n’est pas seulement une cause de fièvre, elle représente la fièvre prise dans son acception la plus large; c'est la fameuse fièvre angio-cardite, et la preuve anatomique Bouillaud la trouve, lui aussi, dans la rougeur, dans la phlogosc de la membrane interne du cœur et des vaisseaux. A cette époque, du reste, la médecine était dominée par la doctrine de l’inflammation, gastro-entérite avec Broussais, angio-cardite avec Bouillaud; inflammation gastro-intestinale avec l'un, inflammation cardiovasculaire avec l’autre; mais c’était toujours l’inflammation, créant des types quelque peu différents suivant