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M. Raynaud. Diction, de méd. et de chirurgie

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l’intensité du processus inflammatoire. Voilà où l’esprit de système avait conduit deux hommes d’une aussi grande valeur !

Mais la réaction se faisait; déjà Trousseau et Rigot démontraient que la rougeur des artères, cette soi-disant phlogose, n’était autre chose que le résultat d’une imbibition cadavérique, et Bretonneau, par ses mémorables travaux, ruinait en partie la doctrine de l’inflammation et la remplaçait par l’admirable doctrine de la spécificité, actuellement rajeunie et confirmée par les découvertes microbiennes.

Pendant que la médecine s’était égarée sur l’inflammation des artères et sur leurs conséquences, les chirurgiens nous donnaient de bons travaux, et François proclamait que l’artérite est la cause des oblitérations artérielles et des gangrènes spontanées. Alors l’école allemande entre en scène avec la doctrine de l’embolie (Virchow) et dès lors on connaît deux grandes causes d’oblitérations artérielles, l’une par thrombose, l’autre par embolie.

Dès ce moment, deux courants s’établissent : d’une part on étudie surtout les dégénérescences artérielles, et il semble que le processus actif soit un peu délaissé; on voit ïathérome partout, on le trouve partout, le coupable c’est l’athérome, « cette rouille de la vie », suivant l’heureuse expression de Peter; « on a l’âge de ses artères », suivant le mot de Cazalis. D’autre part on étudie surtout le processus actif de l’artérite, on décrit une endartérite et une périartérite, une endartérite oblitérante et une artérite ectasiante; on découvre les petits anévrysmes miliaires du cerveau associés à l’hémorrhagie cérébrale (Bouchard, Charcot), on décrit les petits anévrysmes des cavernes pulmonaires avec l’hémoptysie foudroyante qui en est la conséquence (Rasmussen), on démontre les ectasies vasculaires de la dilatation bronchique et les hémorrhagies parfois fort graves qu’elles engendrent (llanot).

Voilà comment se sont dégagées, peu à peu, nos condikülafoy, pathol. t. i, 42

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naissances sur les lésions de l’artérite jusqu’à l’époque actuelle qui s’occupe principalement de la pathogénie des artérites et du rôle que jouent dans cette pathogénie les maladies infectieuses et leurs agents. Mais j’ai hâte d’arriver à une autre question dominante, à Y artériosclérose.

En 1 872, Gull et Sutton décrivirent une sorte de transformation fibroïde des artérioles et des capillaires sous le nom d’arterio-capillary-fibrosis. Ils démontrèrent que l’altération des reins qui aboutit à leur atrophie, n’est que l’extension du processus morbide qui a débute par les petits vaisseaux de l’organe. Ainsi fut créée la doctrine de l’artério-sclérose. Qu’est-ce donc quel’artério-sclérose? C’est l’artérite des petits vaisseaux, des artérioles, surtout des artérioles viscérales; l’endartériolite aboutit à l’épaississement scléreux de la tunique interne, au rétrécissement de l’artériole, à la transformation fibreuse de ses parois. L’athérome et l’artério-sclérose, si dissemblables d’aspect au premier abord, reconnaissent les mêmes causes, seulement la cause qui produit l’athérome sur les artères volumineuses, ou sur les artères de dimensions moyennes, cette même cause produit l’artério-sclérose sur les artérioles viscérales de petit calibre. L’athérome des grosses artères ne serait lui-même que le résultat de l’artério-sclérose de leurs vasa-vasorum.

Ce qui caractérise le processus de l’artério-sclérose, c’est que le processus artério-scléreux débute par les petits vaisseaux, mais n’y reste pas confine : de vasculaire qu’il était, ce processus devient extra-vasculaire, il s’étend au tissu conjonctif et aux éléments nobles de l'organe, qui disparaissent et qui sont remplacés par un tissu fibreux de nouvelle formation. Le processus fibro-scléreux né dans les artérioles s’étend aux territoires voisins sous l'orme de bandes, d’ilots, de travées, démanchons scléreux.

L’artério-sclérose une fois admise, elle n’a plus eu de limites. Pour certains auteurs (Martin, Huchard, Weber), elle résumerait la pathogénie de presque toutes les alfeotions viscérales chroniques.

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Ainsi certaines néphrites considérées autrefois comme ayant une origine interstitielle ou épithéliale, la néphrite sénile considérée comme épithéliale (Ballet), la néphrite saturnine considérée comme épithéliale (Charcot et Gombault), toutes ces néphrites seraient des scléroses rénales d’origine vasculaire.

L’artério-sclérose des artères coronaires tiendrait sous sa dépendance toute la pathologie cardiaque : cœur brightique, cœur sénile, cœur graisseux, myocardite scléreuse hypertrophique, myocardites associées aux lésions valvulaires, tout serait tributaire de l’artério-sclérose; les maladies valvulaires du cœur devraient s’effacer devant les lésions primitivement vasculaires ; sans artériosclérose des artères coronaires pas d’angine de poitrine!

Les lésions de l’aorfe et des grosses artères sont également tributaires de l’artério-sclérose. L’athérome ne se montre que sur les artères pourvues de vasa-vasorum, et les lésions athéromateuses sont le résultat de l’endartérite et de l’artério-sclérose de ces vasa-vasorum; la preuve, c’est que les vasa-vasorum qui correspondent aux foyers athéromateux sont toujours atteints d’artérite oblitérante (Martin).

Dans les centres nerveux, l’artério-sclérose joue un rôle considérable; ce sont des lésions d’artério-sclérose qui seraient l’origine du tabes, de la paralysie générale, d’un bon nombre de lésions syphilitiques, etc.

L’appareil génito-urinaire est, lui aussi, sous la dépendance de l’artério-sclérose; telles sont la sclérose hypertrophique de la prostate, la sclérose hypertrophique de la vessie. Je ne reviens pas sur les lésions des reins.

L’estomac, la rate, présentent des altérations tributaires de l’artério-sclérose. Il n’est pas jusqu’à la veine porte qui par ses lésions (cirrhose atrophique de Laënnec) ne puisse être considérée comme atteinte de phlébo-sclérose.

Telles sont les principales localisations de l’artériosclérose; suivant les cas elle reste cantonnée à un seul

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organe, au rein, au cœur, au poumon, ou bien elle frappe plusieurs organes à la lois, ou bien encore elle se généralise, associée ou non à des lésions de grosses artères, à l’athérome.

Tout cela est fort bien, et ces notions concernant 1 artério-sclérose sont du plus grand intérêt, mais il faut convenir néanmoins qu’on a depuis quelques années singulièrement, abusé de l’arlério-sclérose; elle est devenue envahissante, elle veut tout expliquer, et dès qu’on éprouve quelque difficulté sur telle ou telle interprétation pathogénique et même clinique, on vous répond • C’est l’artério-sclérose !

Existe-t-il véritablement un rapport aussi constant entre la cause et l’effet; l’artério-sclérose est-elle toujours la lésion primitive, indispensable, et les lésions scléreuses viscérales sont-elles fatalement tributaires de la sclérose des petites artères? Quand ces lésions scléreuses viscérales ne sont pas dans le voisinage immédiat de l’artériole malade, les partisans de la doctrine disent qu’il faut admettre alors, soit une sclérose dystrophique, soit des lésions de capillarité ou péricapillarite; mais alors nous voici arrivés aux confins du réseau capillaire, dans l’intimité des tissus, et pourquoi ne pas admettre alors que la substance irritante, sclérogène, bacille ou toxine, animale, végétale ou minérale, alcool ou plomb, ne puisse agir sur l’intimité même des tissus, sur les cellules du tissu conjonctif et des organes? Vouloir réduire toutes les scléroses viscérales à l’artério-sclérose me parait exagéré. La réaction se fait dans ce sens. Bard et Philippe, dans leur intéressant mémoire1, ont montré, en ce qui concerne le cœur, qu’à côté de la myocardite hypertrophique scléreuse vasculaire, il y a place pour des myocardites interstitielles dans lesquelles la lésion artério-scléreuse est secondaire. Dans la paralysie générale, d’après M. .loffroy l’encéphalite est plus vraisemblablement d’origine

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