‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 272 sur 292 · Marie. Progrès médical · texte numérisé non relu

Marie. Progrès médical

MALADIES DES VAISSEAUX

atteinte d ’endopériartérite qui diminue son calibre et transforme l’artère en un tube fibreux; on dit alors qu’il y a artériosclérose (Gull et Sutton).

b. L’artère peut être atteinte au niveau de sa tunique interne seulement dans les couches sous-jacentes à la couche endothéliale. Il se forme à ce niveau une série de plaques jaunâtres cupuliformes ayant les dimensions d’une lentille et remplies d’une bouillie graisseuse, Yatliérome, qui s’écoule lorsqu’on perce la couche endothéliale située à sa surface. Si la partie liquide de cette boue se résorbe ainsi que les matières grasses, il ne reste plus que les sels calcaires. Ceux-ci donnent alors à la plaque une consistance rigide. Ces foyers athéromateux peuvent exister en grand nombre sur le même vaisseau, finir par se fusionner et donner à l’artère une rigidité cartilaginiforme ou même ossiforme. De là le nom d 'ossification des artères donné à cette maladie, bien qu’il n’en soit rien en réalité. Le vaisseau ainsi atteint a perdu son élasticité, il n’est plus flexible, se rompt facilement, ou il se laisse distendre (anévrysme), ou enfin l’irrégularité de sa surface interne est un appel à la coagulation du sang (thrombose).

Ces lésions, tantôt isolées, tantôt simultanées, se développent presque exclusivement sur les artères delà grande circulation; elles sont ordinairement diffuses et ont toujours une évolution très lente. Dans le cas où tout le système artériel est envahi, 1 ’alliérome prédomine sur les grosses artères et Y artériosclérose se développe de préférence sur les artérioles viscérales.

L’artério-sclérose détermine, dans les viscères, des altérations de deux sortes; a. une inflammation périartérielle qui procède par foyers au centre desquels on trouvera toujours une artère malade (sclérose inflammatoire ); à. une lésion de dégénérescence dans laquelle se forment egalement des foyers de sclérose; mais, à l’inverse de ce qui a lieu dans le cas précédent, ces foyers de sclérose sont toujours très éloignés du vaisseau malade ( sclérose

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MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

dystrophique, H. Martin1). Parfois ces deux sortes d’altération se trouvent réunies côte à côte (sclérose mixte) . Parmi les symptômes de l’athérome et de l’artério-sclérose, les uns sont dus aux lésions artérielles elles-mêmes, les autres tiennent aux altérations viscérales qu’elles provoquent. Au nombre des premiers ( athérome ) nous citerons la flexuosité et la rigidité des artères, l’augmentation de la tension artérielle qui se traduit au sphygmographe par une ascension brusque suivie d’un plateau et d’une ligne de descente ondulée; le renforcement du deuxième bruit cardiaque qui prend un timbre éclatant ( bruit de tôle); la fréquence du purpura et de la gangrène des membres.

Parmi les troubles consécutifs aux altérations viscérales de l’artério-sclérose, nous signalerons les troubles cérébraux, tels que vertiges, étourdissements, perte de la mémoire, attaques successives d’hémiplégie et d’aphasie, diminution de l’intelligence, pouvant aboutir à un gâtisme complet. Chez certains sujets, c’est au cœur que prédominent les manifestations de l’artério-sclérose: palpitations, hypertrophie du cœur, angine de poitrine, dyspnée paroxystique. Chez d’autres, ce sont les fonctions digestives qui seront les premières lésées : perte d’appétit, indigestions fréquentes. Chez d’autres enfin, et ce ne sont pas les moins nombreux, les altérations rénales ouvrent la scène, donnant naissance à l’insuffisance de la dépuration urinaire, et aux nombreux symptômes du brightisme, qu’il importe de savoir dépister avant l’apparition des symptômes graves de l’urémie confirmée.

Le traitement de l’athérome et de l’artério-sclérose qu’elle qu’en soit la cause, devra être basé sur l’emploi des iodures alcalins et du régime lacté.

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