‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 285 sur 292 · Poulalion. Bull, de la Soc. anatomique, 1S90, p · texte numérisé non relu

Poulalion. Bull, de la Soc. anatomique, 1S90, p

MALADIES DES VAISSEAUX

Quoi qu’il en soit, les symptômes dont nous venons d’étudier longuement la cause et le mécanisme permettent de localiser l’anévrysme dans le voisinage du nerf récurrent gauche, c’est-à-dire dans la région, grave par excellence, où se fait le plus habituellement l’ouverture de l’anévrysme dans la trachée et dans les bronches. L’anévrysme, je le répète, peut n’être pas volumineux, il peut ne pas dépasser le volume d’un œuf, d’une noix, mais, localisé dans cette région, il est fort redoutable.

Terminaison. — L’anévrysme aortique met plusieurs années à se développer, sa guérison est malheureusement l’exception et il provoque la mort de diverses manières. Dans la moitié des cas environ, la mort survient sans qu’il y ait eu rupture de l’anévrysme; le malade meurt de pneumonie, car la pneumonie suppurée est fréquente dans le cours de l’anévrysme aortique, il meurt de phthisie pulmonaire, d’asphyxie consécutive à la compression de la trachée et des bronches, d’accidents provoqués par la compression des vaisseaux pulmonaires ou de la veine cave, parfois, ainsi que dans les deux cas que j’ai récemment observés, il succombe à des accès d’angine de poitrine.

Quand la mort est la conséquence de la rupture de l’anévrysme, la rupture se fait par ordre de fréquence dans la trachée et les bronches, dans la plèvre, dans le péricarde, dans les poumons, dans l’œsophage, et très rarement vers la peau1.

1. Voici quelle est la fréquence relative de ces perforations (Dali et Charcot. Diclionn. des sciences médicales , t. V, p. 546) :

Oreillette droite. . .

Péricarde

Artère pulmonaire. .

Plèvre. . S f nche- I droite. .

Médiastin antérieur.

Poumon gauche. . .

Trachée

îi

MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE

Lorsqu’un anévrysme aortique s’ouvre dans la trachée ou dans une bronche, Y hémoptysie qui en est la conséquence est parfois si violente et si subite que la mort survient en quelques minutes. J’ai observé cette mort presque foudroyante chez un des malades dont l’observation est consignée dans la thèse d’un de mes élèves, M. Verdie, et chez un autre malade dont l’observation a été rapportée par mon interne M. Barbe4. Mais, dans d’autres cas, l’anévrysme aortique, quel que soit le lieu de sa rupture, peut provoquer une série de petites hémorrhagies, qui durent des jours et des semaines avant d’entraîner la mort. Dans un certain nombre d’observations, le malade rend pendant plusieurs jours, à plusieurs reprises, des crachats sanglants, qui sont comme le prélude de la terrible hémoptysie qui doit l’emporter plus tard. J’ai été témoin d’un fait de ce genre, dont l’observation a été rapportée par mon interne M. Jean2.

L’ouverture de l’anévrysme dans la plèvre est un mode de terminaison assez fréquent; le sang peut s'infiltrer lentement dans la plèvre et produire un hématome pleural dont on méconnaît parfois l’origine. On pratique une ou deux thoracentèses, et lorsque le malade meurt, on est surpris de trouver à l’autopsie un épanchement de sang dans la plèvre, consécutif à l’ouverture d’un anévrysme aortique.

( gauche

Bronches J droite

( deux bronches

Œsophage

Duodénum

Péritoine

Sous le péritoine .......

Tissu cellulaire de la paroi thoracique antér. . . .

Rupture à l’extérieur

Mort sans rupture

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