‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 36 sur 292 · Ch. Fauvel. Actes du Congrès de Rouen · texte numérisé non relu

Ch. Fauvel. Actes du Congrès de Rouen

i. Améro. Œdème du larynx. Th. de Paris, 1893.

MALADIES DU LAKYNX.

déformées, indurées par le tissu de tuberculose infiltrée, ce n’est point là de l’œdème. Néanmoins de vrais œdèmes, ou infiltrations séro-purulentes, apparaissent au cours de la tuberculose laryngée ; ils ne sont pas provoqués par les ulcérations, car les ulcérations tuberculeuses déterminent l’œdème bien moins que les ulcérations syphilitiques, ils sont dus surtout aux périchondrites tuberculeuses et aux lésions des cartilages. L’œdème de la tuberculose laryngée occupe surtout la région aryténoïdienne; il est rarement sous-glottique, il est habituellement mou, pâle, livide, ce qui tient à l’anémie de la muqueuse.

La syphilis laryngée est une cause fréquente d’œdème ; cet œdème peut apparaître avec les accidents secondaires, mais il est surtout redoutable à la période tertiaire. Il siège principalement à l’épiglotte et dans son voisinage; il est dur, rouge, luisant; parfois cependant, quand il est associé à une infiltration purulente (chondrite, périchondrite), il est mou et grisâtre. J'ai longuement insisté sur ces œdèmes en décrivant les laryngopalhies syphilitiques ; je n’y reviens pas.

L e cancer clu larynx provoque de l’œdème. L’œdème cancéreux débute presque toujours par l’une des bandes ventriculaires; il reste unilatéral, il gagne l’aryténoïde et le repli aryténo-épiglottique correspondant, il atteint rarement l’épiglotte, il ne s’étend pas au loin, il se développe parallèlement à la lésion cancéreuse.

Le laryngo-typhus détermine un œdème parfois terrible. C’est dans le décours de la fièvre typhoïde qu’apporait l’infiltration séro-purulente qui est due à la nécrose '.les cartilages; son apparition est lente ou rapide.

Symptômes et marche. — J’appelle l’attention sur ce point, que la marche des accidents est différente, brusque nu lente, suivant les causes qui ont provoqué la maladie; ainsi, dans 1 infiltration palalo-pharyngo-laryngée, suite lie refroidissement, dans la scarlatine, dans le mal de .a ig ît a\cc ou sans saturnisme, avec ou sans syphilis.

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

l’œdème est généralisé, les accidents peuvent marcher avec rapidité, et l’asphyxie devient imminente, tandis que la marche est beaucoup plus lente lorsque l’œdème est consécutif à une laryngopathie. La respiration est la première fonction attaquée, le malade a la sensation d’un corps étranger qui l’étrangle et dont il essaye de se débarrasser au prix des plus grands efforts. Dans le cours de celte dypsnée croissante et continue surviennent des accès terribles de suffocation pendant lesquels, dit Trousseau, « le patient, la face livide, la bouche ouverte, les narines béantes, l’œil humide et saillant, la peau ruisselante de sueur », cherche à s’accrocher à tout ce qui peut offrir un point d’appui à ses muscles inspirateurs accessoires. Ces accès durent de dix à quinze minutes et se répètent, si la terminaison doit être funeste, à intervalles de plus en plus rapprochés jusqu’à la mort ; ils sont le résultat de spasmes de la glotte, et ne s’observent que dans les trois cinquièmes des cas. L’inspiration est sifflante, bruyante, parfois accompagnée de cornage, et habituellement beaucoup plus pénible que l’expiration, parce que les bourrelets aryténo-épiglottiques joueraient, au moment de l’inspiration, le rôle d’une soupape qui obture l’orifice supérieur du larynx; ces mêmes bourrelets, repoussés comme des corps flottants par l’expiration, produisent quelquefois un bruit de drapeau caractéristique (Sestier).

Ce mécanisme de la dyspnée invoqué par Sestier est quelque peu sujet à révision. Que la tuméfaction parfois considérable des parties envahies soit la cause principale delà dyspnée, cela est évident, mais que les bourrelets s’accolent comme des soupapes pendant l’inspiration, voilà qui parait moins vrai, car dans quelques cas AL Gouguenheim 1 a pu se convaincre par l’examen laryngoscopique que les bourrelets œdématiés ont plutôt une tendance à s’écarter au moment de l'inspiration; seulement, l’ouverture

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