Suciilè medicale des hôpitaux, il juin 18j
MALADIES DU LARYNX
laryngée n’en restant pas moins très étroite, l’inspiration et souvent l'expiration prennent les caractères d’un sifflement strident.
Dans bien des cas la dyspnée n’a pas la marche rapide et la violente intensité que je viens de décrire. Ainsi, chez les individus atteints de laryngopathies syphilitique, tuberculeuse, cancéreuse, l’œdème survient à titre de complication et augmente graduellement et lentement avant de comprometlre l’existence; toutefois, dans quelques cas, notamment à la suite de lésions syphilitiques, la dyspnée due à l’œdème peut être rapide et terrible.
La voix et la toux, sans être altérées comme dans le croup, sont cependant rauques ou voilées, soit que les cordes vocales participent à l’œdème, soit que les parties œdématiées arrivent à leur contact. La déglutition est difficile et douloureuse, à cause du volume des replis laryngés et de l’épiglotte. On peut, par la vue et par le toucher, constater l’œdème sus-glotlique et l’œdème pharyngé qui l’accompagne si souvent.
Quand l’œdème est consécutif à une laryngopathie, syphilitique, tuberculeuse, cancéreuse, il reste habituellement cantonné au larynx, mais quand il est consécutif à une néphrite, à une scarlatine, l’œdème n’est pas seulement laryngé, il est palato-pharyngo-laryngé, la luette a l’apparence d’un bloc eélatineux. la muqueuse de la gorge est œdématiée.
La manœuvre du laryngoscope est difficile et dangereuse, parce qu’elle peut provoquer un accès terrible de suffocation.
Les symptômes que je viens d’énumérer expliquent suffisamment la gravité des œdèmes du larynx; ils se termineraient souvent par la mort, sans l’intervention médico-chirurgicale. L’œdème laryngé des néphrites présente une gravité exceptionnelle; sur 10 cas d’œdème apparaissant au début de la néphrite, cinq malades sont morts, deux avant la trachéotomie et trois après la trachéotomie ; et sur 10 cas d’œdème laryngé survenant dans
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MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
le cours de la néphrite, neuf malades sont morts, quatre avant la trachéotomie, et six après la trachéotomie (Améro).
Diagnostic. — Les corps étrangers et les polypes du larynx, les spasmes de la glotte consécutifs à l’anévrysme de la crosse de l'aorte, le croup, la laryngite striduleuse, les abcès du pharynx, peuvent simuler la laryngite œdémateuse, car toutes ces maladies ont comme symptômes communs des troubles delà respiration et de la voix, mais elles ont aussi des signes distinctifs que je vais énumérer. Les pohjpes sont faciles a reconnaître au laryngoscope. L 'anévrysme de la crosse aortique présente à la percussion de la matité, à l’auscultation des battements ou des souffles, à la vue un mouvement d’expansion si la tumeur est volumineuse; au laryngoscope, les lésions du larynx sont nulles ou limitées à la paralysie d’une corde vocale, conséquence de la compression du nerf récurrent par la tumeur aortique. Le croup a pour lui la présence ou le reliquat d’une angine diphthérique qui l’a presque toujours précédé, les fausses membranes qui, dans la moitié des cas, sont rejetées par le malade, les altérations précoces et graduelles de la voix, l’expiration lente et difficile, et souvent l’engorgement ganglionnaire du cou. La laryngite striduleuse choisit le jeune âge et apparaît brusquement, la dyspnée atteint du premier coup son apogée, et après les accès de suffocation, la rémission est complète, la voix et la respiration recouvrent leur caractère normal, h’ abcès rétropfiarjjngien est visible sur la paroi postérieure du pharynx; et quand on a soin de déprimer fortement la base de la langue, on découvre une saillie quelquefois fluctuante et plus colorée que les tissus envienvironnants.
Traitement. — Quand l’œdème laryngé est lié à une inflammation franche de l’organe, mais alors seulement, il est urgent d’appliquer sans retard des sangsues ou des ventouses scarifiées au devant du cou. Dans tous les cas il faut recourir à la médication topique : je n’ai qu’une médiocre confiance dans la scarification des ligaments
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aryténo-épiglottiques ; les pulvérisations d’eau chargée de tannin, d'alun ou d’acide phénique, et les insufflations des mêmes substances, ont donné de bons résultats. On doit, toujours se tenir prêt à pratiquer la trachéotomie, « et cela plutôt que plus tard, c’est-à-dire lorsque le? accès de suffocation augmentent d’intensité et de durée, et lorsque la respiration devient plus gênée dans l’intervalle des accès » (Trousseau). Le tubage du larynx peut dans quelques circonstances rendre des services. Quand on soupçonne une origine syphilitique , il faut aussitôt instituer le traitement, les frictions mercurielles etl’iodure de potassium; car on a vu, à l’article Larynqopathies syphilitiques, quelle est la fréquence de la dyspnée syphilitique d’origine laryngée.